Métal et esprits éclairés

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Les amateurs de musique se plaignent parfois de ne pas trouver en Belgique d’endroits où passer un bon moment musical en toute simplicité. Pourtant, plusieurs établissements se sont dotés d’une petite salle ou d’une scène pouvant accueillir des groupes plus ou moins connus dans une ambiance conviviale. Après le Spirit of 66 de Verviers et plus récemment le Moonlight Music Hall, il est un autre établissement qui a su éveiller notre curiosité au cours des derniers mois. Situé en Flandre entre Courtrai et Bruges, le Verlichte Geest de Roeselare (Roulers) propose régulièrement une affiche qui vaut le détour. En voici deux exemples récents.

Le 19 décembre dernier, Roulers était «the place to be» si vous vouliez vous régaler de belles voix féminines. En première partie de programme, un jeune groupe néerlandais très prometteur, End Of The Dream que nous avons eu l’occasion d’interviewer lors de cette soirée (
Interview de Micky Huijsmans (End Of The Dream)
).

En promo pour son album «All I Am», la formation batave nous propose ses compositions fortement influencées par Within Temptation et Evanescence. Si les musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet, l’attention se porte très naturellement sur la jeune Micky dont le talent et le charisme éclipsent tout le reste. Avec sa voix qui rappelle celle d’Amy Lee d’Evanescence sur des mélodies qui ne sont pas sans rappeler certaines compositions de Within Temptation, le groupe offre un set plus qu’emballant. Les fans pourront revoir Micky et sa bande au Biebob le 26 mars prochain, en première partie de Van Canto.


L’ambiance est très bonne et le public est même assez nombreux pour accueillir la tête d’affiche de la soirée, qui n’est autre que Liv Kristine, la chanteuse de Leaves’ Eyes, qui se fait plaisir avec une courte tournée solo qui s’arrête ce soir en Belgique. Toujours très disponible pour son public et pour les journalistes – fussent-ils des amateurs comme votre serviteur – la charmante Liv nous accorde une interview que vous avez déjà pu lire sur le site du Music In Belgium (
Interview de Liv Kristine
).

Dans la salle, les fans de la première heure sont au rendez-vous car s’il est déjà rare d’entendre Liv reprendre des morceaux de l’époque où elle faisait partie du groupe norvégien de métal gothique Theater of Tragedy, il est encore plus exceptionnel de la retrouver sur scène avec son comparse de l’époque Raymond Rohonyi. Or ce dernier l’accompagne sur toute cette mini-tournée.

La setlist fait donc rêver les nostalgiques: «Vervain» (de l’album solo «Vervain» de 2014) , «Venus» (de l’album «Aégis» de 1998, avec Raymond Rohonyi), «A Hamlet for a Slothful Vassal» (de l’album «Theater Of Tragedy» de 1995, avec Raymond Rohonyi), «My Wilderness» (2014), «Paris Paris» (de l’album solo «Libertine» de 2012), «Cassandra» (1998, avec Raymond Rohonyi), «On Whom the Moon Doth Shine» (de l’album «Velvet Darkness They Fear» de 1996, avec Raymond Rohonyi), «Image» (de l’album «Image» de 2000), «Panic» (2012), «Let You Down» (de l’album «Assembly» de 2002), «Siren» (1998, avec Raymond Rohonyi), «Machine» (2000, avec Raymond Rohonyi), «Black as the Devil Painteth» (1996, avec Raymond Rohonyi), «Commute» (2000, avec Raymond Rohonyi).

Les musiciens de Liv font merveille tant dans le répertoire solo de la chanteuse que dans les reprises de son ancien groupe. Malgré la petite taille de la scène et les lumières un peu rudimentaires, le public présent a droit à une prestation d’excellente qualité, ce qui se traduit d’ailleurs par une ambiance excellente dans la salle.


Ce 16 janvier, à peine remis des fêtes de fin d’année, je remets le cap sur le Verlichte Geest pour une soirée gothique. À mon arrivée, la salle est pleine aux trois quarts et le premier groupe, Psychogeneration, arrive en fin de set, me laissant assez peu le temps de me faire une idée sur les capacités de cette formation ouest-flandrienne. Ce projet nous plonge dans un monde où les abus de pouvoir au sein de la société ont pour effet de créer une nouvelle race de psychotiques. Sur scène, ils assurent la promotion de leur premier cd intitulé «The Rise Of Jonatan Brofist». Faute d’avoir eu un échantillon suffisant à me mettre dans l’oreille, il m’est difficile d’en dire plus à ce stade.


Le groupe suivant nous vient de la région parisienne. Unseelie propose une musique métal gothique caractérisée par sa profondeur et son intensité, que le site officiel décrit comme un mélange d’émotions et de vertiges, de mysticisme et de modernité, d’onirisme et de noirceur, de puissance et de mélancolie, le tout rehaussé d’une touche électro. Après des débuts prometteurs et une campagne de crowdfunding, Unseelie sort son premier album en 2014: «Urban Fantasy». Sur scène, Anne-Emmanuelle Fournier (voix claire et extrême), et Marc Chevallereau (guitare et programmation), qui sont les fondateurs du groupe, sont accompagnés de Jonathan Diedrich (guitare rythmique), Matthieu Walzing (basse) et Mickaël Ghaly (batterie).

Le set d’Unseelie est une agréable surprise. À une exception près, tous les morceaux de la setlist sont tirés de l’album: «Strangers», «The City feeds on you», «Quantify your soul», «Hunters’ Game», «Fontier», «The Age of Kâlî» (extrait du EP «Unholy light» , 2012), «The White Passenger», «Prometheus’ pain».
Les Franciliens nous font découvrir leur univers avec conviction et passion. La chanteuse n’hésite pas à couvrir des registres très différents puisqu’à côté du chant en voix claire, elle assure aussi les parties en voix extrême. Le public a l’air charmé et ne cache pas son enthousiasme. Ce succès se traduira d’ailleurs par une belle affluence au stand de merch après le concert.


Depuis la récente sortie de l’album
Dissidence
, le groupe Irradiance se produit sur scène chaque fois qu’il en a l’occasion. Ce nouveau venu sur la scène métal sort une prestation qui me fait forte impression, malgré un petit incident technique qui nous a valu un interlude forcé. Sur scène, trois garçons (Stéphane Arnaud aux claviers, Geoffroy Lebon à la guitare et Lois Arnaldi à la batterie) et deux filles (Audrey Dandeville au chant et Alexandra Vallet au violon). La musique d’Irradiance est un subtil mélange de genres faisant la part belle au métal et au chant de type lyrique. Tous semblent très à l’aise sur scène, à commencer par la chanteuse Audrey. Les amateurs d’ambiance épique avec orchestre et chœurs sont à la fête. Quant à la voix d’Audrey, c’est un vrai bonheur et un pur régal pour tous les amateurs de grandes voix.

La setlist se compose de la quasi-totalité des titres de l’album : «Children’s Game», «The Soldier and The Child», «Until The Last One», «All My Days», «Forget-me-nots», «Wandering In Autumn», «Theorists Of The Void» et «Vain Bravery».

Avec Nico aux consoles, Irradiance fait une prestation sans faute (malgré la panne électrique survenue pendant «All My Days»). Morceau après morceau, on peut sentir le fort potentiel de créativité et d’originalité qui se dégage de la musique. Gageons que nous reverrons souvent ce sympathique groupe sur les scènes de Belgique, de France et de Navare…


Toujours en tournée pour promouvoir l’excellent album
Omega-Thanatos
, Skeptical Minds est au rendez-vous ce soir, accompagné du dessinateur Alain Poncelet qui dédicace des albums (avec la BD) au stand de merch.
Skeptical Minds est un quatuor formé par Benjamin Lazzano (batterie), Patrice Brugneaux (basse), Michel Stiakakis (guitares) et Karolina Pacan (chant). Si vous ne le saviez pas encore, la scène est leur élément. Ce groupe est fait pour jouer devant un public et s’éclate à chaque concert. La talentueuse Karolina a toujours l’œil malicieux et n’hésite jamais à faire une petite pitrerie pour mettre l’ambiance. Michel assure comme un pro à la guitare en gratifiant les photographes de quelques mimiques que ces derniers s’empressent d’immortaliser. Benjamin et Patrice complètent l’équipe au sein de laquelle l’ambiance est visiblement très bonne et cette bonne humeur est communicative.


Au menu, des titres du dernier album et quelques classiques du groupe: «Balcony Dreams» (de l’album «Omega-ThanatosXXX», 2015), «Alcohol» (du EP «Living In A Movie», 2013) , «Fears» (2015), «No way out» (de l’album «Skepticalized», 2010), «Skeletton Key» (du EP «Your Beauty Must Die», 2007), «Beauty Must Die» (2007), «Broken Dolls» (2010), «Living In A Movie» (2013), «Escape» (2015), «Last Friends» (2015), «The Sign» (2015). En rappel, le groupe a coutume de jouer «Ace of Spades». Vu l’actualité récente, ce rappel se transforme en hommage à Lemmy avec des spectateurs invités à faire la fête sur scène.

Qu’ils jouent devant un public restreint ou devant plusieurs centaines de personnes, Michel et son équipe prennent toujours autant de plaisir. Une véritable fête sur scène, ce qui est la marque des vrais artistes!

La soirée fut donc excellente cette fois encore et je pense que j’irai encore souvent me rincer l’oreille (et le gosier) à Roulers…

Les autres photos de

Skeptical Minds

Photos © 2016 Hugues Timmermans

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