Get Well Soon au Bota : es ist Liebe !

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Après les annulations successives de DIIV et de Mystery Jets, le Bota a repris vie ce mardi 12 avril par l’entremise des teutons de Get Well Soon qui sont venus y présenter leur dernier album, “Love”. L’occasion de replonger dans l’univers enchanté de Konstantin Gropper

Il s’agit ce soir du premier concert officiel de Doomhound, le groupe choisi par ses soins pour assurer la première partie. C’est en tout cas ce qu’affirmera Philip Hülsenbeck, le chanteur bidouilleur guitariste au milieu d’une prestation entamée en duo avec le batteur Fritz Bruckner. Au vu de leur popularité sur Facebook (218 likes au moment d’écrire ces lignes), on est prêts à le croire. Mais leur aisance et leur complicité nous feront tout de même douter quelque peu.

Cela s’explique toutefois par le fait que le premier nommé s’octroie un break hors de son groupe principal (Sizarr) au sein duquel il a déjà collaboré avec le second. Pas étonnant que leurs compositions somme toute complexes et sinueuses (quatre morceaux en trente minutes) soient aussi bien maîtrisées. On pense à un mélange entre les Maccabees (la voix et la vibe pop travaillée) et Yeasayer qui auraient mémorisé les rebonds expérimentaux de Battles. Un baptême du feu parfaitement réussi pour ces natifs de Leipzig…

Bien que le dernier album officiel de Get Well Soon (“The Scarlet Beast O’Seven Heads”) date déjà de 2012, Konstantin Gropper n’a pas chômé pendant ces quatre dernières années. Prolifique, il a notamment publié simultanément pas moins de trois EPs en 2014 et enregistré suffisamment de morceaux pour sortir sa quatrième plaque, “Love”, accompagnée d’un EP inédit (“Born With Too Much Love”). Ce dernier accompagne la version Deluxe de l’album dans un élégant box comprenant également des cartes illustrant chacun de ses onze extraits.

Au terme d’une intro parsemée de voix et de sons inspirés d’une BO de film des années 70, le groupe au grand complet s’est lancé dans le bain devant les quatre lettres que composent le titre de l’album. Celles-ci, immenses et de couleur rouge, finiront par s’illuminer et ainsi donner une atmosphère cosy à l’excellent “It’s Love”. On est ravis de retrouver le Berlinois et sa voix caverneuse proche de celle de Jarvis Cocker ainsi que son sens inné de la mélodie dont le récent et impeccable “Eulogy” sera une nouvelle démonstration dans la foulée.

Pour le moment, sa guitare est secondée par la douze cordes du multi instrumentiste qui se trouve à son extrême droite. La dextérité de celui-ci va rejaillir sur l’ensemble de la prestation, au point d’en faire un élément incontournable du groupe (guitare entêtante sur un “Marienbad” presque noisy), trompette (“Roland, I Feel You”), claviers (“The Last Days Of Rome”). Ce type-là sait tout faire… Parmi les quatre autres musiciens, pointons Verena Gropper, la sœur de Konstantin, dont le violon nous donnera des frissons (“Mail From Heidegger”, “Good Friday”) à défaut de laisser notre esprit vagabonder vers d’utopiques fantasmes germaniques…

Sur son dernier album, l’ami Konstantin n’a pas oublié de composer des titres imparables qui flirtent avec les limites de la pop dont “It’s A Catalogue” et “Young Count Falls For Nurse” sont sans doute les plus colorés de sa discographie, au même titre que le très eighties “Too Much Love”, qu’il verrait bien comme un tube de l’été. Sur scène, en tout cas, ils tapent dans le mille, surtout qu’ils se marient parfaitement avec les orchestrations travaillées qui sont sa marque de fabrique.

Et que dire de cette surprenante cover du “Careless Whisper” de George Michael, personnelle tout en restant instantanément reconnaissable, à laquelle sera enchaînée un “Angry Young Man” particulièrement enlevé. Si le bien nommé “It’s A Mess” prolongera l’euphorie, on aurait plutôt vu un autre titre qu’un “It’s A Fog” à deux vitesse pour terminer le set principal. L’occasion de se demander la raison pour laquelle plus de la moitié des titres de “Love” sont précédés de la forme It’s

Konstantin entamera les rappels seul à la guitare acoustique pour un ultime titre de “Love”, le délicat “33”. Au final, il en aura joué la quasi-totalité, preuve supplémentaire de la confiance qui l’habite actuellement. “You Cannot Cast The Demons (You Might As Well Dance)”, franchement axé sur les percussions, verra ensuite le groupe tout entier prendre son pied.

Le second rappel fera lui la part belle aux débuts du groupe avec “Red Nose Day” en crescendo suivi d’un “Christmas In Adventure Parks” tout simplement parfait. Une prestation audacieuse qui apportera sérénité et plénitude à une assistance conquise. It’s love… definitely !

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