Festival des Libertés 2015 : Viva Calexico !

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Ce vendredi 30 octobre avait lieu l’avant-dernière journée du Festival des Libertés avec au programme le lancement de la nouvelle tournée européenne de Calexico au Théâtre National. Un choix judicieux et tout à fait en adéquation avec la philosophie de l’événement. Si le groupe emmené par Joey Burns et le batteur John Convertino était déjà venu présenter son dernier album (“Edge Of The Sun”) au printemps à l’AB, il convenait de ne pas s’arrêter à ce détail. Un concert de Calexico reste une invitation à la fête qu’il est conseillé de ne pas louper tant la vibe positive dégagée joue sur le moral des troupes.

Entamée avec “Across The Wire” et des cuivres prédominants que côtoient un accordéon et une contrebasse, la prestation des natifs de Tucson, Arizona (même si on dénombre également un espagnol et un allemand parmi les musiciens) va directement gagner en intensité. Après l’excellent “Falling From The Sky”, le tropical “Cumbia De Donde” va instantanément insuffler une dose de chaleur à une salle déjà en ébullition malgré l’absence de la diva Amparo Sanchez. On verra plus tard qu’elle sera avantageusement remplacée…

C’est alors que l’éminemment sympathique Joey Burns, particulièrement bavard ce soir, va prendre la parole une première fois. Il tiendra ensuite le crachoir à de nombreuses reprises, alternant les sujets sérieux (Edward Snowden, qui a assisté à distance à un débat dans le cadre du festival quelques jours auparavant) et plus futiles (Halloween et ses nombreuses anecdotes, la visite du groupe dans la ville de Calexico en Californie). S’il le fait avec beaucoup d’humour, on préfère tout de même lorsqu’il se concentre sur ses compositions.

À ce propos, “Maybe On Monday” et “Splitter”, deux extraits de l’album précédent (“Algiers” en 2012), vont prendre une tournure nettement plus musclée avec des riffs de guitare exécutés par un Javier Zavala particulièrement inspiré. Il fera également parler sa science sur le nouveau single du groupe, “Bullets & Rocks”, soutenu par de généreux cuivres et la voix envoûtante du leader.

Ceci dit, n’oublions pas que les influences majeures du groupe sont à chercher du côté de la frontière mexicaine et les atmosphères latino d’“Inspiración” (chanté par le trompettiste Jacob Valenzuela) et de “Minas De Corbe” vont venir à point nommé pour nous le rappeler tout en initiant des pas de danse parmi les spectateurs. Quand on vous dit qu’un concert de Calexico ne ressemble à aucun autre.

La seconde partie du set se construira en crescendo avec un “World Undone” à l’intro sombre et presque progressive à la Dire Straits période “Love Over Gold” avant d’exploser littéralement. L’exemple type de composition qui passe relativement inaperçue sur disque mais qui prend tout son sens sur scène. La température grimpera encore d’un cran lorsque Joey Burns invitera Gaby Moreno, la chanteuse guatémaltèque collaboratrice du groupe à les rejoindre sur scène pour quelques titres.

D’abord timide sur un doux et profond “Miles From The Sea” sur lequel elle assurera les chœurs, sa voix s’affranchira au son d’un intense “Moon Never Rises” (pendant lequel le soleil sur la pochette de l’album en arrière-plan se garnira d’étoiles virevoltantes pour un effet garanti lorsqu’elles se déverseront virtuellement sur scène) avant de complètement bluffer l’auditoire sur un très country “Fronteras”. De quoi largement faire oublier Amparo Sanchez.

La valse des instruments reprendra via une version prenante de “Victor Jara’s Hands” avant que la fiesta ne devienne totale avec “Alone Again Or”, la reprise de Love qu’ils se sont appropriées avec brio tandis que “Crystal Frontier” mettra le Théâtre National à genoux.

On n’allait pas encore être au bout de nos surprises car ils entameront les rappels avec Gaby Moreno dans le rôle de chanteuse principale pour une surprenante cover (en français) de “Laisse tomber les filles”, le titre de France Gall écrit par Gainsbourg au milieu des années 60. La liesse allait se poursuivre via le très latino “Güero Canelo” pendant lequel chaque musicien allait avoir droit à son moment de gloire.

On pensait les choses entendues mais le groupe reviendra une seconde fois sur scène pour un ultime titre précédé d’un speech de Joey Burns pendant lequel on apprendra que la bière belge préférée du (contre)bassiste Ryan Alfred est la Chouffe. Mais, plus sérieusement, le leader s’exprimera sur un sujet sensible et d’actualité. Il dédiera ainsi un émouvant “The Vanishing Mind” aux Réfugiés. Une manière élégante de tisser un lien avec le Festival des Libertés.

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