The Vaccines puissance 3 à l’AB

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Cela faisait trois ans que les Vaccines n’avaient plus mis les pieds dans une salle de concert belge ni sorti d’albums. Une éternité lorsque l’on sait que leurs deux premières plaques se sont succédées en moins de dix-huit mois. Ils étaient à l’Ancienne Belgique ce lundi 5 octobre pour présenter leur tout nouveau “English Graffiti”. En général, ils emmènent avec eux des premières parties de qualité. Ainsi, après les regrettés Zulu Winter ici même en 2012, ce sont les Californiens de Family Of The Year qui ont eu l’opportunité d’ouvrir pour eux ce soir. À six sur scène dont trois guitaristes, ils ne font pas dans le détail. Pourtant, on est loin de se trouver dans un environnement furieux. Que du contraire, on les rangerait plutôt dans la même catégorie que les Magic Numbers aux harmonies vocales ensoleillées, emmenés par un chanteur au timbre de voix de circonstance.


Par la suite, on lorgne vers un folk americana que ne renieraient pas Tom Petty et Bruce Springsteen avec des compositions propres et léchées qui se veulent nerveuses mais qui restent finalement assez poppy. Pourtant, le batteur (hyper souriant) cogne brutalement sur ses fûts pendant que la claviériste au look d’écolière modèle affole les premiers rangs, et pas seulement avec sa voix. Une deuxième créature au dos nu viendra pousser la chansonnette sur le hit single du groupe, “Hero” (révélé lors de son utilisation sur la musique du film Boyhood), repris à l’unisson par la salle toute entière. Phénomène assez rare pour un groupe de support…

Depuis “Come Of Age”, leur deuxième album couronné d’une première position dans le UK Top 40, les Vaccines ont tourné et tourné encore. Avant de prendre un break bien mérité, ils ont sorti en 2013 “Melody Calling”, un EP à la direction moins brute et davantage mélodieuse qui se retrouve plus amplement développée sur “English Graffiti”, leur dernier album sorti à la fin du mois de mai et produit notamment par le célèbre Dave Fridmann.


Il faudra en tout cas peu de temps pour se rendre compte qu’ils n’avaient pas décidé d’y aller de main morte ce lundi soir. Les deux uppercuts d’intro (“Handsome” et “Wreckin’ Bar (Ra Ra Ra)”) ont instantanément balayé tout sur leur passage. En moins de cinq minutes chrono, l’AB était déjà sens dessus dessous et les spectateurs chauds comme la braise.

Un brin narcissique, Justin Young arbore un t-shirt du groupe, genre de vareuse blanche marquée de l’inscription “The Vaccines make me feel good” avec un numéro 9 dans le dos. Un numéro généralement réservé à l’attaquant de pointe au sein d’une équipe de foot, un rôle qui va lui convenir à merveille ce soir. Il va en tout cas faire le show, au contraire de ses collègues assez statiques. À l’arrière de la scène, un claviériste de tournée va attraper une guitare de temps à autre pour ajouter quelques riffs à l’ensemble.


En parlant de football, le public va jouer son rôle de supporter à la perfection, en assurant des singalongs dignes des meilleurs matches internationaux (“Wetsuit” et “Blow It Up” étant sans doute les plus impressionnants). L’ambiance sera en tout cas celle des grands soirs et les sourires sur les visages des spectateurs en disaient long sur la faculté du groupe à partager leurs hymnes composés sans peine, “Post Break-Up Sex” (qu’ils n’avaient pas joué à Werchter cet été) et “Teenage Icon” en tête.

En résumé, mis à part un léger flottement en milieu de set avec “(All Afternoon) In Love” un peu trop 10cc et “Melody Calling” à la sauce ELO, les compositions efficaces se sont succédées presque sans répit. Les Vaccines n’ont en tout cas jamais été aussi bons sur scène. Une des clés de leur réussite réside sans doute dans le fait que Justin Young chante désormais juste (avec quelques légères rechutes occasionnelles). Les nouveaux titres lui laissent en effet l’occasion d’exprimer des qualités vocales encore insoupçonnées il y a peu.


Sur “Dream Lover” notamment, il atteint des notes assez hautes qu’il gère parfaitement, tout comme sur “Minimal Affection”, genre de mélange subtil entre Fleetwood Mac et les Strokes, preuve que les Londoniens ont varié leur style et n’hésitent pas à sortir des sentiers balisés qu’ils s’étaient imposés jusqu’alors (le puissant “20/20” et un curieux mais efficace “Gimme A Sign” en sont deux autres exemples).

La fin du set ne sera pas moins reposante avec le toujours aussi borderline western “I Always Knew” et une surprenante version presque boogie d’“If You Wanna”. C’est avec un excellent “All In White” en crescendo alarmant pour les tympans qu’ils quitteront la scène, manifestement satisfaits du travail accompli.

Justin Young reviendra d’abord seul avec sa guitare pour un “No Hope” à tendance acoustique avant que le groupe ne se retrouve au grand complet pour un époustouflant “Radio Bikini” qui n’a l’air de rien sur disque mais qui se dévoile réellement en live. Ils auraient pu en rester là mais “Norgaard” terminera le boulot dans une ambiance de feu. Une piqûre de rappel qui a drôlement fait du bien.

Photos © 2015 Denoual Coatleven

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