L’heure de Clock Opera

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Cinq ans après avoir sorti un premier album acclamé par la presse musicale spécialisée, les Londoniens de Clock Opera sont de retour avec “Venn”, une deuxième plaque qu’ils sont venus présenter à la Rotonde du Botanique ce jeudi 13 avril. Pour la petite histoire, deux des membres vivent dans le quartier d’Elephant & Castle, situé au sud de la capitale britannique. Coïncidence ou pas, le groupe choisi pour assurer la première partie était Elefant And Castle, un trio Bruxellois emmené par une chanteuse à la voix envoûtante et assurée. Celle-ci complémente parfaitement un environnement sonore électronique en toute retenue. On pense ainsi à Beach House (la voix), The xx (les arrangements planants) et, dans une moindre mesure, à du Goose sous Xanax. Un nouveau joyau qui ne devrait plus rester confiné très longtemps.

Était-ce l’approche du week-end pascal (notre version) ou le fait que l’enregistrement du deuxième album de Clock Opera a pris beaucoup de temps (celle du chanteur Guy Connoly), toujours est-il que la Rotonde était loin du sold out ce jeudi soir. Cela n’a toutefois pas empêché les musiciens de se donner corps et âme à l’occasion de la dernière date d’une tournée européenne qui les a notamment vus se produire plusieurs fois en Allemagne, un pays où ils sont particulièrement populaires.

Au moment d’entamer sa prestation, le leader barbu (avec des airs de Mauro Pawlowski) va actionner six tableaux lumineux inspirés de la pochette de “Venn” disposés à l’arrière de la scène avant de se lancer dans un approprié (malgré son titre) “Closer”. À ce propos, il convient de signaler que le groupe cultive depuis ses débuts une vision DIY assez marquée. Le nouvel album a ainsi été financé via un crowdfunding alors que le stand merchandising regorge d’objets originaux, à l’instar d’une horloge 45 tours et d’une applique lumineuse pareille à celles mentionnées ci-dessus.

Retour sur scène avec un groupe en pleine forme. Un groupe qui a vu son claviériste original (avantageusement ?) remplacé par Nic Neil, personnage charismatique à la gueule de star et aux pas de danse très personnels. Mais c’est sa voix qui impressionne le plus, au point de parfois voler la vedette à l’ami Guy (“Hear My Prayer”). Les chevelus Andy West (basse) et Che Albrighton (batterie) complètent un quatuor qui va mettre un point d’honneur à défendre ses nouvelles compositions.

Parmi celles-ci, on remarquera les influences de Yeasayer (la pop semi expérimentale de “Dervish”, le groove de “Ready Or Not”) et de TV On The Radio (la pop semi déstructurée de “Changeling”, les rythmes tribaux de l’excellent “Cat’s Eye”). Il faut dire que la voix modulable du leader permet de ratisser large (le prenant “In Memory”, le hit “Whippoorwill”) mais ce n’est pas nouveau. Il s’agit même d’une marque de fabrique.

À ce propos, en fermant les yeux, sur le plus ancien “Belongings” et l’imparable “Lesson No.7 (lors de l’unique rappel), on remarque une troublante ressemblance (vocale, s’entend) avec celle de Mark Hollis, la géniale tête pensante des regrettés Talk Talk. Retenons encore une autre pointe de bricolage avec le solo de percussions exécuté sur des ustensiles ménagers en guise d’intro du très Vampire Weekend “A Piece Of String”. Au final, une prestation exécutée de main de maître par un groupe pas comme les autres. Mais on a toutefois l’impression que si Guy et ses compères n’entretiennent pas la flamme rapidement, leur avenir semble compromis.

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