Europe, avis de Tempest au Trix

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Après un temps de flottement dans les jours qui ont suivi les attentats de Paris, j’ai finalement décidé que la meilleure façon de faire face à l’actualité morbide était de reprendre mes bonnes vieilles habitudes musicales et concertiques. Me voilà donc en route pour la salle Trix à Anvers, loin de la capitale en état de siège ce lundi 23 novembre. Quand j’arrive aux abords de la salle, la file s’est déjà en grande partie résorbée. Devant l’entrée, deux militaires en armes et un véhicule blindé léger, garé un peu plus loin. Après une fouille en règle, me voilà enfin dans la place, prêt à retrouver les héros du décompte final.


Le Trix est rempli mais pas bondé. Sur scène, les Britanniques de Tax The Heat sont chargés de chauffer la salle. Vu leur nom, cela devrait être à leur portée… La formation originaire de Bristol se compose de quatre membres: Alex Veale (voix et guitare), Antonio Angotti (basse et backing vocals), JP Jacyshyn (guitar et backing vocals) et Jack Taylor (batterie et backing vocals). Le rock que distille ce quatuor est très proche du rock des débuts, avec une forte influence rythm & blues. Un rock très vintage avec au programme les morceaux «Hatred Not the Enemy», «Millionaire», «Under the Watchful Eye», «Your Fool», «Caroline», «Devil’s Daughter», «Some Sympathy», «Still on the Platform to Leave», «Run If You Want to Survive» et «Highway Home».

Sympathiques et enjoués les Britanniques livrent une prestation qui, faute d’être passionnante ni impressionnante, se regarde néanmoins sans déplaisir. Mais on sent bien que le public attend autre chose, le retour de la tempête ou plutôt du seul et unique Joe Tempest.


Quand les lumières s’éteignent, le public impatient acclame l’arrivée sur scène du groupe Europe au grand complet : John Norum à la guitare, John Levén à la basse, Ian Haugland aux fûts, Mic Michaeli aux claviers et Joe Tempest au chant. Le groupe est toujours très en forme. Pour avoir eu l’occasion de les voir sur scène une dizaine de fois ces dernières années, je peux dire que le show était vraiment excellent. Tant individuellement que collectivement, les Scandinaves ont déchiré. John Norum est un vrai Dieu à la guitare et Ian Haugland a prouvé encore une fois qu’il fait partie des très grands batteurs. Quand à Joe Tempest, il est plus en forme que jamais et n’hésite pas à se démener sur scène au point de donner le mal de mer à son pied de micro. Au fil du temps, Joe Tempest communique de mieux en mieux avec son public qui le lui rend bien. La soirée est très rock, avec des accents blues.

L’album «War of Kings» a été une excellente surprise parmi les sorties de 2015. C’est d’ailleurs dans le cadre de la promotion de cet album que le groupe faisait escale à Anvers. Rien de plus normal donc que de commencer par la plage titulaire de cet album. Joe embraie immédiatement avec «Hole in My Pocket» (également extrait du nouvel album) et «Superstitious» (de l’album «Out Of This World»), avec un sympathique clin d’œil à «Here I Go Again»). Il bouge dans tous les sens et s’éclate visiblement sur scène. Encore un petit détour dans le passé avec «Wasted Time» (de l’album «Wings Of Tomorrow») et l’excellentissime «Last Look at Eden» (de l’album éponyme).


Impossible d’envisager un concert d’Europe sans la magnifique ballade «Carrie» (de l’album «The Final Countdown»). Retour à l’actualité récente avec un nouvel extrait du dernier opus: «The Second Day», qui est selon moi un des meilleurs morceaux de l’album.

Après un détour par l’album «Bag Of Bones» avec «Firebox» et l’album «Out Of This World» avec «Sign of the Times», on revient à nouveau à du plus récent avec «Praise You» (du nouvel album) et «The Beast» (second extrait de l’album «Last Look at Eden»).

Quand arrive le moment du solo de guitare, John Norum interprète Vasastan, superbe instrumental de la version spéciale du dernier album, avec un petit clin d’œil floydien à «Shine On You Crazy Diamond». Le morceau qui suit est extrait de l’album «Prisoners In Paradise» et n’avait plus été joué sur scène depuis 2013. Il s’agit de l’excellent «Seventh Sign».

Après «Ready or Not» (de l’album «The Final Countdown») et «Nothin’ to Ya» (de l’album «War of Kings»), c’est au tour d’Ian Haugland de montrer ce qu’il sait faire. Pour son solo de batterie, il a choisi l’ouverture de l’opéra Guillaume Tell qui lui permet de mettre en exergue ses qualités techniques. L’ennui des solos, c’est qu’ils annoncent tout doucement la fin du concert. Trois morceaux permettent à Europe de finir son set en beauté: «Let the Good Times Rock» (de l’album «Out Of This World»), l’incontournable «Rock the Night» (de l’album «The Final Countdown») et «Days of Rock ‘n’ Roll» (de l’album «War of Kings»).

Le public en demande encore et le groupe revient pour un rappel consacré au titre qui lui a valu une célébrité mondiale: «The Final Countdown» (de l’album du même nom). C’est donc une salle en délire qui salue la prestation excellente en tous points des Suédois. Une soirée grandiose marquée par un bel équilibre entre morceaux rythmés et ballades, entre le nouveau répertoire et les classiques du groupe.

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Photos © 2013 Hugues Timmermans

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