Saint-Nicolas aussi est un rockeur…

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Saint-Nicolas a été généreux cette année avec les amateurs de rock made in Belgium. Il a en effet rassemblé sur une même scène trois de ses plus dignes représentants : Moaning Cities, La Jungle et The K. qui ont chacun dans leur style fait vibrer l’AB Club ce mardi 6 décembre. Ceux qui sont rentrés dans la salle sur le coup de 20h n’en ont sans doute pas cru leurs yeux. Non seulement ils avaient loupé la quasi-totalité du set des Liégeois de The K. mais ceux-ci avaient déménagé leur matos devant le bar et étaient en train de jouer au milieu des spectateurs en boxer et en chaussettes (sauf le bassiste). Le chanteur avait même troqué sa guitare contre une bière à une nana qui a bien vite apprivoisé l’instrument en décochant des riffs certes maladroits mais qui ne dépareillaient pas dans le chaos ambiant

Une demi-heure plus tôt, ils avaient entamé leur prestation de manière plus traditionnelle (c’est-à-dire sur la scène) mais déjà rock ‘n’ roll avec des compositions brutes bardées de guitares crasseuses et d’hurlements gras. Bien que leur style sans concession les renvoie vers une version extrême des Stooges, on les préfère lorsqu’ils incorporent des breaks et des nuances à des titres qui empruntent dès lors une direction surprenante, dans leur chef en tout cas.

Quelques jours après avoir présenté leur premier clip à l’Atelier 210 (une œuvre pleine d’anticipation filmée entre autres au Point Éphémère à Paris), les Montois de La Jungle ont poursuivi la défense de leur deuxième mini album sobrement intitulé « La Jungle II ». Cinq titres pour une quarantaine de minutes qui ont de quoi décontenancer l’auditeur le plus averti. Ils flirtent en effet par moments avec la techno et les rythmes hypnotiques. Mais en live, ils vont encore plus loin.

Dans le style singulier qui le caractérise, le duo composé d’un batteur barbu à huit bras qui inonde littéralement son kit et d’un guitariste moustachu habité aux grimaces au moins aussi expressives que ses riffs tranchants va mettre tout le monde d’accord. D’autant que ce dernier semble devenir au fur et à mesure du temps le roi des loops. On a beau les avoir vus un paquet de fois cette année (en première partie de Ty Segall, au PacRock et à Dour notamment), ils parviennent encore à nous surprendre grâce à une puissance dingue et des sonorités tribales qui font par moments ressembler leur prestation à une rave party (cela aurait été tout à fait le cas s’ils n’avaient pas renoncé aux effets stroboscopiques). De loin le meilleur set de la soirée.

À la place des organisateurs, on aurait en effet programmé La Jungle après Moaning Cities. Pas que ceux-ci n’aient pas été à la hauteur mais ils mettront du temps à prendre leurs marques, en grande partie suite à la claque dans la figure que les premiers nommés venaient d’infliger à un auditoire médusé. Les compositions psyché des Bruxellois qui ont publié à la rentrée « D. Klein », leur deuxième album, doivent se dévoiler tout en douceur et passent parfois par des stades bluesy sombres et plein de spleen. En tout cas au début de leur set.

Les choses allaient toutefois se construire petit à petit et gagner en intensité au fur et à mesure de l’avancement de leur prestation grâce à des envolées savamment dosées, une basse proéminente et des jeux de lumière envoûtants. Sans parler du sitar joué à même le sol qui nous renverra aux ambiances distillées sur cette même scène par Kula Shaker en février dernier. Puis tout est parti en vrille avec des confettis et des serpentins destinés à fêter la batteuse avant une invasion de scène initiée par le groupe lui-même. Un final confus mais bon enfant. Après tout, on était le 6 décembre… Merci Saint-Nicolas !

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