Forever Pavot, soirée pantouflarde à la Rotonde

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Soirée haute en couleurs ce mardi 13 mars au Botanique avec la visite de Forever Pavot, un des plus passionnants représentants de l’écurie Born Bad Records. Le groupe venait y présenter “La pantoufle”, son curieux nouvel album, dans une Rotonde généreusement garnie. Des circonstances indépendantes de notre volonté nous ont fait louper une bonne partie du set de Ginger Bamboo, le projet parallèle de Jeremy Alonzi alias Dirty Coq, figure emblématique de The Experimental Tropic Blues Band. Mais aussi talentueux présentateur du Micro Festival, Mesdames et Messieurs, et acteur de premier plan dans la docu-fiction Spit’n’split de Jérôme Vandewattyne l’an dernier.

Il a donc mis sur pied un autre groupe à son image, plein d’urgence, de dérision et de décibels. Les guitares crasseuses se confrontent ainsi à des percussions tribales que sa voix rocailleuse amplifie. Jusqu’ici, rien de bien neuf, sauf que des nappes de clavier sixties et deux choristes viennent transcender l’ensemble. Les B-52’s ne sont pas loin, la touche liégeoise en plus.

Pour le nouvel album de Forever Pavot, Emile Sornin a décidé de ne s’exprimer que dans sa langue maternelle. Vous allez sans doute dire que cela ne change pas grand-chose vu que les paroles ne forment pas l’ossature des compositions et passent clairement au second plan. En revanche, les titres, succulents d’absurdité, valent à eux seuls la lecture, à commencer par “La pantoufle est dans le puits”, intro du concert de ce soir. Mais il ne s’agit que d’un aperçu.

Le leader officie du côté droit de la scène, parallèle au public et derrière des claviers qu’il ne quittera que pour un bref passage instrumental derrière la batterie au milieu du set. S’il n’a pas poussé le délire jusqu’à chausser des charentaises pour l’occasion, sa voix atmosphérique délibérément en retrait sied à un environnement psyché coloré downtempo qui associe Serge Gainsbourg à Sébastien Tellier (“Les cordes”, “Joe & Rose”).

Mais c’est principalement le musicien-à-tout-faire à sa droite qui détient les clés d’un univers solaire, lui qui passe sans le moindre souci de la flûte traversière au synthé via une sorte de tam-tam électronique (un gong était également sur scène mais ne sera finalement pas utilisé). À tel point que le guitariste et le bassiste passent au second plan alors que le batteur appliqué se démarque via une coiffure afro et un t-shirt Beastie Boys.

Richement travaillées, les compositions ont la particularité d’intégrer d’étranges bruitages (cris de corbeaux, sirènes d’ambulance,…) mais également des textes délirants par moments complètement hors propos (“Ca lance”). Ceci dit, les planants “Le Beefteak” et “Les cagouilles” serviront de fer de lance à l’hypnotisant “Les cigognes nénuphars”. Quand on vous disait que les titres valaient le détour… Un peu plus tard, le lancinant (et excellent) instrumental “Cancre” renverra les musiciens au vestiaire.

Ils entameront les rappels avec une surprise car visiblement “Bossa” (titre de travail) n’avait jamais été joué en public auparavant. On est prêts à les croire vu que ce soir est la première date de la tournée et qu’il n’a pas encore l’air tout à fait au point même si la guitare wah-wah apporte une touche groovante non négligeable. Le curieux “La belle affaire” à deux vitesses fera ensuite place à leur vision toute personnelle du générique des aventures de Tintin (qui ne pouvait être joué qu’en Belgique) et qui lancera à merveille un “Miguel El Salam” à la vibe orientale marquée mais à la longueur démesurée. La faute au pavot ?

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