Julien Baker, une rentrée tout en douceur au Bota

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À l’instar des écoliers un peu plus tôt dans la journée, ce lundi 3 septembre était synonyme de rentrée pour les afficionados du Bota. Sur la scène de l’Orangerie en ouverture de la nouvelle saison, la folk mélancolique de Julien Baker. Il s’agissait également d’une mise en jambes à son niveau puisqu’elle y entamait sa tournée européenne avec le support de Becca Mancari, une pétillante américaine d’origine italienne qui joue à ses heures perdues au sein de Bermuda Triangle aux côtés notamment de Brittany Howard, la chanteuse d’Alabama Shakes. Prolixe et particulièrement à l’aise, elle allait amuser la galerie avec ses anecdotes tout en promotionnant “Good Woman”, son premier album sorti l’an dernier en formule simplifiée.

En effet, elle joue d’une guitare acoustique pendant que son camarade à sa droite l’accompagne d’une six cordes électrique. C’est d’ailleurs lorsque ce dernier monte dans les tours que l’ensemble devient le plus captivant en s’éloignant d’un style country light un chouia trop mou du genou. Le dernier titre de son set devrait ainsi donner la pleine mesure de sa puissance en full band, une configuration qu’elle a promis de venir présenter en novembre. On est curieux de la découvrir…

L’actualité récente de Julien Baker se conjugue avec un supergroupe récemment fondé avec ses amies Lucy Dacus (impériale dans cette salle lors des dernières Nuits du Bota) et Phoebe Bridgers. Curieusement baptisées boygenius, elles s’apprêtent publier un EP dont les premiers échos font l’unanimité. Mais dans l’immédiat, c’est en solitaire qu’elle a foulé les planches de l’Orangerie et débuté son set avec un “Appointments” de circonstance. Il s’agit du titre le plus remuant (ou le moins soft, c’est selon…) de son deuxième album, “Turn Out The Lights”, qui n’a jamais aussi bien porté son nom.

En effet, c’est dans une obscurité quasi-totale que la native de Memphis aux bras tatoués et aux cheveux dans le vent s’est produite ce soir, devant un décor feutré. Guitare à la main et à proximité d’un synthé sur lequel elle ne s’attardera que rarement dans un premier temps, elle focalisera l’attention sur sa voix rocailleuse à la Ellie Goulding en déclamant ses textes sombres et déprimants dont il n’est pas toujours évident de saisir la teneur.

La majorité du temps accompagnée de Camille Faulkner, une violoniste à l’apport chaleureux tout relatif (mis à part sur l’excellent “Shadowboxing”), la jeune artiste va, à de rares exceptions près (“Happy To Be Here”, “Rejoice”), proposer un set linéaire qui finira par assoupir un public plus que discipliné. Il faut dire que sa timidité maladive n’arrange rien, pas plus que la chaleur suffocante régnant dans la salle.

Il faudra attendre la fin du set pour voir l’alchimie opérer entre le synthé et le violon (“Something”, “Sour Breath”) avant qu’elle ne se lance dans un speech déstructuré quelque peu gâché par une élocution précipitée. Cela ne l’empêchera pas de terminer sur une note enlevée avec la plage titulaire de son deuxième album pendant laquelle elle actionnera enfin l’option noisy de ses pédales à effets. Mieux vaut tard que jamais…

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