UFO et Judas Priest à Forest National : c’est dans les veilles marmites…

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UFO et Judas Priest au pied de mon sapin ! Je n’aurais pas pu rêver d’un cadeau de Noël plus merveilleux ! Merci, Petit Papa Live Nation !
Mercredi 16 décembre 2015. 19h50. Après m’être soumis de bonne grâce à l’inévitable rituel de l’après 13 novembre en laissant un sympathique cerbère en uniforme tâter les parties les plus charnues de mon corps adipeux (NDR : c’est probablement beaucoup plus désagréable pour lui que pour moi), je m’engouffre dans le couloir menant à la salle. Ne semblant attendre que mon insignifiante personne, les lumières s’éteignent dès que je franchis le portique. Ce soir, Forest National est configuré en mode ‘Club’. Et si ce n’est pas la foule des grands soirs, les fans de l’OVNI et du Prêtre de Judas sont assez nombreux pour que l’on se sente à l’étroit dans la mythique salle bruxelloise.


UFO donne le ton de la soirée en balançant d’amblée l’un de ses plus grands classiques : “Mother Mary”, extrait de l’album “Force It” de 1975. Phil Mogg est tout bonnement superbe dans son élégant costume noir. Le fringuant gentleman, qui exhibe fièrement une jeunesse de soixante-sept printemps, impressionne encore avec sa voix chaude et unique, qui n’a rien perdu de sa superbe malgré près de 47 ans d’excès en tous genres (NDR : Mogg et Andy Parker (batterie, 63 ans) faisaient déjà partie de la première mouture du groupe en 1969) ! Les Londoniens enchainent avec “Run Boy Run”, un titre qui, pourtant, est loin d’être le meilleur de leur nouvel opus (NDR : “A Conspiracy Of Stars” sorti en février dernier chez SPV/Steamhammer). Heureusement, UFO à composé plus d’un classique et “Lights Out” (NDR : extrait de l’album du même nom sorti en 1977) remet vite les pendules à l’heure. Paul Raymond, qui partage son talent entre les claviers et la guitare rythmique, semble toujours au top de la forme. À 70 ans, il est pourtant le doyen des vétérans du décibel qui se succèderont ce soir sur les planches de Forest.

Si je me plais à encenser les classiques, j’admets également que la discographie plus récente du groupe regorge de pépites. C’est le cas de l’envoutant “Venus” (extrait de l’album “Walk On Water”, 1995), sur lequel Vinnie Moore opère un impressionnant va et vient entre une guitare acoustique sur pied et son habituelle tronçonneuse électrique tandis que Paul Raymond fait sonner son Roland comme un Hammond vintage. Retour aux classiques avec un “Only You Can Rock Me” (“Obsession, 1978”) entrainant au possible enchainé avec la ballade revancharde et passionnée qu’est “Burn Your House Down” (
Seven Deadly
, 2012). Petit retour de quarante ans en arrière pour un “Let It Roll” d’anthologie (NDR : extrait du “Force It” de 1975) sur lequel Vinnie Moore s’autorise quelques débordements stylistiques solitaires hautement jouissifs.


Avec l’humour british qui le caractérise, Phil Mogg se plaint du fait que les vibrations de la basse de Rob De Luca font vaciller ses coûteux plombages avant d’entamer “Messiah Of Love”, le second extrait du nouvel album de la soirée. Franchement entrainant, le titre nous donne l’opportunité de voir Phil Mogg esquisser quelques pas de danse. Le vocaliste parlera plus tard de ses ‘élégants’ déhanchements en nous expliquant qu’il n’est pas encore tout à fait Michael Flatley (The Lord Of The Dance) ou Gene Kelly, mais qu’il y travaille d’arrache-pied. Les deux classiques incontournables (tous deux extraits du phénoménal “Phenomenon” de 1975) qui clôturent la prestation nous rappellent pourquoi nous adorons UFO. “Rock Bottom”, en premier lieu, est délicieusement allongé de quelques minutes par un époustouflant solo de guitare offert par Vinnie Moore. “Doctor Doctor”, ensuite, est reconnu par la foule des les premières note de piano et est repris en chœur par quelques milliers de gorges déployées. Pas de doute, près de 50 ans après son premier décollage, l’UFO arrive toujours à nous faire planer !


8h55, l’exode des assoiffés du premier rang vers les bars du fond de la salle m’offre l’opportunité de glisser ma ronde carcasse un peu plus près de la scène. Pour nous tenir en haleine, cette dernière a été camouflée à l’aide d’un joli rideau estampillé du logo de Judas Priest. Il faut encore attendre de longues minutes avant d’entendre résonner les premières notes du “War Pigs” de Black Sabbath (NDR : qui, depuis quelques années, sert d’introductions aux concerts du Priest) et voir tomber l’immense toile noire. Un écran géant domine le podium où trône la batterie de Scott Travis. Ian Hill se plante aussi loin que possible du public. Le bassiste ne quittera plus son poste d’arrière garde avant la fin du set. Glen Titpton qui, à 68 ans est le doyen du groupe, se tient quelques mètres plus en avant, sans toutefois s’approcher du bord de la scène. Ritchie Faulkner (NDR : le dernier engagé) est le seul a venir chercher le regard du public. Rob Halford entonne les quatre premières lignes de “Dragonaut” (extrait du “Redeemer Of Souls” de 2014) en coulisse avant de rejoindre ses compagnons sur scène. La première impression est négative. Appuyé sur une canne, le nez chaussé des lunettes noires, le Metal God semble au bout du rouleau. À 64 ans, il est pourtant un peu plus vert que le pétulant Phil Mogg ! Son état semble s’améliorer dès le second titre (NDR : l’hymnique “Metal Gods” tiré du “British Steel” de 1980). Débarrassé du bâton et des binocles, il a carrément rajeuni de dix ans. La pochette de l’album “Point Of Entry” (1981) s’affiche sur l’écran géant alors que les musiciens entament le classique “Desert Plains” qui en est extrait. Ian Hill et Glenn Tipton restent désespérément en retrait et le show repose entièrement sur les épaules de Richie Faulkner.

Après quatre années seulement passées au sein de Judas Priest, le guitariste semble être devenu le principal centre d’intérêt du groupe. Toujours à l’avant de la scène, il ne cesse de haranguer les premier rangs. L’attitude de Rob Halford est ambigüe, voir même décevante. Bien sûr, il assure toujours son rôle de chanteur avec brio, mais il a carrément abandonné celui de frontman. Jamais, au cours de la soirée, il ne s’adressera directement au public. La tâche a été confiée Scott Travis qui, derrière les futs, est un peu trop loin du public pour pouvoir entamer une conversation agréable. Halford, quant à lui, fuit invariablement en direction des coulisses pour changer de veste dès qu’il a chanté le derniers vers de sa chanson. Comme beaucoup dans la foule, j’aurais préféré un peu plus de dialogue et un peu moins de ‘garde-robe’ de la part de celui que j’ai toujours considéré comme l’un des plus grands frontmen de la scène Metal.

L’artwork de l’album culte “Sad Wings Of Destiny” (1976) envahit l’écran alors que Richie Faulkner se joint à Glenn Tipton pour entamer les superbes harmonies de guitares jumelles de l’intro du classique “Victims Of Changes”. Sans doute l’un des plus grands moments de la soirée. Nous faisons ensuite un bon de 38 ans en avant avec “Halls Of Valhalla” alors que l’écran diffuse des images de drakkars, de casques vikings et de tempêtes en mer. Le public semble beaucoup apprécier les extraits de l’album “Redeemer Of Souls”. Il est vrai que ces derniers passent admirablement le cap de la scène. Après un “The Rage” ( extrait du “British Steel” de 1980) ultra Heavy nous passons au plus léger “Turbo Lover” (“Turbo”, 1986) sur lequel le public féminin se déhanche avec joie et dont le refrain est repris en chœur par tout Forest National. Avant d’entamer “Redeemer Of Souls”, Scott Travis remercie le public pour les excellents scores obtenus par l’album dans charts européens. Le titre est enchainé avec le fabuleux “Beyond The Realms Of Death” (“Stained Class”, 1978) que Travis nous présente comme ‘le chant de Noël ultime’ et sur lequel la voix de Rob Halford se fait tout bonnement merveilleuse. Les deux titres suivants “Screaming For Vengeance” (“Screaming For Vengeance”, 1982) et “Breaking The Law” (“British Steel”, 1980) recueillent tous les suffrages, et ce, même s’il est un peu étrange que ce soit à nouveau Travis qui doive poser la question : “Breaking The WHAT ???” !


Rob Halford s’éclipse à nouveau en coulisses pour réapparaitre, quelques minutes plus tard, chevauchant une moto, coiffé d’une casquette en cuir et armé d’une cravache. Le vocaliste semble épuisé et interprète “Hell Bent For Leather” (“Killing Machine”, 1978) sans quitter la selle de son deux roues (et sans regarder dans la direction public).

Pour le rappel, Judas Priest nous offre quelques uns de ses plus grands classiques. Un dernier détour par “Screaming For Vengeance” avec l’enchainement “The Hellion” / “Electric Eye”. Halford reste alors seul sur scène pour nous faire hurler quelques ‘Yeah, Yeah, Yeah’ avant de nous balancer un “You’ve Got Another Thing Coming” des familles suivi par le décapant “Painkiller” (“Painkiller”, 1990). Le show se termine en beauté sur l’entrainant “Living After Midnight” (“British Steel”, 1980). La dernière note jouée, Ian Hill s’avance (enfin) au bord de la scène pour saluer le public. Tipton, Faulkner et Travis balancent dans la foule tout ce qui leur reste d’onglets et de baguettes tandis qu’Halford se contente d’un simple geste de la main.

Difficile de savoir si c’était un mauvais jour pour notre héros ou s’il à tout simplement décidé de ne plus s’adresser à ses fans. Toutefois, le Forest baigné de lumière ne révèle que sourires et visages heureux. Preuve s’il en est qu’il n’est pas vraiment nécessaire de parler pour prêcher des convaincus !

Photos © 2015 Hans Van der Perre

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