Dans l’univers acoustique de Suzanne Vega

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Quelques jours après la prestation de Cat Power en solo au Depot de Leuven, c’était au tour de Suzanne Vega de faire (presque) de même à l’Ancienne Belgique ce lundi 12 juin. Une soirée placée sous le signe de la délicatesse mais pas que…

“Ladies and Gentlemen, please welcome, from New York City, Suzanne Vega“. C’est ainsi, au son d’une voix digne d’un Monsieur Loyal, que les lumières se sont éteintes pour faire place à deux silhouettes qui allaient bientôt se retrouver sur le devant de la scène et entamer “Fat Man And Dancing Girl”, point de départ officiel d’une mini tournée européenne qui verra ensuite le duo se produire en Tchéquie, en Pologne et en Scandinavie.

Une formule minimaliste dans un environnement sobre mais deux artistes à la personnalité complémentaire. À gauche, Gerry Leonard, guitariste hors pair et collaborateur privilégié de Suzanne Vega (il a notamment produit “Tales From The Realm Of The Queen Of Pentacles” en 2014). Débraillé malgré une cravate et un veston casual, cheveux grisonnants flanqués d’une cartache bleutée sur la tempe droite, il va, d’un air sérieux et concentré, apporter une plus-value au show via ses instruments électrisants, comme sur “Marlene On The Wall” qui suivra dans la foulée.

De son côté, Suzanne Vega, élégante comme jamais dans son ensemble noir (elle en dévoilera les raisons au son d’un convaincant “I Never Wear White” plus tard dans le set) représente la force tranquille. Son sourire malicieux, son sens de l’humour et surtout sa voix caractéristique vont faire de sa prestation un moment magique. Prolixe, elle ne sera pas avare en anecdotes qui nous verront écouter ses compositions d’une autre oreille. On pense notamment à “Gypsy”, titre dédié à un amour de jeunesse impossible qui trouvera un prolongement une quinzaine d’année plus tard via l’excellent “In Liverpool” (il est anglais et on apprendra même qu’il vient de devenir grand-père…).

À l’automne dernier, elle a publié “Lover, Beloved: Songs From An Evening With Carson McCullers”, un album directement inspiré de la pièce “Carson McCullers Talks About Love” qu’elle a écrite et jouée pour la première fois en 2011. Il faut dire qu’elle voue un véritable culte à la regrettée auteure nouvelliste depuis son adolescence, au point de lui ressembler étrangement (la coiffure mi-longue, le rouge à lèvres). Ceci dit, les versions hautement théâtrales de “New York Is My Destination” et de “Harper Lee” vont nous donner un aperçu de ses talents d’actrice.

Le reste de l’année s’annonce chargé pour Ms. Vega qui s’apprête à célébrer en grande pompe les trente ans de “Solitude Standing” et le quart de siècle de “99.9F°” au travers d’une tournée spéciale lors de laquelle elle interprétera l’intégralité de ces deux albums. Elle va bien entendu y effectuer quelques incursions ce soir. Ainsi, la complémentarité des guitares sur “Solitude Standing” et le solo électrique appuyé de “Blood Makes Noise” en feront deux moments-clé. Tout comme le classique “Luka, autant habité par la voix de Suzanne que par l’instrument de Gerry. Ce dernier va ensuite balancer des riffs groovants qui transcenderont “Tom’s Diner” en guise de final du set principal.

Les rappels se déclineront en deux titres isolés qui cadreront parfaitement avec la philosophie de la soirée. En toute décontraction, le récent “Carson’s Last Supper” permettra même à son guitariste de l’accompagner au micro. Quant à la délicate version de “Rosemary” (qui ne figurait pas sur la set-list, à l’instar de “Caramel” un peu plus tôt), elle en bouleversera plus d’un. La talentueuse New Yorkaise n’a décidément pas fini de nous surprendre…

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