Deap Vally, des nanas qui en ont sous la ceinture…

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Malgré l’épée de Damoclès qui pend actuellement au-dessus de la tête du VK, la programmation de rentrée de la salle bruxelloise a de quoi faire des envieux. Par exemple avec les nanas de Deap Vally qui étaient de passage ce vendredi 23 septembre pour y présenter “Femejism”, leur deuxième album.

La première partie avait été confiée aux locaux de A Supernaut, trio nerveux aux influences à chercher quelque part entre stoner et classic rock (pas pour rien que leur nom s’inspire d’un titre de Black Sabbath). Emmenés par un chanteur chevelu au torse tatoué et au regard démoniaque dont la voix modulable convient parfaitement à leur univers vintage, ils semblent revenir (musicalement en tout cas) d’un voyage dans le temps analogique.

Précisons qu’il ne s’agit pas d’une tare tant la fougue rend leur set captivant. Sauf peut-être quand ils partent dans un délire prog metal interminable dont on ne retiendra que la voix du batteur alors qu’ils montaient en puissance. Car avant cela, les riffs cinglants, la basse omniprésente et surtout la rythmique carrée ont démontré que le rock ‘n’ roll faisait toujours autant fantasmer.

Les Californiennes de Deap Vally ont enfin sorti un successeur à “Sistrionix”, leur premier album de 2013. Il porte un titre tout aussi étrange mais à leur image, “Femejism”, dont elles ont assuré la production sous l’œil avisé de Nick Zinner, le guitariste des Yeah Yeah Yeahs. Le résultat donne un son un rien plus lisse mais une hargne toujours belle et bien mise en avant à l’instar du titre d’intro de la soirée, “Little Baby Beauty Queen”.

C’est qu’elles sont rebelles et elles ne s’en cachent pas, même si on pourrait pointer un paradoxe entre les pochettes colorées qui contrastent avec le contenu rugueux de leurs compositions. Et lorsque l’on se rend compte de la puissance dégagée, on a du mal à imaginer que ce sont deux nanas à l’accoutrement sexy seules sur scène : Lindsey Troy la brune au chant et à la guitare à gauche et Julie Edwards la blonde (aux reflets rosâtres) à la batterie du côté droit. Un énervé “Bad For My Body” et un brutal “Gonna Make My Own Money” vont conforter cette impression.

Après une poignée de concerts au Royaume-Uni, elles entament leur tournée sur le continent européen par Bruxelles et l’accent sera bien entendu mis sur les nouvelles compositions. Parmi celles-ci, on retiendra notamment le presque poppy “Bubble Baby” ainsi que le curieux mais intense “Smile More” caractérisé par des couplets mi chantés mi parlés auxquels succèdent un refrain d’une redoutable efficacité. Mais le meilleur extrait de la plaque est sans aucun doute “Julian” que des effets stroboscopiques vont sublimer. Coincé entre un crasseux “End Of The World” et un rugueux “Teenage Queen”, il s’agira à ne point douter du summum de la soirée.

“The hardest working woman in the business”. C’est ainsi que Julie annoncera la montée sur scène de Jess Roberts, une chanteuse et amie du duo rencontrée lors d’une tournée précédente. Elle va assurer les chœurs et manier du tambourin sur un rêche “Raw Material” et sur “All Night”, une improbable cover de… Beyoncé. Pendant ce temps-là, Lindsey en était déjà à sa troisième bière chipée à un spectateur…

En parlant du public, celui-ci sera particulièrement enthousiaste et réceptif, ce qui aura pour effet de doper la fin du set principal qui, outre un bien couillu “Lies”, va se clôturer avec ce qu’elle ont de plus langoureux à proposer (à l’exception de leurs déhanchés), “Heart Is An Animal”, la plage qui referme également “Femejism”.

Les rappels feront grimper la température d’un cran via les incandescents “Baby I Call Hell” et “Walk Of Shame” alors que le tout aussi chaud “Royal Jelly” invitera tout un chacun à aller saluer la paire qui répondra inlassablement aux multiples (et parfois saugrenues) demandes des spectateurs derrière un stand merchandising qui sera littéralement dévalisé. Ou quand la façade rock ‘n’ roll fait place à la sensibilité féminine…

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