Preoccupations au Bota : seul le nom a changé

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Viet Cong est mort, vive Preoccupations ! Les Canadiens se sont en effet rebaptisés avant d’enregistrer leur deuxième album. Un album éponyme qui a pris vie sur scène ce samedi 12 novembre à l’Orangerie du Botanique. En guise de première partie, ils avaient emmené avec eux un ami de longue date, Jay Crocker, qui s’est associé à Dice Parks pour son nouveau projet répondant au nom de Joyfultalk. Visuellement, il ne se passe pas grand-chose : l’un joue debout, l’autre assis, chacun devant des consoles aux multiples boutons et manettes. En revanche, musicalement, ces bidouilleurs diplômés savent comment vous en mettre plein les oreilles, à condition de disposer d’un esprit ouvert.

Car leurs compositions expérimentales avant-gardistes à tendance électronique flirtant çà et là avec la techno peuvent en rebuter certains. Mais si l’on ferme les yeux et que l’on les imagine en fond sonore d’un reportage sur les attractions à sensations fortes d’un champ de foire, on ne doit pas être loin du compte. Encore que, lorsque le tempo ralentit, on opterait plutôt pour un film d’épouvante. Mais nombreux sont ceux qui ne nous ont pas suivis dans nos délires…

Avant ce soir, les quatre gaillards de Preoccupations avaient déjà joué au Bota. C’était au Witloof Bar en février 2015 sous le nom de Viet Cong. De nombreux concerts plus tard (il fut un temps où ils jouaient tous les trois mois en Belgique) et face à la polémique grandissante, ils sont rentrés dans le rang en adoptant un pseudo davantage passe-partout. Mais pas d’un point de vue musical car l’album éponyme qui est sorti à la toute fin de l’été fait bien plus que se défendre.

Le groupe a en effet évolué vers un univers moins brouillon et plus travaillé à l’instar du titre d’intro, le mélodieux “Anxiety”, entamé dans la pénombre absolue. Bien que les musiciens jouent devant des rampes de spots verticales que l’on dirait composées de lampes de bureau, les atmosphères restent ténébreuses à souhait, tout comme la voix rauque de Matt Flegel. Toutefois, on a l’impression que le bassiste force exagérément sur ses cordes vocales, au point d’hurler par moments.

Si ce style particulier convient à des titres énergiques comme “Silhouettes” ou “March Of Progress”, il aura des répercussions moins heureuses sur les morceaux les plus accessibles, le hit “Continental Shelf” en tête. Mais “Degraded” (très Interpol) et “Monotony” (aux guitares inspirées de The Cure) vont particulièrement en pâtir malgré les nappes de synthé entêtantes du généreusement barbu Scott Munro. On se surprendra même à préférer la voix du guitariste Daniel Christiansen lors de ses parties sur un speedé “Stimulation”.

Ceci dit, les Canadiens vont tout de même rester fidèles à leurs racines en balançant des compositions sinueuses dont ils ont le secret. Ainsi, “Select Your Drone” et “Memory” débuteront calmement avant de s’envoler au cours d’une affolante seconde partie. Quant à “Death”, le dernier morceau entamé sur un rythme infernal, il finira par se traîner en longueur via un break qui mettra le batteur Mike Wallace en exergue, au détriment de nos tympans.

Bref, ils auraient peut-être dû respecter le timing annoncé. Et prévoir davantage de stock au stand merchandising où plus un seul CD ou vinyle du nouvel album n’était disponible alors que Bruxelles n’était que la deuxième ville d’Europe centrale visitée. On en connaît qui sont repartis frustrés…

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