Rostam, cet ex-Vampire…

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Producteur et artisan du son de Vampire Weekend, Rostam Batmanglij alias Rostam était de passage à la Rotonde du Botanique ce mardi 12 juin pour y défendre “Half-Light”, un premier album solo particulièrement coloré. Mais avant, place aux Liégeois de Dholes qui avaient pour mission de chauffer une salle encore relativement amorphe à ce moment de la soirée. Sérieux et assuré, le leader (qui tient également le micro au sein d’Elvis Black Stars) va d’emblée mettre sa voix légèrement rocailleuse au service de compositions prenantes et rêveuses dont les influences vont de Prefab Sprout à The National, rehaussées d’un addictif côté pop.

Ceci dit, un guitariste subtil légèrement en retrait et une choriste à la voix atmosphérique élèvent le niveau d’un cran, balisé par une basse entêtante et une batterie plus électronique qu’il n’y paraît. Simple et efficace, leur prestation d’un excellent niveau leur vaudra l’approbation d’un public subitement plus en verve.

Quelque mois après Baio au Witloof Bar, c’est un autre Vampire Weekend en solitaire qui foulait les planches du Botanique, même si Rostam ne fait plus officiellement partie du groupe New Yorkais depuis 2016. Un départ en bons termes puisque sa patte se retrouvera sur leur prochain album à paraître d’ici la fin de l’année. Mais un départ qui lui a surtout permis de consacrer davantage de temps à d’autres projets, dont une fructueuse collaboration avec Hamilton Leithauser, la voix de The Walkmen (“I Had A Dream That You Were Mine”) et un premier effort en solitaire tout à fait personnel.

Curieusement, il entamera son set avec le titre qui clôture l’album (“Don’t Let It Get To You (Reprise)”), plus assimilé à un épilogue qu’à une entrée en matière digne de ce nom. Mais c’était sans doute pour lui permettre de prendre ses marques. Son nouveau rôle de leader tranche en effet radicalement avec celui de producteur et de musicien de l’ombre, raison pour laquelle il manquera encore d’assurance pendant “Sumer”. Il faudra attendre le mondain “Wood” pendant lequel il attrapera une guitare pour le voir se décoincer.

C’est également à partir de ce titre que ses musiciens se dévoileront et participeront activement à la l’orchestration des compositions. D’un côté, le batteur, derrière un kit sans cymbale mais avec des tam-tams intégrés, imposera une rythmique naturelle. De l’autre, assis côte à côte, trois violonistes (dont deux à fond dans leur trip) et un violoncelliste apporteront chaleur, passion et bonne humeur à une prestation qui n’en manquera pas. Seules les curieuses projections laisseront à désirer.

Iranien d’origine, il n’hésite pas à intégrer des rythmes orientaux qui ne laissent personne de marbre (“Rudy”, l’exotico-baroque “Never Going To Catch Me”) alors que “Bike Dream” et l’excellent “Half-Light” démontrent son implication essentielle dans les hits de son ancien groupe. On lui reprochera peut-être une utilisation inopportune de l’auto-tune (“It’s Not My Fault (It’s My Fault)”) titre de Discovery, un autre de ses projets historiques ou de voix trafiquées (“When”) mais ces moments resteront isolés.

D’autant que la section de cordes sera tout bonnement impériale sur “Gwan” en clôture du set principal. Elle continuera sur sa lancée lors de rappels qui verront un des violonistes troquer l’espace d’“In A Dream” son instrument contre un banjo pour un résultat aussi efficace que surprenant. Une délicate cover du “Pink Moon” de Nick Drake à la guitare acoustique et, histoire de boucler la boucle, “Don’t Let It Get To You” sous sa forme world sautillante seront les ultimes présents généreux d’un gars bourré de talent, le vrai génie musical de Vampire Weekend.

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