La nouvelle politique d’Austra

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Ce dimanche 16 avril, l’Ancienne Belgique accueillait la dernière date européenne du Future Politics Tour d’Austra, le projet de la blondinette Canadienne d’origine Lettone Katie Stelmanis. Six semaines de vie en communauté qui devaient forcément se terminer en apothéose. D’autant que Pixx, le groupe qui a assuré son support depuis le Paradisio d’Amsterdam début mars, semblait également en grande forme. Si chacun des quatre membres porte un maquillage à paillettes prononcé sous les yeux (il s’agira de la norme ce soir), le regard est irrémédiablement attiré par la chanteuse Hannah Rodgers (Pixx, c’est elle). Celle-ci porte en effet une robe rouge qui se transforme en cape dès qu’elle écarte les bras. Des bas troués et de grosses bottines complètent son look extravagant.

Ceci dit, sa voix cristalline impressionne à tel point que l’on pourrait presque l’imaginer au sein d’un groupe de metal symphonique. Ce n’est heureusement pas du tout le cas et le caractère sombre juste ce qu’il faut de ses compositions entêtantes fonctionne à merveille. “The Age Of Anxiety”, son premier album, arrive le 2 juin chez 4AD et elle sera à l’affiche du Pukkelpop cet été.

Coïncidence ou pas, “Future Politics”, le troisième album d’Austra, est sorti le 20 janvier dernier, soit le jour de l’investiture de Donald Trump à la Maison Blanche. Un titre plus que jamais d’actualité même si Katie Stelmanis s’en défend puisqu’il a été composé bien avant les événements marquants de l’année écoulée. Mais l’aspect sérieux des sujets abordés se voit paradoxalement adouci par des compositions pop d’une redoutable efficacité, à l’instar de “We Were Alive”, à la fois la plage d’intro de l’album et du concert même si “Future Politics” et “Utopia”, joués dans la foulée, représentent davantage sa nouvelle philosophie à la croisée des chemins entre Grimes et Zola Jesus.

En revanche, sur scène, on a l’impression d’assister à un concours de mauvais goût vestimentaire dont la palme reviendrait au claviériste à gauche de la scène. Chemise rose à frou-frou, bermuda bleu et chaussettes vertes forment ainsi un ensemble que sa coiffure peroxydée et ses pas de danse maniérés ne feront qu’amplifier alors que l’on se demande bien à quoi sert le skateboard fluo échoué à ses pieds. Si son vis-à-vis avec qui il entretient une complicité évidente porte une salopette plus classique, l’accoutrement de la chanteuse prête à sourire également : longue robe jaune cassé style VW des années 70, maquillage outrancier (bleu sous les yeux et rouge vif sur les lèvres). Finalement, seule la batteuse passe inaperçue.

Parmi les autres nouvelles compositions, on retiendra surtout “Gaia” et l’impeccable “I Love You More Than You Love Yourself”, un hit en puissance à l’environnement gothique coloré. Ses influences cold wave passent en effet désormais au second plan sans pour autant disparaître complètement. Ceci dit, c’est surtout à l’écoute des titres plus anciens que l’on se rend compte de l’évolution (la version de “Forgive Me” au piano sera à tomber). À ce propos, le triptyque en final du set principal ne laissera personne indifférent. La vibe EBM glaciale de “Beat And The Pulse” va en effet parfaitement introduire les hyper dansants “Lose It” et “The Villain” aux influences new wave marquées qu’une basse viendra amplifier.

Les rappels débuteront dans une ambiance franchement electro via “Habitat”, le single isolé de 2014 suivi d’un “Painful Like”, à peine plus synthétique. L’émotion grimpera ensuite d’un cran lorsque la chanteuse invitera les membres de Pixx (qui se trouvaient alors juste à côté de nous dans le public) sur scène pour des remerciements sincères à l’occasion de la tournée qui touchait à sa fin (dont un pour Elsa, leur ingé son Bruxelloise). On aurait bien voulu les voir réaliser ensemble un baroud d’honneur mais il n’en a rien été. Ceci dit, la somptueuse version de “Darken Her Horse” qui suivra (non prévue sur la set-list) vaudra à elle seule le déplacement. Juste après, le traditionnel “Hurt Me Now” mettra un terme à une soirée aux contours plus poppy qu’attendu. Si la politique pouvait être aussi légère…

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