Mona au Bota : Music still matters

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Plus encore que celui de son élection, le jour de l’investiture de Donald Trump à la tête des États-Unis s’est assimilé à une énorme honte pour la plupart des citoyens américains, artistes en tête. Nick Brown, le leader de Mona, ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour décocher quelques flèches à l’encontre du nouveau locataire de la Maison Blanche lors du concert de son groupe au Witloof Bar du Bota ce vendredi 20 janvier. Originaires de l’Ohio et du Kentucky mais relocalisés à Nashville, ils venaient y présenter “In The Middle”, un EP destiné à faire la jonction entre un deuxième album sorti en 2013 et la suite de leur parcours discographique en long format. Mine de rien, six années se sont déjà écoulées depuis leur nomination au BBC Sound Of… et leur passage dans cette même salle.

Sans être comble, celle-ci est généreusement garnie au moment où les cinq gaillards prennent possession de leurs instruments devant le logo lumineux du groupe accroché à l’arrière de la scène. Sans se poser de question, ils vont balancer d’emblée un “Like You Do” parfait pour se mettre en jambes pendant lequel le chanteur, béret vissé sur le crâne, va se la jouer électron libre en arpentant généreusement l’espace.

La bio du Bota parlait d’un mélange parfait entre Cold War Kids et Kings Of Leon. Mais mis à part la voix du leader qui renvoie à celle de Nathan Willett sur ce premier titre et la chevelure baba cool de l’impressionnant batteur Justin Wilson, on les rangerait plutôt dans un registre proche de The War On Drugs (la voix) et de Bruce Springsteen (l’engagement).

En tout cas, une chose est sûre, nous sommes en présence de sacrés musicos. La majorité du temps, trois guitares sont en action pour une puissance décuplée mais cela n’empêche pas le son de la basse de se frayer un couloir essentiel. Quant au batteur, on en a déjà touché un mot, il cogne comme si sa vie en dépendait et, par la même occasion, trace les sillons dans lesquels ses compères s’engagent les yeux fermés pour un résultat explosif à la clé.

La scène du Witloof Bar semble d’ailleurs bien trop étroite pour eux et Nick Brown s’en échappera une fois ou l’autre pour profiter d’un bain de foule. Les spectateurs, parmi lesquels se trouvent des fans inconditionnels, sont aux anges et vont le manifester bruyamment au son des hits nerveux et poppy que sont “Listen To Your Love”, “Say You Will” ou “Shooting The Moon” que rejoindra certainement le nouveau “In The Middle” dans le futur. Retenons également les plus soft “Judas” et “I Seen” (composé en l’honneur de Johnny Cash) qui ont l’avantage de mettre en avant la voix rauque juste ce qu’il faut du leader.

Un impeccable et parfaitement construit “Lean Into The Fall” clôturera le set principal avant un rappel tout aussi essentiel constitué d’un seul titre. Le récent “Ain’t It Sick” va ainsi confirmer leur pouvoir de composition intact. On ne devrait selon toute vraisemblance pas attendre aussi longtemps avant de les revoir dans une salle plus en rapport avec leur ambitions.

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