Jake Bugg dicte sa loi à l’AB

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Après un début de carrière tonitruant, Jake Bugg a pris un peu de recul et est revenu cette année avec “On My One”, un troisième album introspectif, en tout cas dans la démarche. Il est venu le défendre dans une Ancienne Belgique pleine à craquer ce mardi 8 novembre. On pourrait presqu’ajouter qu’il s’agissait d’une double affiche puisque ses compatriotes de Blossoms qui assuraient la première partie sont en train de devenir la success story de 2016. Ils ont en effet été nominés dans le célèbre Sound Of… de la BBC en début d’année et leur premier album (produit par James Kelly, le leader de The Coral) a atteint la première place des charts britanniques à sa sortie au mois d’août.

À l’instar de The 1975 à qui ils sont régulièrement comparés, leurs compositions lorgnent franchement vers la pop (l’accent sur les synthés) sans pour autant tomber dans les travers formatés qui polluent la bande FM. Emmenés par Tom Ogden, un chanteur maigrichon à la longue chevelure soyeuse et à la voix proche de celle de Luke Pritchard (The Kooks), ils vont étaler leur dextérité sans pour autant dégager des tonnes d’émotion. Ceci dit, des titres comme “Blow” et “Deep Grass” prennent tout leur sens sur scène avec une direction nettement plus rugueuse et sombre qu’en studio tout en restant accessibles, comme leur hit “Charlemagne” viendra le confirmer en final.

Malgré son jeune âge (il a fêté ses 22 ans en février dernier), Jake Bugg fait déjà figure de vétéran de la scène indie made in UK. Le natif de Nottingham qui a osé défier (avec succès) les artistes manufacturés des émissions de télé-réalité (X-Factor en tête) via un style délicieusement désuet, a sorti en juin dernier son troisième album, “On My One”. Contrairement au précédent (“Shangri La” en 2013) qui avait été produit par… Rick Rubin, il a essentiellement travaillé seul, même si Jacknife Lee est venu lui filer un coup de main sur les titres les plus uptempo.

C’est toutefois seul qu’il est monté sur scène en se lançant dans l’autobiographique “On My One” devant un auditoire particulièrement attentif et respectueux. Un homme à la voix nasillarde et sa guitare magique qui vont imposer le respect, d’autant que le son limpide va avantageusement mettre en exergue le très America “The Love We’re Hoping For” et le troublant “Simple As This”.

Son groupe composé d’un batteur, d’un bassiste et d’un claviériste va ensuite le rejoindre et envoyer la sauce au travers d’un excellent “Two Fingers”, premier hymne de la soirée. Bien que volontairement mis en retrait (en fin de set, il lancera même : “This is my band, I’m Jake Bugg”), les trois musiciens vont élever le niveau et faire du récent “Bitter Salt” tout d’abord, de “Seen It All” ensuite, deux des moments clés de la prestation du bonhomme.

Tout comme les types de Blossoms un peu plus tôt dans la soirée, on ne peut pas dire que l’ami Jake soit d’un naturel très expressif. Rares sont en effet les bribes d’émotion qui traversent son visage. Même si l’on sait que cela fait partie du personnage, cela reste particulier de le voir sortir solo de guitare après solo de guitare sans desserrer les dents et esquisser le moindre sourire.

Ceci dit, sa voix particulière nous envoie parfois dans des délires insoupçonnés. Ainsi, le langoureux “Never Wanna Dance”, quelque part entre les Bee Gees de la première heure et Marvin Gaye rivalise avec la production actuelle de “Gimme The Love”, un des meilleurs (et surprenants) extraits d’“On My One”, ou comment transformer un bon single en une tuerie. Pointons également un “Love, Hope And Misery” d’un autre âge et un “Simple Pleasures” à donner des frissons.

Bien entendu, ses compositions country à la Johnny Cash au coin d’un saloon en plein désert vont faire le boulot (“Put Out The Fire”, “Taste It”, “Slumville Sunrise”), d’autant que la relative courte durée des compositions participe au dynamisme de la soirée. La set-list va ainsi comprendre pas moins de 21 morceaux sans perturber un public dont la moyenne d’âge tournait plutôt autour de celle du chanteur que de ceux qui l’ont influencé.

Avec “Broken”, il se paiera un ultime moment en solitaire et en acoustique avant de terrasser l’Ancienne Belgique au son d’un “Ligtning Bolt” en full band. Pas de rappels mais le sentiment d’avoir eu en face de nous un artiste épanoui qui est encore loin d’avoir montré toutes ses facettes.

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