L’univers enchanté de Superorganism

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Quelques jours après la prestation haute en couleurs d’Ezra Furman, la Rotonde du Botanique accueillait ce lundi 19 février Superorganism, d’autres phénomènes qui allaient faire encore plus fort, visuellement parlant tout au moins. En guise d’apéro, le Bota avait convié Jeremy Walch à se produire en solo au milieu de l’imposant décor du groupe principal. Particulièrement à l’aise, le Bruxellois vêtu d’un t-shirt délavé des Beatles va s’accompagner à la guitare tout en s’aidant d’un ordinateur pour l’environnement sonore et présenter une poignée de nouvelles compositions en cours d’enregistrement. Ceci dit, après quelques titres en style karaoké, sa compagne et sa future progéniture le rejoindront pour notamment “The Sun”, une cover minimaliste de Baxter Dury. Malgré tout, on le préfère en full band…

Alors que leur premier album ne sortira que début mars, les huit membres de Superorganism ont déjà fait beaucoup parler d’eux. Outre un deal avec le célèbre label Domino, leur single “Something For Your M.I.N.D.” a été largement plébiscité l’an dernier (deuxième meilleur titre de l’année selon Les Inrocks par exemple) et ils se sont retrouvés classés dans le BBC Sound of 2018, baromètre fidèle des artistes prêts à exploser. Pas mal pour un groupe issu de tous les coins du globe (Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni) et dont les premiers titres ont été composés via Skype.

Depuis, ils ont emménagé tous ensemble dans une grande maison Londonienne partiellement transformée en studio d’enregistrement où ils peuvent désormais laisser libre cours à leurs idées foisonnantes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que celles-ci ne se cantonnent pas uniquement à la musique. En effet, le monde de Superorganism se veut chatoyant, coloré et enchanté. Imaginez un jeu vidéo dans lequel les Teletubbies seraient les stars d’un carnaval permanent (dans le style, le batteur arbore un t-shirt Toy Story et les supports des instruments sont nappés de rideaux bleu nuit aux motifs parfaits pour une chambre d’enfant).

Placer sept personnes (la huitième était aux abonnés absents) sur la scène de la Rotonde n’est pas chose aisée, d’autant que des panneaux recouverts de moustiquaires blanches ne facilitent pas la tâche. La section musicale articulée autour d’un guitariste (que l’on n’entendra gère, si ce n’est sur “Reflections On The Screen”), d’un claviériste et d’un batteur occupe la partie droite alors que celle de gauche est réservée à trois choristes tous plus théâtraux les uns que les autres (deux filles et un garçon androgyne particulièrement dans son trip). Ces derniers vont parallèlement se lancer dans des chorégraphies hasardeuses lorsqu’ils n’actionneront pas des tambourins sertis de serpentins multicolores.

Chacun arbore un maquillage à paillettes, y compris la chanteuse à la voix presqu’enfantine au beau milieu de la scène. Petite (elle lancera même “I’m so short I can’t see you at the back”) et d’un sérieux tranchant presque avec l’euphorie délirante ambiante (“I wanna be a Superorganism”), elle va toutefois se fondre dans un univers très poppy rappelant The Go! Team ou M.I.A. et incorporant des bruitages (et des visuels) de tous horizons (“Nai’s March” et ses jeux vidéo notamment).

“Everybody Wants To Be Famous” clôturera déjà un set principal (un peu trop) millimétré après une grosse demi-heure avant que la troupe ne revienne sur scène pour, sans surprise, le précité “Something For Your M.I.N.D.” (un fichu bon single que les plus anciens rattacheront avec raison au hit house du même nom signé Speedy J au début des années 90). Avec ou sans micro, tout le monde a chanté et s’est dandiné. Au-delà, il leur manque sans doute un petit quelque chose pour viser une domination aussi internationale que leurs origines multiculturelles.

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