Epica Metal Fest 2: retour sur un festival à découvrir de toute urgence!

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Samedi 1er octobre. Ma patience est mise à rude épreuve par les bouchons rencontrés sur la route de Tilburg où je me rends pour assister à la deuxième édition du Epic Metal Fest organisé par le groupe Epica qui profitera d’ailleurs de l’occasion pour faire découvrir au grand public son tout nouvel album intitulé
«The Holographic Principle»
. Après avoir réglé les formalités d’entrée et récupéré mon pass photo, me voilà enfin dans la place. Malheureusement, au moment où j’atteins enfin la petite salle, le groupe
Off The Cross
est en train de terminer son set.


Un peu dépité par ce léger contretemps, je prends place dans la grande salle pour assister à la prestation très attendue de
Myrath
et son métal tunisien que l’on avait pu apprécier en première partie de Symphony X en mars dernier. Si vous avez écouté l’album «Legacy» (sorti en février 2016), vous aurez remarqué que le groupe est en pleine ascension, ce qu’il confirme encore ce samedi. Six titres («Believer», «Get Your Freedom Back», «Storm of Lies», «Nobody’s Lives», «Merciless Times» et «Beyond the Stars») vont permettre aux festivaliers de découvrir un power métal mâtiné d’éléments orientalisants, un chanteur d’exception en la personne du charismatique Zaher Zorgatti et des musiciens de très haut niveau (Malek Ben Arbia à la guitare, Anis Jouini à la basse, Elyes Bouchoucha aux claviers et Morgan Berthet aux fûts). Un des meilleurs sets de tout le festival. Dommage qu’un groupe d’une telle qualité n’ait pas pu décrocher un slot plus intéressant plus haut dans la programmation.


Lorsque les Tunisiens sortent de scène, je me dirige avec le reste du public vers la (très/trop) petite salle voisine pour aller découvrir un groupe amstellodamois dénommé For I Am King qui assure la promotion de son album «Daemons». Sur scène, une jeune femme plutôt sympathique qui balance un métal deathcore assez costaud dont je peine à percevoir la musicalité. Les amateurs de headbanging s’en donnent à cœur joie.

Personnellement, l’exigüité de la petite salle et l’agressivité du son m’incitent à prendre la poudre d’escampette pour aller me désaltérer en buvant une petite mousse bien fraîche. N’ayant pas grand-chose à vous dire sur cette formation qu’il m’a été difficile d’apprécier à sa juste valeur, je vous propose de découvrir leur nouveau clip, sorti une quinzaine de jour après le festival.


Retour dans la grande salle pour accueillir un grand groupe néerlandais :
Textures
. Composé de Daniël de Jongh (chant), Bart Hennephof et Joe Tal (guitare), Stef Broks (batterie), Remko Tielemans (basse) et Uri Dijk (synthés), le groupe originaire de Tilbourg a su créer son style particulier, mélange de métalcore, de death métal et de thrash métal, avec des accents prog et des sonorités de type ambient. Autant dire que ce sont de fins techniciens et ils n’auront d’ailleurs de cesse de le prouver tout au long des neuf morceaux interprétés ce samedi après-midi («Drive», «Regenesis», «New Horizons», «Shaping a Single Grain of Sand», «Illuminate the Trail», «Awake», «Timeless», «Singularity», «Laments of an Icarus»). Le public a l’air d’apprécier cette musique pourtant complexe. Rien d’étonnant donc à ce que le groupe Texture ait été choisi comme première partie pour la partie néerlandaise de la tournée de Bring Me The Horizon


Retour sur la petite scène qui met une fois encore des compatriotes à l’honneur. Une scène noyée dans le brouillard qu’éclaire insuffisamment un halo tantôt rouge tantôt bleu de lumière blafarde pour accueillir le groupe de speed/thrash métal
Evil Invaders
qui ne s’en laisse pas compter et rentre dans le tas comme une bande de Gaulois à l’assaut d’une légion romaine après avoir bu de la potion magique.

C’est puissant et ça décape bien. Le nouveau EP «In For The Kill» est sorti la veille. Pour vous faire une idée de ce à quoi ressemble leur musique, voici leur dernier clip en date, Raising Hell, sorti le 22 septembre et tiré du nouvel EP :


La grande scène accueille à présent un autre temps fort de cette deuxième édition avec l’avant-dernier show néerlandais du groupe
Stream Of Passion
qui cessera d’exister fin 2016, au terme de 11 années de carrière. Une des toutes dernières occasions donc de savourer le métal prog de la bande à Marcela Bovio qui a, pour l’occasion, sélectionné 9 titres parmi les plus représentatifs de son répertoire:
«Monster»
,
«A War of Our Own»
,
«The Curse»
,
«Collide»
,
«In the End»
,
«I Have a Right»
(cover de Sonata Arctica),
«Street Spirit»
(cover de Radiohead), This Endless Night et
«Haunted»
.

La deadline de décembre a beau approcher, elle n’enlève rien à l’enthousiasme et à la détermination des membres du groupe sur scène. Marcela Bovio (voix, violon), Johan van Stratum (basse), Martijn Peters (batterie), Jeffrey Revet (claviers), Eric Hazebroek (guitare) et Stephan Schultz (guitare) livrent une prestation de très haut niveau pour saluer le public qui les a suivis pendant plus de 10 ans et qui aura une occasion de les applaudir pour la toute dernière fois le 27 décembre prochain à Utrecht. Sans doute une des trois meilleures prestations de ce festival !


Encore sous le coup de la prestation extraordinaire de Stream, je me hâte vers la petite salle qui sera bien trop exiguë pour accueillir tous les fans du groupe The Agonist qui n’est pas venu juste pour faire tapisserie et qui compte bien envoyer du bois sur scène. Ici aussi, les festivaliers qui ont réussi à se faufiler dans la salle ont droit à une setlist énergique: «Danse Macabre», «Panophobia», «The Villain», «My Witness Your Victim», «The Wake», «The Tempest», «Follow the Crossed Line», «Ideomotor», «Thank You Pain» ainsi que «Gates of Horn and Ivory». Malheureusement, la foule est tellement dense et prise par la musique intense des Canadiens que je finis par renoncer, par manque d’air et d’excès de chaleur. C’est donc à contre-cœur que je me dégage pour aller me rafraîchir au bar dans la pièce voisine. Mais à en juger par les mines réjouies des festivaliers à la fin du set, j’ai l’intime conviction que Vicky Psarakis et ses musiciens Chris Kells (basse), Simon McKay (batterie) et Danny Marino et Pascal “Paco” Jobin (guitares) n’ont pas démérité, bien au contraire!


La grande scène accueille ensuite une formation transalpine devenue une véritable légende vivante du death métal à tendance classique. Je veux bien sûr parler de Fleshgod Apocalypse venu interpréter plusieurs extraits de leur album «King» sorti en février 2016. Ce groupe a ceci de particulier que presque tous les membres participent au chant: Tommaso Riccardi (voix & guitare), Paolo Rossi (voix & basse), Cristiano Trionfera (voix & guitare), Francesco Paoli (batterie, guitare & voix) et Francesco Ferrini (piano, orchestrations).

Par rapport à certains groupes qui ont joué plus tôt, on se rend compte que l’on a ici affaire à un groupe de très gros calibre et qui place la barre musicalement très haut. Au programme, «seulement» 10 morceaux (mais tous de belle longueur): «Marche Royale», «In Aeternum», «Gravity», «Pathfinder», «Cold as Perfection», «The Violation», «Prologue», «Epilogue», «The Fool», «The Forsaking». Malgré la qualité incontestable de la prestation des Italiens, je ne parviens pas à entrer vraiment dans leur musique. Peut-être à cause de l’effet festival. Mais je retenterai certainement l’expérience lors d’un prochain passage du groupe dans nos contrées, histoire de me forger une meilleure opinion.


Je quitte la grande salle avant la fin du set précédent parce que je veux à tout prix avoir une bonne place pour profiter du prochain groupe dans la petite salle. Ce groupe n’est autre que Mayan, l’autre groupe de Mark Jansen qui assurera donc un double service pour l’occasion. Sur scène, c’est une version légèrement modifiée de la formation qui entre en scène. Les parties vocales sont assurées par George Oosthoek (qui remplacera Mark Jansen également présent sur scène), Henning Basse et Marcela Bovio (qui remplace Laura Macri), tandis que du côté des musiciens, on retrouve Jack Driessen aux claviers, Frank Schiphorst (qui joue avec un pied dans le plâtre) et Jord Otto (qui remplace Merel Bechtold en tournée avec Delain) à la guitare, Roel Käller à la basse et Ariën van Weesenbeek aux fûts.

J’ignore si c’est le fait de m’être retrouvé dans les premiers rangs, mais ce concert de Mayan m’a complètement emporté comme une lame de fond. George Oosthoek assure la relève de Mark Jansen avec brio. Ledit Mark apparaît d’ailleurs aussi sur scène pour marquer la transition. Henning Basse est plus en forme que jamais et sort un chant clair d’une puissance et d’un charisme prodigieux. Marcela Bovio prête sa voix polymorphe aux lignes vocales féminines, avec une puissance inattendue venant d’une femme d’un aussi petit gabarit. Quant aux autres musiciens, ils donnent tout ce qu’ils ont avec délectation.

Le groupe est soudé et prend un plaisir évident à jouer et chanter ensemble et le public ne s’y trompe pas. La setlist est composée de titres issus des albums Quarterpast» (2011) et Antagonize» (2013). Ajoutez à cela une reprise d’Orphanage (ancien groupe de George Oosthoek) et vous avez le programme complet que je vous détaille ici: «Descry», «Devil in Disguise», «Burn Your Witches», «War on Terror», «Bloodline Forfeit», «Human Sacrifice», «Faceless Spies – National Security Extremism Part 2», «At the Mountains of Madness» et «Bite the Bullet». L’alchimie fonctionne parfaitement et Mayan livre la second des trois meilleures prestations du jour.


Avant-dernier locataire de la grande scène, le groupe suédois Katatonia vient assurer la promotion de son album «The Fall Of Hearts» avec des titres comme «Last Song Before the Fade», «Serein», «Old Heart Falls», mais aussi avec des titres extraits de ses 10 albums précédents, comme «Evidence», «Dead Letters», «Criminals», «Forsaker», «For My Demons», «Soil’s Song», «My Twin», «Lethean», «July». Après trois morceaux passés dans le pit à essayer de voir ce qui se passe sur scène tant les lumières étaient faibles, je suis passablement excédé par le côté littéralement trop «dark» du groupe et je vais me placer plus loin dans la salle dans l’espoir de distinguer un peu mieux Jonas Renkse (voix), Anders Nyström et Roger Öjersson (guitare), Niklas Sandin (basse) et Daniel Moilanen (batterie). M’interrogeant sur la plus-value que l’on peut retirer d’un concert si on ne distingue qu’à peine les protagonistes sur scène, je passe totalement à côté de ce show et de la prestation d’un groupe prestigieux qui compte pourtant parmi les plus grands. J’abandonne donc Katatonia à ses sombres démons pour me rendre une dernière fois dans la petite salle.

Le collectif The Ocean est un groupe de post-métal allemand originaire de Berlin et composé de Loïc Rossetti (chant), Robin Staps (guitare), Damian Murdoch (guitare), Mattias Hägerstrand (basse), Paul Seidel (batterie).

L’exiguïté de la petite salle et le style inhabituel de ce groupe ont tôt fait de m’inciter à descendre d’un étage pour me restaurer un peu afin d’être d’attaque pour le plat de résistance de la soirée.


Il ne faut en effet pas perdre de vue que le clou du spectacle, l’événement le plus attendu de la soirée est quand même le concert d’Epica dont le nouvel album
The Holographic Principle
est sorti la veille de cette deuxième édition du Epic Metal Fest. Contrairement à ce à quoi on aurait pu s’attendre pour une release party, le groupe néerlandais ne joue pas l’intégralité de son nouvel opus mais préfère proposer une setlist originale composée de nombreux nouveaux morceaux interprétés en live pour la toute première fois en alternance avec des titres anciens (dont certains n’avaient plus été joués depuis plusieurs années): «Eidola», «Edge of the Blade», «A Phantasmic Parade», «Storm the Sorrow», «Universal Death Squad», «Divide and Conquer», «Beyond the Matrix», «Seif al Din», «Façade of Reality», «Ascension – Dream State Armageddon», «Dancing in a Hurricane», «Unchain Utopia», «Design Your Universe». Simone et les siens offriront encore trois morceaux supplémentaires en rappel au public venu nombreux: «Fools of Damnation», «The Essence of Silence» et «Consign to Oblivion».


Outre le plaisir de découvrir les nouveaux morceaux d’Epica et de réentendre quelques grands classiques du groupe et même quelques morceaux plus rares, que peut-on retenir de ce concert? La qualité des lumières ainsi que des effets de lumière, fumée et pyrotechnie. Mark Jansen a vu les choses en grand et le spectacle est au rendez-vous. Sur scène, Simone Simons, Mark Jansen, Isaac Delahaye, Rob van der Loo, Coen Janssen et Ariën van Weesenbeek sont visiblement heureux de se retrouver devant le public néerlandais (et international) qui a répondu présent à l’appel massivement. Le plaisir de jouer ensemble et la bonne entente entre les protagonistes sautent aux yeux et font le bonheur du public qui ne manque pas une occasion d’accompagner Simone au chant. Le chant clair de Simone est complété par les grunts de Mark et d’Isaac, tandis que Coen a, pour sa part, trouvé un moyen astucieux d’équiper ses claviers d’un dispositif à roulettes qui lui permet de voyager d’un côté à l’autre de la scène. Le spectacle est total et la fête vraiment très réussie.

Ainsi s’achève une journée globalement très réussie et se referme la deuxième édition du Epic Metal Fest. Enfin pas tout à fait puisque ce festival se dédouble cette année, l’autre édition ayant eu lieu à Sao Paulo au Brésil le 15 octobre. Pour les fans, Epica sera de passage à l’AB le 1er février 2017 avec Powerwolf (co-headliner) et Beyond The Black (support).

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