Jennylee, une Warpaint en solo à la Rotonde

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Affluence des grands soirs ce mercredi 6 avril au Bota où les vétérans de Nada Surf venaient présenter leur nouvel album à l’Orangerie alors qu’un peu plus loin, dans l’intimité de la Rotonde, Jennylee, la bassiste de Warpaint, donnait vie à son projet solo. C’est vers cette dernière que notre choix s’est porté, et pas seulement parce que sa coiffure est définitivement plus sexy que les dreadlocks de Daniel Lorca (celui des New Yorkais que l’on a croisé au bar juste avant le concert). D’ailleurs, en parlant de coiffure, celle de Lawrence Rothman, l’artiste chargé d’assurer la première partie, ressemblait furieusement à une perruque, quelque part entre Andy Warhol et Bernie Ecclestone, lunettes comprises.

Mais ce n’est pas tout. Son accoutrement ample, ses mocassins et son air pince-sans-rire ne pouvaient qu’attirer la moquerie. En tout cas jusqu’à ce qu’il se mette à chanter… Son timbre de voix très soul et langoureux impose en effet le respect et les beats groovants distillés par un type derrière une console un peu plus loin lui convient à merveille alors qu’à sa droite, une choriste arrondit les angles avec beaucoup de délicatesse. Ses compositions lorgnent du côté d’une pop loin d’être manufacturée, intelligente, oserons-nous même affirmer, même si le final électro va renvoyer vers les grosses machines actuelles du genre (Rudimental, AlunaGeorge). Il est ensuite reparti comme il est arrivé, sans décocher le moindre sourire…

Après deux albums avec Warpaint et profitant d’un break au terme de la tournée mondiale du groupe, Jenny Lee Lindberg a estimé qu’il était opportun de se changer les idées en enregistrant un disque en solo sous le nom de Jennylee. “Right On!” est sorti en toute fin d’année dernière chez Rough Trade. Après une date à Londres la veille, c’est au Bota qu’elle entamait sa tournée européenne.

La belle est apparue sur scène vêtue d’un survêtement (très réussi, ceci dit) emprunté au stand merchandising et a empoigné sa basse pour “Blind”, le titre d’intro, qu’elle interprètera timidement. Mis à part les rappels, il s’agira du seul moment pendant lequel elle jouera de son instrument de prédilection, laissant le grand gaillard à sa gauche le soin de claquer les quatre cordes d’une manière particulièrement efficace (sur “Long Lonely Winter”, c’était du grand art).

Derrière elle, un batteur complet, très pro, qui utilise son kit à son maximum en injectant des variations qui mènent les compositions vers des chemins parfois sinueux tout en gardant une ligne directrice claire (“Boom Boom”, “Bully”). Finalement, seul le guitariste reste quelque peu en retrait, bien que son instrument soit essentiel au son très sombre de titres comme “Never” et “White Devil”, par exemple.

Et Jenny, dans tout ça ? Une fois son survêtement retiré, on verra apparaître une sorte de romanichelle à la longue robe débraillée qui vit son concert, certes (elle va même jusqu’à se rouler par terre par moments) mais dont la voix montre ses limites. Trop souvent monocorde , elle handicape des compositions qui ne marquent pas non plus un énorme fossé avec celles de Warpaint. On ira même jusqu’à penser que les titres les plus transcendants sortent du lot grâce à la dextérité de ses trois musiciens. Il n’y a pas à dire, artistiquement, elle sait s’entourer…

Le set principal se clôturera au terme d’un plaintif “Real Life” qu’elle interprétera en partie à genoux sur le devant de la scène. Le groupe reviendra pour des rappels destinés à faire plaisir au public puisque ce sont deux titres de Warpaint qui seront joués (“CC” et “Disco//Very”) pour lesquels elle reprendra son instrument, contraignant le bassiste au chômage technique durant de longues minutes pendant lesquelles il a dû se demander s’il n’aurait pas mieux fait de rester boire des bières backstage. De notre côté, on aura la confirmation que le projet solo de Jennylee doit encore beaucoup (trop) à son groupe principal.

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