Kevin Morby, rodeo folk

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A deux doigts de l’annulation de dernière minute par manque de ventes, les Nap Eyes se retrouvent à la rotonde, en warm up de Kevin Morby et Meg Baird. Une aubaine pour les quelques personnes présentes, qui se voient ouvrir l’accès d’un concert sold out depuis des semaines. Originaires de Halifax, Canada, les Nap Eyes ont fait le déplacement pour présenter leur deuxième plaque, sortie le 5 février sur le label Paradise of Bachelors. Ce deuxième opus arrive derrière le remarqué “Whine Of The Music” sorti en 2015. Quand on sait que les influences des quatre garçons vont des Velvet à The Clean, c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on applaudit leur arrivée sur la scène.

Cheveux longs, lunettes rondes et pantalon trop grand, Nigel Chapman a plus le physique de l’élève doué en maths que d’un leader de groupe indie, cohérent pour un chercheur en biochimie… Mais le doute n’a plus lieu quand il laisse s’échapper sa voix de chanteur folk, et nous emmène à coups de riffs sur les routes de Californie où il fait bon s’assoir et parler du temps qui passe. Le show va s’organiser principalement autour de titres du nouvel album, emprunts de cette touche folk “Mixer” presque country “Stargazer” pendant trente petites minutes. La prestation sera de qualité, maitrisée, pour un public attentif et… assis.

Meg Baird, basée à Los Angeles, est tombée dans le folk quand elle était petite. Elle a pour ancêtre un ancien chanteur folk Appalaches, et pour seul adjuvant sa guitare quand elle se présente à nous ce soir. Signée sur le très bon label Drag City (Bonnie Prince Billy, Ty Segall), elle a notamment participé aux chœurs de Kurt Vile ou encore Sharon Van Etten, et a sorti son troisième LP “Down Weigh Down The Light” en 2015.

Fidèle au CD, le set va se dérouler lentement et posément, orchestré par la voix lancinante de la chanteuse. Le départ est mollasson avec “I Don’t Mind”, où la voix de Meg s’échappe dans un souffle, se lamentant presque, ce qui finit d’assoir une rotonde peu éveillée. Hélas, ce n’est pas avec les titres “Mosquito Hawks” ou “Back To You” que l’artiste parviendra à accrocher le public. L’enchaînement des titres, qui se fondent les uns dans les autres étire la notion du temps qui passe et va nous faire trépigner d’impatience d’entendre la suite du programme de la soirée.

Nous n’attendons pas longtemps avant de voir débarquer le texan et sa bande sur scène. Dès l’intro de “Cut Me Down”, Kevin Borby va faire sienne la Rotonde et transmettre sa jeunesse et son univers avec force. À 28 ans, avec trois albums solo à son actif (également bassiste de Woods), le Texan sait faire le show : aux premiers “wouhous” de “Harlem River”, toute la salle suit la furie déclenchée et se réveille brusquement. La cravate de cow-boy du chanteur virevolte, Bob Dylan survolté, Mick Jagger réincarné, tout en douceur et candeur.

Pour son dernier album, “Singing Saw”, Kevin a quitté New York direction Los Angeles. Sorti le 15 avril dernier sur le label Dead Oceans (Destroyer, The Tallest Man On Earth), l’album acclamé par la critique apparait comme un album mûr et maitrisé. Plus minimaliste, il fait la part belle à un univers feutré et toujours plus folk, qui va marquer profondément le public du soir. Le groupe alterne des ballades (“I Have Been To The Mountain”, “Singing Saw”) avec des titres plus musclés (“Dorothy”), donnant l’occasion au chanteur de remuer sa tignasse et sautiller avec souplesse.

Le groupe quittera la scène après une photo de la salle debout sur ses pieds, après le détonnant “The Ballad Of Arlo Jones”, c’était bon !

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