AOR made in Sweden: du talent à revendre!

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Mon samedi soir idéal ? Un bon petit concert sympa dans une salle pas trop grande avec des potes pour faire la fête. Au moment où je me mets en route vers le Biebob à Vosselaar, j’ignore que ce samedi soir va être mémorable et que je vais me prendre une grande claque musicale… À mon arrivée, le Biebob a déjà ouvert ses portes et la file est en train de se résorber tranquillement. À l’intérieur, juste après le contrôle des billets, deux tables de merch pour les deux groupes de la soirée qui s’annonce suédoise à 100% puisque les deux formations à l’affiche sont originaires du pays de Fifi Brindacier, Abba, Volvo, Ericsson et Ikéa. Le temps de saluer quelques habitués et de trouver la direction du bar et il est déjà temps d’accueillir le premier groupe de la soirée.


Originaire de Stockholm, le groupe Reach a été fondé par Marcus Johansson (batterie) et Ludvig Turner (guitare) en 2012. Pour compléter leur line-up, ils font appel à David Jones (basse) et à Alex Waghorn (chant). Le groupe fait ses premiers pas avec une jolie reprise du tube «Wake me up» d’Avicii en 2013 dont la vidéo sera visionnée plus d’un million cinq cent mille fois en un an. Après avoir sorti un premier single de leur propre cru («Black Lady») en 2014, ce groupe à haut potentiel se devait d’enregistrer un album pour montrer qu’il n’est pas un simple cover band. L’album «Reach Out To Rock» est sorti le 4 mars 2015 et c’est donc pour en assurer la promotion que le quatuor sillonne l’Europe avec Eclipse, après avoir accompagné aussi Gus G.

Sur scène, les jeunes Suédois séduisent par leurs compositions efficaces. On est dans le hard rock mélodique, cette tendance AOR qu’affectionnent pas mal de groupes nordiques (comme H.E.A.T. ou la tête d’affiche Eclipse). Les mélodies sont entraînantes et le groupe assure ma foi fort bien. Du côté de la setlist, plusieurs extraits du nouvel album bien sûr («You Called My Name» , «Coming Home» , «Make Me Believe» , «Tell Me» , «Reach Out» , «Fortune And Fame») et, pour faire plaisir aux fans de la première heure, les deux premiers titres du band dont je vous ai parlé précédemment. Une prestation très convaincante, même si Alex, le chanteur, a eu, à une ou deux reprises, quelques difficultés avec certaines notes hautes.


Après la traditionnelle pause qui permet aux roadies de préparer la scène pour la tête d’affiche et aux spectateurs de se réhydrater, arrive le moment tant attendu. C’est la première fois qu’il m’est donné d’assister à un concert d’Eclipse que je connais pourtant depuis plusieurs années. On reste dans le hard rock mélodique, mais on n’a plus ici affaire à des débutants. C’est en effet en 1999 qu’Erik Mårtensson (voix) et Magnus Henriksson (guitare) forment le groupe Eclipse et réalisent un premier album intitulé «The truth and a little more» (2001).

Quinze ans et quelques albums plus tard, ils nous reviennent aujourd’hui avec, pour compléter l’équipe, Robban Bäck (batterie) et Magnus Ulfstedt (basse). Petit détail amusant: Magnus Ulfstedt, l’actuel bassiste du groupe, a aussi été le batteur d’Eclipse de 2001 à 2006. Au fil des ans et de leurs cinq albums, les Suédois ont su se faire une place dans la cour des grands et sont aujourd’hui reconnus comme une des valeurs sûres du genre. Il faut dire qu’Erik Mårtensson et Magnus Henriksson ont pas mal roulé leur bosse en participant à divers groupes et projets: W.E.T., Toby Hitchcock, Giant, Jimi Jamison, Dalton, Adrenaline Rush et bien d’autres. Erik Mårtensson est d’ailleurs considéré aujourd’hui connu comme l’un des meilleurs producteurs/auteurs du genre.

Mais ce n’est pas parce que l’on a une carte de visite et des références prestigieuses que le concert est d’office bon. Il ne faudra que quelques secondes pour me rassurer. Sur scène, le groupe me fait très forte impression. Tout est parfaitement en place. Les musiciens affichent une aisance qui en dit long sur leur maîtrise de leurs instruments. Erik a une voix fabuleuse et un charisme certain. Guitares, basse et batterie forment un écrin de luxe pour les parties chantées. Les morceaux s’enchaînent avec un bonheur sans cesse renouvelé.

La setlist fait la part belle au nouvel album particulièrement mélodique intitulé «Armageddonize» (sorti le 20 février dernier), avec des titres comme «I Don’t Wanna Say I’m Sorry» , «Stand On Your Feet» , «The Storm» , «Breakdown» , «Wide Open» et «Blood Enemies». Le groupe revisite aussi son album précédent («Bleed And Scream» – 2012) avec des titres comme «Wake Me Up», «Battlegrounds», «About to Break», «A Bitter Taste», «Ain’t Dead Yet» et «Bleed & Scream». Un bref détour par l’album «Are You Ready to Rock» avec «To Mend a Broken Heart» et «Breaking My Heart Again» (en rappel) et une reprise de «One Love» de W.E.T., extrait de l’album éponyme.

Pendant le concert, Erik s’amuse sur scène avec son pied de micro auquel il a noué un drapeau blanc et rouge. Il n’hésite pas à parler avec le public et à raconter l’histoire de certains morceaux. À la basse et à la batterie, Magnus et Robban se donnent à fond, ce qui nous vaudra certaines mimiques amusantes. L’autre Magnus n’est pas en reste à la guitare et sa gestique montre combien il vit intensément sa musique. Et c’est bien là le secret, tous les membres du groupe sont à fond dans ce qu’ils font le mieux : jouer un hard rock mélodique de qualité supérieure.

Je suis tellement bluffé qu’à la fin de concert, je suis pris d’un besoin irrépressible d’acheter les deux albums des protagonistes de cette soirée mémorable. À consommer sans modération !

Les autres photos de

Reach
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Eclipse

Photos © 2015 Hugues Timmermans

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