Biffy Clyro, the new band of the people

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Annoncé en novembre dernier avant d’être instantanément reporté pour des raisons logistiques, le concert de Biffy Clyro a finalement eu lieu ce vendredi 10 février dans une Ancienne Belgique bouillonnante. Les Écossais venaient y présenter “Ellipsis”, leur septième album. Vu que leurs concerts s’apparentent désormais à des marathons (le programme annonçait deux heures de show), c’est à 19h30 qu’Aviv Geffen est monté sur scène pour entamer la première partie. Loin d’être un inconnu, l’Israélien qui est notamment à la tête de Blackfield aux côtés de Steven Wilson, va faire l’étalage de ses compositions vindicatives dans un environnement paradoxalement (trop) sage. On pense en effet beaucoup aux Stereophonics qui auraient engagé un guitariste digne de ce nom.

Si des titres comme “Oxygen” (balancé à la figure de Donald Trump) ou “It’s Cloudy Now” (composé lorsqu’il était gosse à Tel-Aviv) tiennent assurément la route, on regrette cependant le côté propret malgré quatre (excellents) musiciens qui l’accompagnent. Le nouvel album de Blackfield étant sorti le jour-même, le chanteur devrait revenir en Belgique au printemps pour la suite de sa croisade entamée au début des années 90.

Avec “Opposites”, leur ambitieux double album de 2013, Simon Neil et les jumeaux James et Ben Johnston ont fait de Biffy Clyro un des groupes de rock les plus en vue des îles britanniques. “Ellipsis”, son successeur sorti l’été dernier, a trôné en tête des charts et a permis au groupe de se retrouver une nouvelle fois tout en haut de l’affiche des célèbres festivals Reading & Leeds quelques semaines plus tard.

Pourtant, l’écriture de ce nouveau chapitre ne s’est pas apparentée à une partie de plaisir pour le leader qui a combattu dépression et remise en question avant d’arriver à ses fins. Résultat, “Ellipsis” se partage entre révolte et animosité d’un point de vue textes mais se révèle curieusement le plus sage de leur discographie au niveau musical, à l’instar de “Wolves Of Winter”, le titre d’intro de la soirée destiné à leurs détracteurs.

En tout cas, les spectateurs ne se feront pas prier pour amorcer de monstrueux pogos dès “Living Is A Problem Because Everything Dies” ou en chantant à l’unisson sur “Sounds Like Balloons”. Tout ceci en moins de dix minutes, preuve s’il en est de leur indéfectible dévotion. Et de leur sens de la dérision en soufflant des bulles de savon lors de l’excellent “Bubbles” un peu plus tard. Ajoutons que les jeux de lumières particulièrement efficaces générés par une douzaine de satellites disséminés à l’arrière de la scène vont ajouter une dynamique qui atteindra son paroxysme lors des séquences stroboscopiques.

Apparus torse nu dès l’entame du concert, les trois principaux protagonistes arborent fièrement leurs tatouages dont le nombre semble inversement proportionnel à la chevelure. Entre la littérature corporelle de Simon Neil dont les longs cheveux lisses seront bientôt dégoulinants de sueur et le torse vierge du batteur qui n’a plus un poil sur le caillou, le bassiste rouquin fait figure de parfait intermédiaire. Ils sont accompagnés d’un guitariste et d’un claviériste de tournée, habillés et en retrait.

Peu prolixe, le leader semble même timide et réservé. Pourtant, il faut une fameuse dose de cran pour se retrouver seul sur scène avec une guitare (les versions acoustiques de “Medicine” et, lors des rappels, de “Machines”). Ceci dit, la plupart du temps, le décibelomètre s’affole et des compositions comme “57” (le titre le plus ancien joué ce soir, extrait de leur premier album très brut de 2002) et “That Golden Rule” nécessiteront des protections auditives efficaces. Les singles “Black Chandelier” et “Mountains”, pour ne citer qu’eux, feront le boulot mais on reprochera peut-être les visions un rien trop légères de “Biblical” et de “The Captain” qui comportent un rien trop d’onomatopées à notre goût.

Par ailleurs, la perception live des nouveaux titres sera partagée entre deux sentiments contradictoires. D’un côté, une sorte de retour aux sources caractérisée notamment par le nerveux “On A Bang” et le puissant “In The Name Of The Wee Man” (tellement tranchant avec le reste qu’il ne figure que sur la version Deluxe d’“Ellipsis”). Mais de l’autre, un groupe qui a l’air de se chercher (“Re-arrange”, très soft à la voix de fausset digne de Tame Impala, “Flammable” beaucoup trop pop). Sans surprise, le hit “Many Of Horror” mettra un terme au set principal devant des téléphones portables chauffés à blanc…

Outre le précité moment acoustique en entame des rappels, un ultime nouveau titre (l’évident “Animal Style”) précédera l’atypique “Stingin’ Belle” (aux cornemuses préenregistrées). Bien qu’une set-list de vingt-quatre titres semble un peu too much, les sourires sur les visages des fans aux t-shirts trempés nous indiqueront le contraire. ‘Mon the Biff !

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