Le train-train electro-pop d’Agar Agar

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Pour son premier concert de l’année, le Botanique a eu le nez fin. Ce qui devait au départ s’apparenter à une timide mise en jambes au Witloof Bar s’est transformé en un véritable triomphe dans une Rotonde archi sold out. La faute aux Parisiens d’Agar Agar qui s’y produisaient ce vendredi 13 janvier. Un jour de chance pour Clara Cappagli et Armand Bultheel dont la renommée va grandissante depuis la sortie d’un single imparable (“Prettiest Virgin”) voici un peu moins d’un an. En septembre dernier, un premier EP à l’artwork très réussi, “Cardan”, confirmait tout le bien que l’on pensait d’eux. L’épreuve du live constituait donc la dernière inconnue de l’équation.

Autant le dire d’emblée, ils s’en sont admirablement sortis malgré un agencement sobre simplement composé de deux consoles aux multiples câbles enchevêtrés derrière lesquelles officient les protagonistes. S’il s’agit davantage d’un artifice pour Clara qui l’abandonne régulièrement en vue d’esquisser quelques pas de danse micro à la main, il s’agit d’un véritable outil de travail pour Armand qui balance mélodies imparables et beats hypnotiques avec une précision d’horloger.

À l’écoute des nappes de synthé largement héritées des années 80 (le fantôme des Pet Shop Boys plane sur un titre comme “I’m That Guy” par exemple), on aurait tendance à les cataloguer dans un trip revival opportuniste et leur reprocher de n’avoir rien inventé. Mais si l’on se concentre sur la voix de Clara, tour à tour désintéressée, envoûtante et nerveuse mais toujours fascinante, le ressenti se veut nettement plus nuancé, même si elle pourrait davantage être mise en avant. Parallèlement, les lumières tamisées couplées à des effets stroboscopiques subtilement dosés rendent le visuel mystique et captivant.

Le public, lui, ne se fait pas prier pour manifester son contentement, en particulier une poignée de turbulents personnages qui font visiblement partie de l’entourage du groupe (Paris, c’est pas loin après tout…) qui envahiront la scène et aideront Armand à dégommer sa bouteille de Johnnie Walker quand ils ne se grilleront pas un joint. Ceci dit, il est de toute façon impossible de rester de marbre au son du hit single susmentionné alors que la fin du set tout en crescendo prendra une tournure electro (deep) house surprenante mais toujours avec ce sens aigu de la mélodie.

Malgré le fait qu’ils avaient joué la totalité de leur répertoire, ils sont remontés sur scène sur l’insistance d’un public manifestement pas encore rassasié. Grosse erreur. La composition présentée (sans doute le brouillon d’un futur titre) à l’improvisation vocale loupée viendra ternir une prestation impeccable jusque-là. On va mettre cela sur le compte de la jeunesse… Renseignements pris, leur premier album ne sortira pas avant 2018 mais quelque chose nous dit qu’on les reverra bien avant…

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