Le St Patrick’s Day de Sivert Hoyem au Bota

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Cette année, le 17 mars a pris une coloration norvégienne au Bota. Le Viking Sivert Hoyem est en effet venu y défendre “Lioness”, son nouvel album, à un public fidèle malgré de trop rares apparitions dans notre pays. Prévu à l’origine à la Rotonde, c’est finalement dans une Orangerie généreusement garnie que l’événement a eu lieu. Introduite par son compatriote Jonas Alaska, un troubadour simplement armé d’une guitare acoustique et d’un harmonica, la soirée prendra gentiment son envol. Sa douce voix transporte ses comptines tristounettes par moments dépressives mais jamais barbantes grâce à un humour pince-sans-rire qu’il maîtrise au moins aussi bien que sa six cordes (le délirant “Swine Flu Blues”).

On pense à un mélange entre Bob Dylan et un Jack White qui aurait embrassé une carrière folk en se réservant quelques moments uptempo qui font la différence. Pas étonnant qu’il soit une star dans son pays natal après avoir fait ses premières armes du côté de Liverpool.

La dernière fois que Sivert Hoyem a joué au Bota, c’était en 2010 et le public était essentiellement composé de fans de Madrugada. L’ex-chanteur du célèbre groupe norvégien venait de sortir Moon Landing, la plaque qui a définitivement lancé sa carrière solo. Depuis, de l’eau a transité par les fjords et trois albums ont été publiés, dont le tout récent “Lioness” qui, comme ses prédécesseurs, a atteint la première position des charts locaux.

C’est avec l’excellente plage titulaire de ce nouvel album que les choses se mettront en place et on retrouvera instantanément le contraste entre la physionomie rachitique du chanteur chauve et sa voix caverneuse. Il se produit avec une douze cordes qui complémente l’instrument de son excellent guitariste barbu et négligé avant que le claviériste au look gothique n’en attrape une aussi pour un nerveux “Black & Blue”. Il n’aura pas fallu deux titres pour que le groupe complété par un bassiste et un batteur ne tourne déjà à plein régime.

Et ils ne comptaient pas ralentir le tempo puisqu’un “Empty House” musclé enchaîné à un “Lost At Sea” du même acabit allaient déjà faire tanguer l’Orangerie. L’énergie dégagée par le combo fait en effet plaisir à voir. Celle-ci allait toutefois faire place à une certaine nostalgie sentimentale lorsque retentira l’intro du premier titre de Madrugada joué ce soir, “What’s On Your Mind” à la succulente guitare slide et au clavier entêtant.

Le déchirant “Honey Bee”, un peu plus tard, sera dans la même veine alors que dans le public, le moment est presqu’au recueillement. Et pour cause, il s’agit de deux extraits du dernier album du groupe, celui auquel le guitariste Robert Buras avait participé avant de disparaître. Le quart d’heure émotionnel se terminera avec “Prisoner Of The Road”, un titre que Sivert a composé en 2010 ayant pour thème les réfugiés politiques qu’il interprétera seul dans une ambiance menaçante. Six ans plus tard, la transposition est facile à établir et plus que jamais d’actualité…

Les choses reprendront une tournure plus légère dès l’entame de la seconde partie du set. Un “Into The Sea” bien en verve redonnera des couleurs aux spectateurs alors qu’un impeccable “V-O-I-D” ne sera que le deuxième extrait de “Lioness”. Si on peut lui faire un reproche ce soir, c’est bien celui-là. Il a été un rien trop avare en nouvelles compositions alors que celles-ci tiennent la route, comme le démontreront un inquiétant “The Boss Bossa Nova” (aux jeux de lumière en contrejour) et le single “Sleepwalking Man” en guise de dernier titre délicat du set principal.

Entre-temps, on vibrera encore sur un délicieusement sinistre “Görlitzer Park” et un “Give It A Whirl” aux guitares prépondérantes, le tout devant un rideau de velours bordeaux parfaitement adapté à l’environnement feutré dicté par la voix du chanteur. Les rappels, quant à eux, débuteront par deux ultimes titres de Madrugada, “Electric”, pendant lequel le groupe sera littéralement pris dans son trip suivi d’un excellent “The Kids Are On High Street”. Une version rock speedée de “Moon Landing” terminera le set sur une note positive avant que les musiciens ne saluent le public au son du “Broken Flag” de Patti Smith sous un déluge d’applaudissements parfaitement mérités. La fête pouvait continuer dans les pubs irlandais de la capitale…

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