Nuits du Bota 2016 : Coco meets Rosie

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Il est 19h30 quand Benoît Lizen fait son entrée sur la grande scène d’un Cirque Royal déjà bien rempli, toujours habillé de sa marinière et de son sourire timide, presque gêné d’être là. Le garçon a fait du chemin depuis sa première apparition au botanique en 2013, en première partie de Valerie June. Preuve en est, il est accompagné ce soir du Mons Orchestra (un trombone, une trompette, une batterie et un sousaphone) sur quelques-uns de ses morceaux, donnant des couleurs de fanfare à la folk chaleureuse du garçon. Les Nuits Botanique sont toujours l’occasion de découvrir de nouveaux artistes et il ne faut pas longtemps au public du soir pour entrer dans l’ambiance offerte par le Liégeois. Quand résonnent les premières voyelles de Galionka, la langue que Benoît a inventé pour ses compositions, l’atmosphère se charge immédiatement de calme et de concentration, canalisée par la générosité du chanteur qui passe avec lenteur de sa boîte à musique faîte maison (“Ano Gwelana”) à sa guitare acoustique (“Anisora”). Pendant quarante minutes, ce biologiste, chercheur pour l’UCL va nous proposer un voyage onirique au cœur des circonvolutions de son imagination, dont on ne peut sortir indemne.

Après une attente qui nous a paru interminable, les deux sœurs Casady foulent enfin la grande scène accompagnées d’un trompétiste/claviériste et de Tez au beat box. Le groupe est en tournée pour présenter “Heartache City”, leur dernier album sorti le 16 octobre.

C’est la voix de Sierra qui se fait entendre la première, haut perchée elle résonne majestueusement dans la rotonde du cirque, rebondissant sur les murs et transperçant les âmes dès l’ouverture du set avec “Heartache City”. L’émotion est immédiate, écrasante, et quand la voix enfantine de Bianca s’élève à son tour entourée des percussions toutes réalisées par Tez, on retombe sur terre avec force. Le rap de Bianca, soufflé les lèvres pincées donne une puissance toute nouvelle aux titres qui s’enchaînent. “Tim Tina”, “Un Beso”, “Lucky Clover”, tous portent cette ambivalence entre ciel et terre, entre la blonde et la brune. Cette dualité est symbolisée par les costumes des deux sœurs : à gauche Sierra, blonde en robe et ballerines, sorte de Raiponce grunge à la voix biblique ; à droite Bianca, brune à dreadlocks et casquette 9fifty.

Les bons lives ont en commun de rendre uniques les performances des artistes. On vit un moment que l’on sait fugitif et éphémère ; alors on espère que l’instant dure. Ça tombe bien, le concert va continuer près d’une heure et demie autour des titres les plus récents des deux sœurs (“End Of Time”, “Big And Black”), entre piano, harpe et leur console de jeux pour enfants.

Après plus d’une heure d’émotions fortes, le set prend fin sur une danse de Sierra transcendée -et accompagnée d’un invité tout droit sorti de la fosse- portée par les cris d’un public charmé.

Mercredi soir, c’est au Cirque Royal qu’il fallait être.

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