Sohn is (not) shining

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Complet depuis des lustres, le très attendu concert de Sohn à l’Orangerie du Botanique a finalement soufflé le chaud et le froid ce dimanche 26 février. Le spectre d’une fin de week-end a primé sur l’euphorie des vacances de Carnaval qui débutaient pourtant. Si plusieurs raisons peuvent expliquer cet état de fait, un public assez mou porte clairement sa part de responsabilité dans l’équation. Un public qui a réservé un accueil mitigé à William Doyle, le bonhomme chargé d’assurer la première partie. Pourtant, celui-ci est loin d’être un inconnu puisqu’il était derrière le projet East India Youth jusqu’au début de l’année dernière. Etant donné qu’il s’agissait déjà d’un one man band, on pouvait légitimement se demander la raison de ce nouveau départ à la configuration identique (un homme derrière une console).

La différence réside essentiellement dans l’instrument complémentaire utilisé puisqu’il a désormais troqué sa basse contre une guitare. Celle-ci se trouve ainsi au centre de compositions qui, bien que kilométriques (trois titres en vingt-cinq minutes) et sinueuses, lorgnent davantage du côté de la pop plutôt que celui de l’electro expérimentale. Notons qu’il a également travaillé sa voix pour un résultat bien au-delà de nos attentes initiales.

“Rennen”, le deuxième album de Sohn, est sorti au tout début de cette année chez 4AD. Il succède à “Tremors”, la plaque qui l’a révélé au grand public en 2014 et qui lui a permis de notamment produire Banks (en visite au Trix d’Anvers quelques jours auparavant) et Kwabs mais aussi d’inviter l’actrice Milla Jovovich dans l’une de ses vidéos.

Apparu sur scène dans un calme relatif, Chris Taylor (Sohn au civil) va d’emblée s’installer derrière ses claviers et balancer “Tempest”, un morceau d’intro exécuté au beau milieu de timides lumières glaciales. Le chapeau qu’il porte (et qu’il ne quittera pas durant tout le show) lui donne un air de pasteur alors que sa voix presque soul renvoie à celle de The Weeknd. Si ce n’est qu’il est nettement plus réservé que le Canadien.

Et c’est essentiellement ce que l’on va lui reprocher. Ce type manque cruellement de charisme et cela rejaillit sur sa prestation, d’autant qu’il multiplie les artifices, chassant le naturel par la même occasion. Et comme ce n’est clairement pas le roi de la comm, il ne parviendra jamais à partager le moindre enthousiasme avec un public sage et respectueux.

Il est accompagné de trois musiciens qui jouent sur une estrade derrière lui et qui ont chacun un rapport plus ou moins proche avec des percussions. Le batteur, bien entendu, mais la choriste et le bidouilleur en chef ont eux aussi une baguette sous la main pour battre la mesure. Au pied de ceux-ci, des tubes néons aux effets tantôt fluo tantôt guirlandes de Noël offriront une sérieuse alternative à l’immense reproduction de la pochette de “Rennen” sans âme à l’arrière de la scène.

Malgré d’excellents moments apparus seulement après une bonne demi-heure de prestation (“The Wheel”, “Artifice”), son set ne va jamais vraiment décoller. Si ce n’est peut-être à la toute fin de celui-ci, lorsque des beats electro vont faire leur apparition mais toujours en retenue (“Lights”, “Hard Liquor”) alors que les hypnotiques “Falling” et “Lessons” renverront à Archive. Mentionnons également une voix particulièrement bien adaptée aux titres plus calmes (“Paralysed”) et groovants (“Signal”).

Les rappels verront notamment la choriste participer grandement à la puissance émotionnelle de “Remmen” dont la version nous serrera la gorge avant le hit “Conrad” qui, du coup, paraîtra un peu hors propos. Mais pas pour le public qui va enfin (un peu) se lâcher. Avec davantage de conviction, la soirée aurait sans doute été plus festive…

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