Une leçon de rock américain par Mystery

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Etant Canadien et plus précisément Québécois, le groupe Mystery a bel et bien proposé un set enjoué et puissant nous rappelant les grands standards du rock symphonique et du rock progressif du grand continent. Une prestation scénique haute en couleurs, avec des protagonistes au sommet de leur art et de leur forme, et ce, pour le plus grand plaisir du public présent au 66, qui en pris plein la figure ! Une soirée à ne pas oublier pour tous les amateurs de rock progressif, qui ont pu une fois de plus bénir notre cher Francis pour sa judicieuse programmation. Mais revenons au début, avec tout d’abord une route vers Verviers sous une pluie battante, qui m’a obligé à rouler prudemment pour arriver à bon bord au Spirit. Je me devais d’être prudent d’autant plus, que je véhiculais le jeune Axel, un adolescent qui vient de découvrir le rock progressif et à qui j’ai proposé de m’accompagner ce soir pour voir les Canadiens. 20h30 nous voilà sur place avec d’entrée de jeu, la rencontre avec Sylvain Moineau français et second guitariste (guitariste rythmique) et l’incontournable Michel St-Père guitariste (lead) et membre fondateur du groupe. L’occasion rêvée de me présenter, d’expliquer que je vais leur prévoir un article, faire dédicacer le double CD en public “Tales From The Neterlands” et présenter mon jeune camarade. Une manière comme une autre d’être directement dans l’ambiance.

Un peu d’histoire peut-être pour ceux qui ne connaissent pas Mystery, le groupe est formé dès 1986 par le multi-instrumentiste Michel St-Père avec la sortie des premiers albums en 1996 et 1998. Outre le fait qu’en 2007 on voit l’arrivée du chanteur Benoit David, on peut également préciser que Michel possède son propre label (Unicorn Records) et que de nombreux prestigieux musiciens comme John Jowitt, Oliver Wakeman ou Nick D’Virgilio ont participé aux sessions d’enregistrement de certains albums. D’ailleurs les derniers opus depuis “One Among The Living” de 2010, on chaque fois reçu un accueil des plus chaleureux de la part des fans et des critiques. Notons encore que le nouvel album “Delusion Rain” sortira officiellement pour le 15 novembre.

Le temps que l’auditoire s’étoffe, les lumières s’assombrissent sur le coup de 21h30, pour démarrer les hostilités avec “Pride” et “Dear Someone” tirés de l’album “The World is a Game” de 2012. L’espace sonore est directement pris en charge par le groupe qui sait ce qu’il fait, un rock symphonique puissant où, chaque protagoniste est à sa place avec une efficacité déconcertante. Le nouveau chanteur Jean Pageau présent depuis mars 2014, en est d’ailleurs un exemple flagrant, avec un showman qui prend d’assaut la direction des opérations. Que dire du jeu de Michel St-Père, un travail à la guitare sublimé pour chaque noté épaulé dans sa tâche, par Sylvain Moineau qui le seconde avec panache. Passant par “Wolf” une composition reprise sur la compilation de 2013, Jean nous annonce “Delusion Rain” la plage titulaire du nouvel opus, nous offrant une composition encore plus progressive et plus fouillée. A ce stade, l’ambiance est torride aussi bien sur scène que dans la salle, la faute à une section rythmique endiablée (François Fournier et Jean-Sébastien Goyette) et à un claviériste inspiré (Benoît Dupuis).

Les morceaux se succèdent avec “Superstar” toujours tiré du dernier album sorti en 2012, puis c’est “Through Different Eyes” une pièce majeure du “One Among The Living” de 2010. Nouveau saut dans les nouvelles compositions avec “If You See Her”, avec ensuite un retour dans le passé puisque “Shadow Of The Lake” est tiré de l’album “Destiny ?” issu des premiers pas du groupe en 1998. Le set se termine par “Another Day” (2012) un autre grand classique du groupe, et “Travel To The Night” (2007) où, les chœurs et le chant nous rappellent les grands groupes américains des années 80 et 90. Un concert à Verviers sans rappel, n’est pas un vrai concert et donc le groupe nous revient pour deux compositions de l’album “Beneath The Veil Of Winter’s Face” (2007) avec “Sailorand The Mermaid” et The Preacher’s Fall”.

Concert qui se termine par des applaudissements nourris et amplement mérités de la part du public, pour un groupe qui a su en une soirée compacter dans sa musique, l’âme de groupes comme Genesis, Marillion ou même les grands groupes américains comme Chicago ou Boston. Ajoutons encore comme me l’a dit mon ami Thierry Dubois (Foggy Stuff), que l’on y retrouve aussi du Kansas et du Rush, pour un concert où rock progressif et symphonique ont fait bon ménage avec le rock pur jus et le blues !

Une soirée diablement réussie grâce à un groupe soudé et percutant, emmené par Jean Pageau, un showman qui renoue avec les grands chanteurs des années 70 et 80. Il est ici omniprésent sur la scène et il renoue avec la tradition des vrais chanteurs ! Notre ami français Sylvain Moineau a abattu un travail prodigieux, en épaulant comme il se doit son confrère Michel St-Père. Voilà un musicien qui sait se mettre en avant, et occuper lui-aussi une place prépondérante sur scène. Benoit Dupuis fait partie de ces claviéristes qui s’il reste plutôt discret, enveloppe malgré tout avec justesse chaque composition pour les rendre encore plus symphoniques. Ajoutons aussi quelques très belles intros au piano et aux orgues où, il a su montrer tout son talent.

Passons à la section rythmique avec un François Fournier au poste d’un vrai bassiste, un bassiste que l’on entend et qui maltraite ses cordes pour qu’on les entende à la manière d’un John Jowitt ou d’un Jonas Reingold (la crème des 4 et 5 cordes). Jean-Sébastien Goyette nous a littéralement terrasé par un jeu à la fois puissant et d’une grande précision. Un véritable métronome des fûts et des cuivres (comme Denis Clement dans Camel), qui a maintenu avec l’aide de son acolyte à la basse, un tempo d’enfer du début à la fin. Terminons avec le concepteur du projet, producteur et surtout éminent guitariste, qui m’a véritablement bluffé ce soir par un jeu d’une maitrise à couper le souffle. Sachant être aussi bien mélodique que tranchant dans les moments plus rock, Michel St-Père a démontré qu’il fait partie de ses virtuoses de la 6 cordes !

En résume une super soirée, un super concert et un début de nuit où, le public a pu converser, sourire et féliciter des musiciens d’une grande spontanéité et d’une grande gentillesse. Chapeau et profil bas Messieurs les Québécois !

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