Hookworms, DIY indie

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Bien que le tout récemment publié “Microshift” soit déjà leur troisième album, les apparitions des britanniques de Hookworms sur les scènes continentales sont extrêmement rares. Raison pour laquelle leur visite au Nest de Gent ce mardi 6 février était un must absolu. Il faut en effet remonter en septembre 2015 pour trouver trace de leur seul passage en Belgique, à l’affiche du festival Leffingeleuren. Entre-temps, les cinq natifs de Leeds ont poursuivi leur trip do it yourself à l’extrême, conservant leurs jobs respectifs dans le but de considérer leur projet musical avant tout comme un hobby.

Pour cette tournée, ils ont embarqué avec eux Virgina Wing, trio emmené par Alice Merida Richards, immense nana vêtue d’une combinaison blanche digne d’un laboratoire médical dont les pas de danse épileptiques vont quelque peu nous perturber. Mais pas autant que sa voix enfantine et nasillarde à la limite de la justesse, que les deux claviéristes coincés au milieu du matos du groupe principal auront du mal à compenser. Sauf peut-être lorsque le premier attrapera un saxophone et le second une basse. Mais l’ensemble electro revival new rave (remember New Young Pony Club ?) un peu trop pop Eurovision couplé à des bribes de pseudo world music se révéleront assez indigestes au final…

En 2013, “Pearl Mystic”, le premier album de Hookworms, fait l’effet d’une bombe dans le paysage musical indie du nord de l’Angleterre. Acclamé par la critique (album de l’année selon Drowned In Sound et Loud & Quiet), leur mélange psyché punk à la sauce garage va sortir de l’ombre MJ (énigmatiques, les membres du groupe se font appeler par leurs initiales), chanteur et tête pensante du projet. Ce dernier gère également Suburban Home, un studio d’enregistrement de Leeds dans lequel seront également mis en boîte “The Hum” l’année suivante et “Microshift”, leur dernière livraison sortie chez Domino Records début février.

Un album dont la première écoute a de quoi surprendre. Si l’énergie débordante se retrouve toujours belle et bien présente, on pense désormais davantage à Enter Shikari et Shitdisco qu’à Bo Ningen ou Spacemen 3. Un virage pop que l’on va d’emblée prendre dans la figure via “Negative Space”, plage d’intro de la plaque et du concert, quelque part entre Kraftwerk et Factory Floor, surplombée d’une voix affirmée (que l’on soupçonne un chouia trafiquée tout de même).

Le leader officie derrière un immense synthé du côté gauche de la scène alors que ses acolytes (dont deux guitaristes et un batteur qui cogne sur un kit relativement rudimentaire) se retrouvent au beau milieu d’un enchevêtrement de câbles. Cela ne les empêchera pas de donner une vision nettement plus nerveuse aux nouveaux titres dont le très Django Django “Shortcomings” et l’hypnotique “Opener” seront les plus remarqués ce soir. Sans oublier le prenant “Ullswater” malgré une voix enlevée qui fera penser à celle de… Midge Ure. Le tout devant un visuel coloré en 3D qui verra des objets, des visages ou des formes géométriques tourner sur elles-mêmes. Original mais à la longue un peu répétitif.

Curieusement, ils ignoreront tout à fait “Pearl Mystic” mais vont donner aux extraits de “The Hum” une puissance inouïe que des projections stroboscopiques ne feront qu’amplifier (le triptyque “Radio Tokyo”, “The Impasse”, “On Leaving” en milieu de set laissera des traces…). Un peu plus tard, Alice Merida Richards (en jupe et bien plus élégante) se faufilera entre nous pour rejoindre le groupe sur scène et poser sa voix sur “Each Time We Pass” (c’est déjà elle qui chante sur la version studio) avant que son collègue saxophoniste ne fasse de même pour un tribal “Boxing Day” au rythme infernal suivi d’un apocalyptique “Beginners” en crescendo freestyle. Un ultime coup de massue asséné à un Nest déjà à moitié KO. La faute à MN, MJ, JN, EO et JW…

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