Japandroïds au Bota : (presque) sans concession

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Malgré les Nuits en ligne de mire, la programmation classique du Bota continue son petit bonhomme de chemin. Ainsi, ce jeudi 27 avril, les Canadiens de Japandroïds sont venus retourner une Rotonde pleine à craquer à l’occasion de la dernière date de leur tournée européenne. Ceci dit, la destruction a débuté bien plus tôt, dès le premier coup de batterie de Dasher exactement. Le quatuor originaire d’Atlanta en charge de la première partie n’a en effet pas tergiversé en prenant d’emblée le public à la gorge via des compositions rugueuses à défaut d’être mélodieuses. Si deux guitares full time et une basse les encadrent, on n’a d’yeux que pour la chanteuse batteuse Kylee Kimbrough, mais pas pour les raisons que vous imaginez…

Avec ses imposants bras tatoués, son regard démoniaque et sa furieuse manière de cogner son instrument (elle va d’ailleurs disloquer son kit à un moment donné), on est en présence d’un personnage qui doit mener ses comparses à la baguette. D’autant que le volume sonore de ses hurlements décourage le moindre pas de travers. Un ouragan a soufflé sur la Rotonde…

On le sait, c’est sur scène que les Canadiens de Japandroïds donnent la pleine mesure de leur puissance. Il s’agit sans doute de la raison pour laquelle les natifs de Vancouver ont mis quasi cinq ans pour donner une suite à “Celebration Rock”. “Near To The Wild Heart Of Life”, leur troisième album, est ainsi arrivé au tout début de l’année et, avec lui, une tendance plus sage. On a l’impression qu’ils ont davantage mis l’accent sur les arrangements plutôt que sur l’énergie. Sur disque en tout cas.

Car la plage d’intro de la nouvelle plaque va directement planter le décor. Un décor sauvage dans lequel vont évoluer le guitariste et principal chanteur Brian King (qui sue sang et eau devant un mur d’amplis) et le batteur David Prowse. Celui-ci ferait d’ailleurs bien de se concentrer sur ses fûts plutôt que de tenter des vocalises hasardeuses (si ce n’est sur l’excellent “Midnight To Morning” sur lequel il tient pourtant un rôle essentiel). C’est également lui qui tentera maladroitement de combler les moments de silence observés par un public plus que respectueux entre les morceaux.

À l’arrière de la scène, six structures verticales contenant en leur centre une immense ampoule sur fond argenté vont contribuer à installer une atmosphère paradoxalement assez lugubre. Celle-ci sera parfaite pour les nouveaux titres nettement plus travaillés, à l’instar des semi-chantés “Arc Of Bar” (un mix entre The Big Pink et Kasabian) et “North East South West” (entre The Levellers et The Wedding Present). Des influences bien plus sages que par le passé.

Et c’est là que l’on remarque une fracture avec des titres comme “Wet Hair”, “Younger Us” (poncuté par les riffs du “Thunderstruck” d’AC/DC) ou “Young Hearts Spark Fire” qui vont initier des mouvements de foule spontanés, un peu à l’image de leurs compatriotes de Death From Above 1979 (pour rester dans la catégorie duo de bastonneurs). La seule exception arrivera en fin de set avec un “No Known Drink Or Drug” bourré de tension, digne des débuts du groupe. Ceci dit, sans surprise, tout se terminera en pogo généralisé via “The House That Heaven Built”, l’ultime morceau d’une soirée sans rappel qui nous confirmera que leur réputation scénique est loin d’être usurpée.

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