Nuits du Bota 2017 : Gros plan sur The Comet Is Coming

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Au lendemain d’une parenthèse gothique signée
The Mission
à Leuven, retour aux Nuits du Bota pour une soirée qui s’annonçait haute en couleurs avec The Comet Is Coming, un projet pour le moins atypique qui se produisait à la Rotonde ce samedi 13 mai. Croisé dans le couloir, un garçon timide et maladroit escorté par la responsable de la salle. Quelle ne fut pas notre surprise de le voir un peu plus tard derrière une immense console sur scène, tout à fait dans son élément. Il s’agissait en fait de Toon Janssens aka Title qui allait échauffer nos oreilles durant une quarantaine de minutes.

Malgré son jeune âge, l’artiste anversois possède déjà une solide culture musicale qui rejaillira généreusement sur son set essentiellement articulé autour de sons originaux. Il y injectera des samples empruntés au hip hop et à l’electro alors que les atmosphères passeront de la soul moderne au jazz groovant avant de terminer presqu’en drum ‘n’ bass futuriste.

Les influences de The Comet Is Coming sont tellement nombreuses qu’il faudrait deux chroniques rien que pour les énumérer. Le trio Londonien a sorti l’an dernier “Channel The Spirits”, un premier album frappadingue que l’on pourrait qualifier de psyché-jazz intersidéral exécuté par des musiciens hors pair loin de se prendre au sérieux comme le démontre leurs pseudos : King Shakaba (saxophone), Danalogue The Conqueror (claviers) et Betamax Killer (batterie).

Vous avez bien lu, il n’y a pas de chanteur et une voix serait d’ailleurs superflue tant la complémentarité des instruments et la dextérité de ceux qui les utilisent suffisent amplement. À ce petit jeu, notre regard sera invariablement attiré par l’immense saxophoniste black qui joue pieds nus, aperçu également chez Sons Of Kemet. Il va littéralement impressionner l’assemblée en jouant avec un cœur grand comme ça, frisant plusieurs fois l’infarctus lorsque des éclaboussures de sueur jaillissaient de son front.

Et c’est à ce moment que ses compères interviennent. D’une part via le claviériste boute-en-train (vêtu d’un poncho péruvien avec franges) en injectant des respirations electro qui vont lui permettre de souffler quelque peu et d’autre part via le batteur dont les rythmiques vont nous emmener par moments vers un math rock hyper sophistiqué à la manière de Battles par exemple, mais avec un petit quelque chose en plus. Ces musicos sont des virtuoses mais ce qui les différencie passe par une unité insolente qui les voit officier dans un mouchoir de poche comme s’ils ne faisaient qu’un.

Par ailleurs, les montées en puissance seront légion et captiveront des spectateurs acquis à leur cause qui leur feront un véritable triomphe. Un petit coup d’œil furtif vers l’assemblée fera en effet état de sourires béats d’admiration. Après une présentation furtive du groupe via un micro qui traînait dans un coin de la scène, ils vont placer la barre encore plus haut avec un nouveau titre issu d’une autre planète que “Space Carnival” (qui porte admirablement son titre) va peaufiner avec une explosion sonore digne d’un big bang.

Dans des conditions pareilles, il était impossible d’imaginer un moment quitter la salle pour aller jeter une oreille du côté de Kelly Lee Owens au Grand Salon. C’est ce qui s’appelle être subjugué…

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