Sophia en toute puissance à la Rotonde

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Robin Proper-Sheppard, la cheville ouvrière de Sophia, voulait un endroit intime afin d’y célébrer son grand retour sur les planches. Avec l’aide de ses fans, il a choisi la Rotonde du Botanique où, ce mardi 26 avril, il a donné vie à “As We Make Our Way (Unknown Harbours)”, son excellent nouvel album.

Seulement annoncée la veille, la première partie a finalement été confiée à Few Bits, le projet de l’élégante blonde Karolien Van Ransbeeck qui vient de sortir sa deuxième plaque, “Big Sparks”, chez [PIAS]. Si sa délicate voix accompagne à merveille des arrangements classiques à la guitare acoustique, ses compositions prendront une direction nettement plus intéressante lorsque ses deux compagnons de virée viendront la rejoindre sur scène.

La seconde partie de set sera dès lors davantage nuancée par des sonorités propres aux guitares de chacun d’entre eux, mais toujours en retenue. L’occasion de laisser notre esprit vagabonder en admirant l’immense squelette d’un animal préhistorique étrange, issu de l’imagination de Vincent Glowinski, suspendu sous le toit de la Rotonde.

Une Rotonde qui, comme vous vous en doutez, aura mis peu de temps avant d’afficher complet. Il est vrai que le teaser était alléchant. Robin Proper-Sheppard de retour avec un nouvel album de Sophia (sept ans se sont écoulés depuis “There Are No Goodbyes” mais surtout accompagné d’un vrai groupe. Il est vrai qu’on l’a vu régulièrement ces dernières années (Shamrock, Orangerie, Archiduc,…) mais il se produisait généralement seul avec sa guitare.

La dernière fois qu’on l’a vu dans cette configuration dépouillée, c’était le 14 avril dernier dans les locaux de [PIAS] pour la présentation officielle de son nouvel album (le sixième), “As We Make Our Way (Unknown Harbours)”. Sous un lampadaire, assis sur une chaise et sans amplification, il a longtemps disserté sur la genèse de ce nouveau disque tout en ouvrant son cœur fragile sur mille autres petites choses. Mais il a surtout joué quelques titres en précisant qu’avec ses nouveaux musiciens, les parties nerveuses le seraient encore plus et les parties plus calmes seraient à tomber. Bref, on se réjouissait de juger sur pièces.

Il ne faudra pas longtemps pour se rendre compte qu’il avait tout à fait raison. À peine l’intro (“Unknown Harbours”, pendant laquelle le groupe est monté sur scène) terminée que les premiers riffs de guitare de “Resisting” allaient nous clouer sur place. Très concentré, il est déjà absorbé par une prestation qui va se révéler intense. Une prestation qui se divisera en deux parties bien distinctes (trois si l’on prend les rappels en ligne de compte).

Lui et ses fougueux musiciens (de jeunes loups très en verve) vont d’abord jouer l’intégralité du nouvel album, dans l’ordre chronologique des plages, avec des moments particulièrement forts. Le bonhomme n’a en effet rien perdu de sa faculté de composer des titres émotionnellement chargés (“The Drifter”, “Blame”) aux textes forts (“Baby, Hold On” pour sa fille Hope qui a désormais… 19 ans, “Don’t Ask”). Parfois, on a l’impression qu’un éclair euphorique s’invite subrepticement (“California”) mais il s’agit heureusement d’une fausse alerte. Quant au traitement live de “The Hustle” et “You Say It’s Alright”, il montre combien le groupe a envie (besoin ?) de se lâcher.

Contrairement à ses habitudes, le bonhomme, généralement si prolixe, ne va piper mot, remerciant à peine le public entre les morceaux. Ceci dit, son attitude va radicalement changer lors de la deuxième partie du set, juste après un “It’s Easy To Be Lonely” retravaillé pour l’occasion (un titre qu’il avait présenté en 2014 lors de son dernier passage à l’Orangerie). Un peu comme s’il était soulagé que l’examen de passage du nouvel album se soit parfaitement déroulé, il va redevenir le Robin que l’on connaît, spontané, drôle et toujours aussi écorché.

C’est alors que l’on va réellement se rendre compte de la plus-value de son nouveau groupe, prêt à en découdre face à une assemblée composée des plus grands fans belges de Sophia. Un flippant “Bad Man” aux parties prenantes va ainsi définitivement lancer une machine que l’on n’arrêtera plus. Une relecture des classiques que sont “So Slow” et “If Only” tissera ensuite une passerelle vers une fin de set démentielle.

Pas moins de trois guitares seront en effet régulièrement en action, notamment pour un triptyque extrait de “People Are Like Seasons”, l’album de 2004. Tiens, 2004, c’est de cette année que date notre dernier souvenir d’une prestation de Sophia aussi enlevée (à l’Orangerie, notamment). Le hit “Oh My Love”, bien entendu, mais aussi un “Desert Song No.2” parfaitement construit ainsi qu’un impressionnant “Darkness (Another Shade In Your Black)” que l’on a redécouvert plein de rage. Quant à l’interprétation de “The River Song”, elle se soldera par une corde de guitare cassée (un classique)…

Pas encore rassasié, le groupe reviendra sur scène pour deux titres supplémentaires non mentionnés sur la set-list, plus calmes (encore que…), “I Left You” et “Birds”, qui vont aider les spectateurs à retrouver une apparence normale. On a retrouvé notre Sophia et c’est une excellente nouvelle.

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