Symphonic Metal Nights à Zaandam

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Quand votre contact chez Napalm vous propose d’assister non pas à une, mais à deux dates d’une Symphonic Metal Night, c’est une occasion à ne pas manquer pour un amateur du genre comme votre serviteur… Il n’a donc pas fallu beaucoup insister pour que j’embarque mon matériel dans ma petite auto et que je me mette en route vers le territoire batave entre terre et mer. Vous comprendrez par la suite pourquoi j’ai été bien inspiré d’assister aux deux concerts au lieu de me contenter de celui du Biebob… Au terme d’un trajet d’environ 240 km, nous arrivons d’assez bonne heure dans la petite ville néerlandaise de Zaandam. Notre lieu de perdition pour la soirée s’appelle Podium De Flux.

Il est environ 16h30 et nous sommes très en avance. Pourtant, quelques personnes attendent déjà aux abords de la salle. De l’autre côté de la rue, je remarque un petit restaurant où j’aperçois quelques visages connus. Plusieurs artistes des groupes à l’affiche de ce soir sont en train de se restaurer. L’un d’entre eux m’invite à les rejoindre et à faire une petite parlotte. Une invitation qui ne se refuse pas…


Vers 17h30, la porte s’ouvre une première fois pour laisser entrer celles et ceux qui ont acheté le sésame donnant accès à la session VIP. La jeune dame du merch accueille les participants et leur donne quelques mots d’explication sur le déroulement de cette session. Le premier groupe à nous rejoindre est Jaded Star qui interprète deux titres de l’excellent album
«Memories From The Future»
qui est chroniqué sur notre site. La voix de la chanteuse Maxi Nil fait merveille même sans micro et je serais même tenté de dire qu’elle prend une dimension supplémentaire dans ces versions acoustiques des morceaux.


Après les incontournables photos et dédicaces, c’est au tour du groupe de power/melodic metal autrichien Serenity de prendre place au grand complet pour une session acoustique guitare et percussions. Les voix s’entremêlent d’une manière merveilleuse qui n’est pas sans rappeler des groupes comme les Eagles ou Crosby, Stills, Nash and Young. Au menu, deux morceaux en acoustique qui mettent en évidence le talent des artistes sur le plan du chant à plusieurs voix. Pour les amateurs, la superbe balade «Coldness Kills» et le cultissime «Fairy Tales», sans oublier la partie intro de «Legacy of Tudors». Il est frappant de constater combien l’entente est grande entre les membres du groupe, qui semblent parfaitement à l’aise dans l’exercice dont ils ne sont pourtant pas coutumiers (c’est leur première tournée avec session VIP).


Enfin, c’est au tour de Xandria de jouer sa session acoustique. Le groupe est ici en version minimaliste avec simplement Philip Restemeier à la guitare sèche et Dianne Van Giersbergen au chant. Pour ce supplément VIP, Dianne a choisi de nous régaler avec une version acoustique de la superbe balade «Sweet Atonement» (morceau jamais joué en live de l’album «Sacrificium») et de «In Remembrance» (extrait du dernier EP «Fire & Ashes»). Ce dernier morceau est inspiré d’un aria de Verdi et elle l’interprète à moitié en italien (livret original) et à moitié en anglais.

On peut penser ce qu’on veut des sessions VIP, celle-ci m’a paru correcte puisqu’elle a permis aux participants d’entendre 6 titres supplémentaires, d’avoir un accès privilégié aux artistes et de prendre place au premier rang.


Premier groupe au programme de cette Symphonic Metal Night, Jaded Star, le groupe de l’excellente Maxi Nil, accompagnée sur scène par son fidèle guitariste Kosta Vreto. Les autres membres du groupes ayant eu un empêchement, l’intérim est assuré pour cette tournée par Kosta Matis (batteur remplaçant de Raphael Saini) et Strutter Strutter à la basse. Par rapport à la première prestation du groupe à laquelle j’avais assisté lors la dernière édition du Metal Female Voices Fest, la formation hellénique a gagné en assurance et en maturité. Les morceaux très efficaces de l’album explosent littéralement sur scène. La mécanique est bien rôdée et Maxi assure le show. Beaucoup de personnes présentes ce soir-là ne connaissaient pas Jaded Star et sont pourtant reparties avec l’album. Cela veut tout dire.

La setlist est exclusivement composée de titres de l’album : «The Mask», «Stars», «You’ll See», «Into the End of Time», «Healing the Inner Child», «Keep on Fighting» et «Wake Up». Tout est parfaitement en place. Le groupe fait un tabac devant une salle tellement remplie que je ne peux pas m’empêcher de penser que l’organisateur de la tournée aurait pu choisir une salle un peu plus grande…


Serenity assure actuellement la promotion de son nouvel opus «Codex Atlanticus» sorti fin janvier dernier. Quand les lumières s’éteignent, le premier à monter sur scène est Andreas «Andy» Schipflinger, le batteur du groupe. Quand l’intro instrumentale démarre, il est rejoint par Fabio D’Amore (basse) et Cris Hermsdörfer (guitare). Dès la fin de l’intro «Codex Atlanticus», le groupe embraie, comme sur le CD, avec l’excellent «Follow Me» (premier clip extrait de l’album), saluant ainsi l’arrivée sur scène du charismatique Georg Neuhauser. D’entrée de jeu, le ton est donné avec une musique bombastique et symphonique et la voix hyper-mélodique de Georg. Celui-ci se démène sur scène comme un beau diable, haranguant le public qui se prend au jeu. Les bras s’agitent en l’air, les têtes tournent dans des headbangings de folie et les cheveux volent dans tous les sens.

Le troisième morceau est un des éléments nouveaux sur cet album puisque Fabio occupe aussi une place importante au chant. «Sprouts Of Terror» est sans doute un des morceaux les plus «côté obscur de la force» de tout l’album, en tout cas dans la partie de Fabio. Le rythme est cinglant et la voix plus agressive. Mais la partie chantée par Georg vient subtilement contrebalancer ce côté sombre en remettant la voix claire et la mélodie à l’avant-plan. Après ce morceau de bravoure, les garçons du groupe sont rejoints par Tasha qui avait déjà accompagné Serenity sur la précédente tournée. C’est l’occasion de faire un petit détour par l’album «War of Ages» avec «Royal Pain». Tasha fait merveille comme pendant féminin de Georg. Vocalement, les deux artistes sont très complémentaires et ont visiblement beaucoup de plaisir à chanter ensemble.


Retour à l’actualité du groupe avec trois morceaux du nouvel opus: «Iniquity», l’émouvante ballade «My Final Chapter» et un morceau à la fois sublime et étonnant intitulé «The Perfect Woman» (véritable cocktail inspiré par la paire Jim Steinman/Meatloaf et par Queen). Ce morceau est une nouvelle preuve que la charmante Tasha a toute sa place au sein du groupe. La complicité avec Georg est évidente. On sent que ces deux-là ont l’habitude de chanter ensemble depuis longtemps (ils faisaient partie du groupe de cover TNG bien connu en Autriche).

Extrait de l’album «Death And Legacy», le titre «Heavenly Mission» est idéal pour continuer à chauffer la salle qui répond au quart de tour aux invitations de Georg. Mais il ne faut pas croire que Georg est seul à la manœuvre. Ce qui plaît au public, c’est que tant Fabio que Chris et Tasha sont à fond dans leur trip et associent le public à cette grande fête que devient chaque concert de Serenity.

Vient ensuite l’autre grand morceau dans lequel Fabio s’illustre au chant. Extrait du nouvel album, «Spirit In The Flesh» est une chanson faite pour la scène. C’est d’ailleurs une constante du Serenity nouveau cru dont les titres sonnent particulièrement bien en live. Deux grands classiques («Legacy of Tudors» et «Serenade of Flames») achèvent de mettre la salle en délire. Après s’être éclipsé quelques instants, le groupe est rappelé sur scène pour «Caught In A Myth» et l’inoxydable «Velatum».

Les Autrichiens viennent de sortir un show d’une qualité exceptionnelle. Quelle claque! À voir cette prestation et les réactions du public, je me dis que Serenity a encore de beaux jours à venir… Leur album a d’ailleurs, pour la première fois dans l’histoire du groupe, fait son entrée dans les charts en Autriche, en Allemagne et au Royaume-Uni!


Pour le groupe allemand Xandria, les Pays-Bas sont en quelque sorte une deuxième patrie puisque leur chanteuse, la très belle et talentueuse Dianne van Giersbergen, est elle-même originaire du pays des tulipes et du Gouda. Xandria connaît depuis 2014 une ascension méritée qui permet au groupe d’enchaîner les tournées et d’aller se produire jusqu’en Asie. Cette tournée-ci met l’accent sur l’album «Sacrificium» (2014) et sur l’EP «Fire & Ashes» (2015) avec des titres comme, dans le désordre, «Little Red Relish», «Unembraced», «Nightfall», «Dreamkeeper», «The Undiscovered Land», «Stardust», «Ravenheart» (version 2015) et «Voyage of the Fallen». Figurent également au programme quelques morceaux de l’album «Neverworld’s End» (2012) comme «Cursed», «Valentine», «Blood on My Hands», «Forevermore» et «Call of the Wind».

Sur scène, le groupe affiche une belle homogénéité avec aux guitares Philip Restemeier et Marco Heubaum, à la batterie le nonchalant géant Gerit Lamm et à la basse le fantasque et toujours imprévisible Steven Wussow. Mélange de sons et influences celtiques, de riffs de métal, de chœurs épiques et de voix lyriques, la musique de Xandria a un côté Nightwish très plaisant, mais en plus insouciant. Ici aussi, la machine est parfaitement rôdée et Dianne sait user de sa voix et de son charme pour galvaniser le public. Xandria n’aura pas déçu son public venu nombreux.


La charmante Dianne est coiffée d’une tiare ornée de pointes qui n’est pas sans rappeler… la statue de la liberté. Sur le plan vocal, je trouve que la voix de Dianne a gagné en maturité. Là où la technique avait tendance à l’emporter, c’est maintenant la chaleur et les sentiments qui l’emportent. La technique est toujours présente, mais à l’arrière-plan. Marco et Philip s’en donnent à cœur joie à la guitare, notamment à l’occasion des solos qui ponctuent les morceaux. À la basse, Steven bouge énormément et assure le spectacle en n’hésitant pas à prendre les poses les plus improbables. Quant à Gerit, il donne une impression de nonchalance qui masque le travail phénoménal qu’il accomplit à la batterie. À les voir sur cette scène, je me dis qu’ils ont vraiment trouvé leur configuration optimale. Leur succès grandissant sur les réseaux sociaux et sur les scènes du monde entier ne fait que confirmer mon impression.

À la fin de cette soirée, je me réjouis à l’idée de pouvoir assister à une seconde Symphonic Metal Night, au Biebob cette fois. Mais ça, c’est une autre histoire…

Photos © 2016 Hugues Timmermans

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