Hamilton Leithauser au Bota, la voix et la prestance

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Aussi bizarre que cela puisse paraître, Hamilton Leithauser n’avait encore jamais joué au Botanique, ni en solo, ni avec The Walkmen. C’est chose faite depuis ce samedi 4 mars où une Rotonde généreusement garnie accueillait l’immense chanteur pour y présenter son nouvel album, “I Had A Dream That You Were Mine”. Le Londonien Matt Maltese l’accompagne sur cette tournée et va d’emblée subjuguer son monde derrière un clavier dont il utilise majoritairement la partie basse. Celle-ci se marie en effet parfaitement avec une voix assurée et vectrice d’émotions. Ceci dit, il suffit d’un éclair pour que l’ambiance cosy se transforme en un cabaret à l’intensité décuplée.

Ces moments vont lui valoir l’approbation du public, à l’instar d’“As The World Caves In”, un titre poignant composé au lendemain du Brexit avec lequel il terminera ses vingt-cinq minutes de prestation. D’ici quelques mois, il assurera la première partie des concerts d’adieu des Maccabees et ce n’est pas un hasard.

Depuis la mise au frigo indéterminée de The Walkmen, Hamilton Leithauser n’a pas chômé. Après avoir publié un premier album solo en 2014 (“Black Hours”) puis un autre l’année suivante en duo avec son collègue Paul Maroon (“Dear God”), il a mis sur pied une collaboration avec Rostam Batmanglij, un ex-Vampire Weekend. Ensemble, ils ont composé “I Had A Dream That You Were Mine”, un disque sorti en septembre dernier et salué par la critique. Pour la petite histoire, il ne s’agissait pas de la première association entre les deux hommes puisque la patte de Rostam traînait déjà sur “Black Hours”.

Entamé avec “Sick As A Dog”, le set du chanteur géant (il fallait voir le roadie peiner sur la pointe des pieds lors de la balance du micro) à la coiffure empruntée à Noel Gallagher et à l’accoutrement casual va instantanément aller droit au but. Sa solide voix vintage va en effet dicter la direction empruntée par des compositions au demeurant très sixties mais parallèlement diablement contemporaines (“Alexandra”, “Peaceful Morning”). Ce qui ne gâche rien, c’est qu’il a de l’humour et le tour pour raconter la genèse de certains titres, à l’instar de “The Bride’s Dad”, composé après une cérémonie de mariage où le discours du père de la mariée (non invité) l’a profondément touché, avant de se faire dégager (le père, pas lui).

Qu’il le veuille ou non, sa voix caractéristique se trouve au centre de l’équation, ce qui rend la tâche compliquée lorsqu’il s’agit de distinguer son travail en solitaire de celui de son groupe principal. Heureusement, des titres comme “A 1000 Times” et “11 O’Clock Friday Night” ont suffisamment d’impact que pour soutenir la comparaison. Son truc réside sans doute dans le fait qu’il vit ses compositions à fond. Quant à “In A Black Out”, il s’agit d’un tube en puissance ignoré, d’autant qu’il se construit patiemment dans un premier temps avant d’exploser littéralement dans sa seconde partie.

Véritable musicien dans l’âme, il se balade avec tous ses accessoires dans la poche de sa veste : capo, onglet, bottleneck et même un harmonica qui lui sera utile sur “You Ain’t That Young Kid”. Un peu plus tard, “Rough Going (I Won’t Let Up)” et sa vibe doo wop mettra un terme au set principal. Le rappel, lui, verra le chanteur revenir décontracté (en t-shirt blanc) et sans guitare pour un ultime titre, “1959”, qui va glacer le sang. Tant qu’il offrira des prestations de cet acabit, le hiatus de The Walkmen peut se prolonger…

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