Dr. Jekyll and Mr. Hyde

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A la ville, Roger Chapman est timide et réservé ; on stage, il éructe les paroles incantatoires de ses chansons, gesticule, harangue la foule : une vraie bête de scène. Des années plus tard, il évoque ce paradoxe dans Hoodoo me up, extrait de l’album Zipper :

Some folk call me crazy
To others I’m discreet

Son charisme, son contact avec les spectateurs, sa simplicité, son sens de l’humour, arrachent au public subjugué une participation totale et font de lui un des showmen les plus populaires et les plus adulés malgré sa « barbed wire voice » et le caractère élaboré de sa musique. Ce mélange de sophistication et de violence contenue connaît son heure de gloire, surtout en concert, malgré les fréquents changements de personnel. Il y a entre les fans et lui une sorte de connivence tacite et même parfois de la surenchère. La légende raconte que certains soirs, envoûté par sa propre musique et par l’enthousiasme des spectateurs, il se frappe le front avec le micro, au point de terminer le show le visage ensanglanté. Un fou, mais un fou comme on les aime ! (pour établir un point de comparaison, George W. Bush est un fou comme on ne les aime pas. Pardon, ça m’a échappé, c’est plus fort que moi. Fin de la digression).

C’est la fin des golden sixties. Family est né. Les talents conjugués de Roger Chapman et John « Charlie » Whitney bousculent la rock scene anglaise dominée par The Rolling Stones, The Beatles, The Who, The Yardbirds, Them, … et plus tard Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Pink Floyd, … pour ne citer que les plus connus, dans des styles parfois très différents. Même Jimi Hendrix, pourtant entouré d’une aura entièrement justifiée, craint de succéder au Family sur scène, tant son impact sur le public est grand. Les albums principaux de Family sont : Music In A Doll’s House (1968), Family Entertainment (1969), A Song For Me (1970), Anyway (1970), Fearless (1971), Bandstand (1972) et It’s Only A Movie (1973).

En 1973, Family cesse d’exister. Chapman et Whitney fondent Streetwalkers, à tendance plus rock : les albums Streetwalkers (1974), Downtown Flyers (1975), Red Card (1976) et Vicious … But Fair (1977) sont les plus représentatifs du groupe. En pleine période punk, où l’on prône le retour aux racines du rock, à une musique minimaliste bourrée d’énergie, quand le succès leur tourne le dos, c’est la séparation. Chapman et Whitney estiment à ce moment-là qu’ils ont épuisé mutuellement leur créativité, qu’ils sont allés ensemble au bout de leurs possibilités musicales.

Roger Chapman se lance alors dans une carrière solo accompagné par The Shortlist mais il doit, comme plus tard Kevin Coyne et Chris Spedding, se rabattre sur l’Allemagne quand l’Angleterre, toujours friande de nouvelles têtes et parfois peu exigeante sur le plan de la qualité, ne veut plus de ceux qu‘elle appelle déjà des « has-been ». Ses principaux albums sont : Chappo (1979), Mail Order Magic (1980), Hyenas Only Laugh For Fun (1981), Mango Crazy (1983), The Shadow Knows (1985), Zipper (1986), Techno-Prisoners (1987), Walking The Cat (1989), Kiss My Soul (1996), Before Your Very Eyes (1997), A Turn Unstoned? (1998), In my own time (live) (1999) et Moth To A Flame (2001).

Le 27 avril 2003 à 20 h, Roger Chapman nous fait l’honneur et la joie de venir « mettre le feu » au Spirit of 66 : jeunes et moins jeunes, annulez vos rendez-vous dès maintenant, allez réserver en courant et surtout, ne le manquez sous aucun prétexte ! Francis Géron, le maître de céans, se charge du reste … Et n’oubliez pas pour autant les autres concerts !

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