Star Night Fever – Forest National – 14 mars 2003

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“Dis Yann, j’ai gagné 2 places pour la soirée spéciale années 80 à Forest National. Tu as déjà quelque chose de prévu ?” Que j’aime entendre de telles propositions ! D’autant plus lorsqu’elles émanent de la voisine d’en face. De toute manière, une invitation à un concert, voilà typiquement le genre de choses que
je ne refuserai jamais ! Quels que soient les artistes à applaudir, d’ailleurs.

En fait, c’est le tout qui est irrésistible. Un processus que l’on retrouve avec joie régulièrement. A vrai dire, ça commence dès le matin. Lorsqu’au réveil, l’on sait déjà que le traditionnel métro-boulot-dodo sera à nouveau bafoué ! Et le plus souvent à juste titre. Et c’est la journée toute entière qui apparaît alors embellie et qui passe à la vitesse de la lumière. Après le turbin, juste le temps de rentrer chez soi, vaquer à quelques occupations, et hops, c’est reparti pour un tour. En voiture, en métro, en bus, en tram, comme vous voulez, mais rien que le trajet est déjà un plaisir. La fatigue de la journée se fait entendre plus que de raison, les yeux commencent à tomber, et pourtant pour la xème fois, on a répondu à l’appel. Envers et contre tous !

Le regain d’énergie arrive souvent dès l’approche de la salle. Dès qu’on croise les premiers vendeurs de tickets au noir en fait. Et que les folders publicitaires commencent à s’accumuler
dans nos poches. Sans parler du brouhaha d’avant-concerts qui, bizarrement, me confirme que j’ai bien fait de venir. De venir aussi. Comme toi, comme lui, comme elle, comme vous.

Pour être franc, ce soir, il ne faut s’attendre au concert du siècle. Surtout pas ! Nous y allons par simple distraction. Pour s’amuser. Pour rigoler (pas “de” mais bien “en compagnie de” !). Et croyez-moi, il y a eu de la matière. Ah, ça oui !

Rien que l’intitulé de la soirée… “Star Night Fever”… tout un programme ! Avec les présences dites exceptionnelles de starlettes des années 80 : Opus, Eruption, Jimmy Sommerville, Kim Wilde et ABC. Une mouvance, une scène, un son, des attitudes qui ne m’ont jamais touché en fait. Ni à l’époque, ni – tu m’étonnes – aujourd’hui. C’est donc avec un oeil suspicieux, mais néanmoins curieux et amusé que j’allais assister à ce qui suit.

Déjà, à peine arrivé, on est frappé par le vide de la salle ! Quelques centaines de personnes à tout casser. Dans Forest National quand même, hein ! Mais 5 minutes avant le début des hostilités, les gradins se sont subitement remplis. Les différents drinks organisés venaient sans doute de se terminer. Parce qu’il s’agit en fait bien de cela. A mon avis, 3 personnes sur 4 étaient invitées. Par les sponsors, les médias, le boulot… Le contraire m’eut étonné. Organiser ce genre de soirées en comptant exclusivement sur des préventes à 36 euros la place eut été grotesque. Quand les costards-cravates s’en mêlent, ça change tout.

Sauf que ça reste néanmoins grotesque… Tout a commencé à l’heure avec un groupe (du coin ?) et 2 reprises passe-partout pour donner le ton de la soirée : “we are family” de Sister Sledge et “celebration” de Kool & The Gang. Et sérieusement, on se croirait à la kermesse du quartier. L’ambiance est funky, mais où est passé le fameux groove ? Où ? OU ??

A peine le temps de se poser la question, que c’est déjà fini. Mais on n’a encore rien vu ! Les chanteurs rejoignent les coulisses, mais les musiciens restent en place… Et c’est là que la lumière vînt. Les groupes à l’affiche allaient se partager le même backing band…

Assez camélélon le band d’ailleurs. Assez en tout cas pour accompagner Opus… ou plutôt le chanteur d’Opus. Venu interpréter à qui veut l’entendre le “life is life”. On se surprend à lui donner la réplique par “nanananana”… mais c’est d’un kitsch ! Rarement vu un truc pareil… Sauf à l’Eurovision. Le gars, lunettes de star, manteau de cuir, un look. Mais où est passée la conviction d’alors ? Où ? OU ?

Evidemment, avec des sets de 10 minutes, c’est clichés à go-go. Pas le temps de voir autre chose que ce qui nous saute aux yeux. Mais je crois que, justement, pour ces artistes, la brieveté de leurs prestations est la meilleure chose qu’on puisse leur offrir. Ne tiendraient pas la route sur la longueur. Sauf exceptions.

Qu’il n’y aura pas encore lors du passage des Anglais Eruption. Auteurs d’un hit en ’78, “I can’t stand the rain”. Leur version disco avait fait mouche(tte…) à l’époque. Grand bien leur fasse… mais aujourd’hui, leur chanteuse Precious Wilson a beau sauter dans tous les sens, mettre le public dans sa poche de façon énergique, ça n’en reste pas moins déplorable. Nullissime. Rendez-nous Ann Peebles et tout se passera bien.

Pourtant, les spectateurs ont l’air d’apprécier. Etrange. Peut-être les sonorités dansantes, funky, disco, suffisent-elles ? Who knows. A moins que ce soient les mêmes qui vont s’extasier ces jours-ci sur Chantal Goya ou Bernard Minet en boîte ? “Ca te rappelle pas ta jeunesse, ‘spèce de rabat-joie ?” Et bien, à vrai dire, non… ou en tout cas pas au point de m’emballer à l’idée de réentendre cela aujourd’hui. Par les mêmes couillons.

Et puis évoquons aussi ces légers intermèdes entre les groupes… Ce cascadeur au plafond qui balançait des t-shirts avec les logos des sponsors… Waow. Super. Cool. Et si la chance nous sourit, on peut même gagner un accès backstage pour serrer la pince de Kim Wilde. Quel privilège.

Alors que l’indigestion se faisait de plus en plus pesante, un grand bol d’air frais est venu sauver le soirée. Apporté par Jimmy Sommerville. Au contraire des 3 précédents, lui a droit à une petite demi-heure. Et franchement, il aurait bien
mérité le double. Tellement son set a tranché avec le reste. Cinq ou six titres puisés dans ses hits. Petit best of donc, offert d’une façon très humble. Il ne se prend pas au sérieux, lui.

Il est décontracté, sautille, chante avec sa voix que l’on connaît par coeur. Aucune ombre à signaler ! Là, l’ambiance générale a vraiment atteint son comble. La salle était transformée en boîte géante. Une rave disco pour gens hypes ?
… euh… si on veut, oui…. En tout cas, quel plaisir d’entendre tout ça ! “small town boy”, “don’t leave me this way”, “never can say goodbye”, “why” (…cette basse infernale !!), “you are my world”… vraiment, Jimmy Sommerville est au sommet de sa forme (depuis toujours ?). C’est réjouissant.

Et en même temps, c’est cruel pour ses collègues… La pauvre Kim Wilde qui passait après cette petite tornade ! Elle est venue avec ses musiciens à elle en plus. Et bien… mon dieu, que ça sonnait atrocement ! Tout le monde attendait “kids in America”. On l’a eu mais… il a fallu se taper tous les autres avant. Pas facile, tous les jours… Un son daté. Un look dans la même veine. Oh et puis stop ! Ca me fait penser à tous ceux qui vont saliver au salon de l’érotisme… Que c’est triste tout ça…. Elle se sent presque obligée en plus de dire que maintenant, elle est mariée et a 2 enfants. Bien, oui, ça, c’est la vraie vie. Par contre, ce soir.. Y avait même parfois des notes sorties de je ne sais où. Jouaient-ils sur une bande ? Pourtant, Kim Wilde à l’Eden de Charleroi (véridique, même si ça paraît cliché…) au milieu des années 90, on en garde un excellent souvenir… Mais aujourd’hui, il y a comme qui dirait quelque chose qui cloche. Elle nous présente son petit frère à la guitare. Il est son producteur aussi. Que c’est moche de le dénoncer ainsi !

ABC clôturait cette soirée 5 étoiles (en dessous de zéro). J’ai sans aucun doute raté un concert exceptionnel… mais je suis parti à ce moment-là.

Ce qui m’a interpellé, c’est quand même cette image de groupes qui tournent, de galas en galas… (parce qu’il s’agit surtout de galas pour eux), mais qui vivent (vivotent ?) depuis des années grâce à 1 ou 2 hits. Rien de plus. Un peu comme si chez eux passé = présent = futur.

Tu vas me dire “Macca inclut 22 chansons des Beatles dans sa setlist 2002/2003 et là, ça ne te choque pas ?!?!”…. Bien, non, va savoir pourquoi…

“on se prenait pour des requins de studios, mais on n’était que des sardines de bistrot” Jean-Luc Fonck, Sttellla, ‘années 80’

Star Night Fever – Bruxelles – 14 mars 2003

Yann

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