Simple Minds, la musique envers et contre tout

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Vendredi 13 novembre, fin de soirée: la ville Lumière est la cible de trois attentats terroristes. Dès les premières rumeurs sur les réseaux sociaux, je me branche sur les chaînes françaises d’informations et je découvre avec effroi le massacre au Bataclan. Ayant assisté à des concerts dans cette salle, les événements me bouleversent à un point qui me surprend moi-même. J’avais peut-être des potes dans la salle… Samedi 14 novembre : je me réveille avec une drôle de gueule de bois. Le moral en a pris un coup. Le niveau de la menace n’a pas encore été revu à la hausse dans notre pays qui semble pourtant lié aux événements d’après les informations diffusées en continu sur toutes les chaînes. Je suis inscrit comme photographe et journaliste pour aller couvrir le concert de Simple Minds à Forest National. Pour la première fois de ma vie, c’est avec les pieds de plomb que j’entre dans l’arène. L’actualité de la veille m’a scié. En rejoignant les autres chasseurs d’images, j’apprends qu’un photographe des Inrocks figure au nombre des victimes. Stupéfaction et consternation. La peur n’a pas encore fait son entrée. La sécurité des lieux est assurée par les forces de l’ordre présentes en nombre. Forest National est une forteresse imprenable, au moins pour cette soirée.


Dans cette ambiance pour le moins particulière, j’essaie quand même de m’intéresser au programme de la soirée. En première partie : Simple Minds. En deuxième partie aussi. Tant mieux quelque part. Au moins, la qualité devrait être au rendez-vous. Une fois dans le pit, je constate que la salle est pleine à craquer. Le public est venu nombreux retrouver le groupe écossais fondé en 1977.

Les lumière s’éteignent enfin et le groupe entre en scène, sobrement. Jim Kerr est à l’avant de la scène, tous ses musiciens alignés derrière lui. L’artiste annonce une minute de silence en hommage aux victimes de la veille. Lumières sobres, drapeau français et musique écossaise comme on en entend dans certains enterrements militaires, pas un bruit dans la salle. Le recueillement est total. Grand moment d’émotion et de fraternité humaine.


Les membres du groupe regagnent leur place pour commencer le programme musical. Il est temps que la musique reprenne ses droits. Jim Kerr au chant est accompagné de Charlie Burchill à la guitare, Mel Gaynor à la batterie, Andy Gillespie aux claviers, Ged Grimes à la basse, Catherine A.D. aux chœurs, guitare et claviers et leur jolie choriste black. La machine à tubes est lancée et le public est à fond dedans. Tout le monde cherche manifestement à oublier la barbarie de la veille.

Les lumières sont splendides. Jim Kerr est en pleine forme malgré les circonstances. Il communique beaucoup avec le public qui le lui rend bien. Sur scène, je retrouve avec plaisir la virtuosité de Charlie Burchill. Sa ressemblance avec un de mes collègues de travail est telle que j’ai dû y regarder à deux fois, croyant que ma vue était en train de me jouer des tours. Je suis aussi frappé par le talent multiple et varié de Catherine A.D. qui assure les chœurs, mais n’hésite pas à accompagner les morceaux à la guitare et au clavier.


À la fin des traditionnels trois morceaux, les photographes sont renvoyés dans leurs foyers. Je me glisse à l’arrière de la salle pour observer la suite du show. Bien que le public ait l’air de prendre beaucoup de plaisir à retrouver les grands succès qui ont marqué la carrière des «Esprits Simples», je suis en train de passer un sale moment. Visiblement, l’actualité de la veille me reste sur l’estomac et je ne parviens pas à entrer dans le show. J’éprouve l’impression grandissante de ne pas être à ma place, comme s’il était impudique de me retrouver là. Je tente de résister en me laissant porter par la musique. Trop dur. C’est plus fort que moi, je ne parviens pas à rester jusqu’au bout de ce qui aurait pourtant dû être une grande fête musicale. Je me résous à franchir le cordon de policier dans l’autre sens pour rentrer chez moi, en espérant que le public pourra savourer pleinement ses retrouvailles avec les Minds.

Renseignement pris auprès des commentateurs restés jusqu’au bout, la soirée fut mémorable tant par la durée du spectacle que par la qualité de la prestation du groupe. Et pour les plus fans d’entre vous, voici le programme complet de la soirée :

Partie 1:
Theme for Great Cities
Waterfront
Up on the Catwalk
See the Lights
Celebrate
Blindfolded
Promised You a Miracle
Glittering Prize
Mandela Day
Real Life
Hunter and the Hunted
New Gold Dream (81-82-83-84)
Rivers of Ice
Dolphins
Don’t You (Forget About Me)

Partie 2:
Five to One / Book of Brilliant Things
This Fear of Gods
Honest Town
Bangin’ on the Door
Someone Somewhere in Summertime
Speed Your Love to Me
Once Upon a Time
All the Things She Said
Let There Be Love
Midnight Walking
Let It All Come Down

Rappels :
Big Music
Alive and Kicking
Sanctify Yourself

Les autres photos de
Simple Minds

Photos © 2015 Hugues Timmermans

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