Liturgie métallique à Chapelle

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L’organisateur Hell&M Prod asbl, très présent sur les réseaux sociaux, multiplie ses activités musicales avec une série de très belles affiches métal. C’est dans ce cadre que la salle Le Cercle de Chapelle-lez-Herlaimont accueillait une affiche métallique mélodique/symphonique le vendredi 7 septembre dernier. La soirée avait pourtant mal commencé: à la suite de problèmes durant le trajet, le tour bus qui conduisait les 3 groupes étrangers n’est arrivé que très tardivement dans la sympathique localité wallonne, alors que l’ouverture des portes était prévue à 19h00… Roadies et techniciens se sont aussitôt mis au travail pendant que les premiers arrivés patientaient dans le jardin de la salle en dégustant une boisson houblonnée. Grâce au professionnalisme de chacun, la soirée a finalement pu commencer avec un léger retard.


En ouverture de programme, la formation transalpine Alight, un quatuor originaire de Bolzano et fondé en 2005 par le batteur Mirko Montresor (ex-Broken Hearted, ex-Voices of Decay). C’est la première fois que le groupe se produit en Belgique dans sa composition actuelle avec Roberto Sieff à la guitare, Monica Perulli à la basse et la talentueuse Catia Borgogno au chant. Les Italiens assurent la promotion de leur deuxième album «Spiral Of Silence», sorti le 27 avril dernier. Malgré le peu de temps consacré aux réglages, Alight donne une prestation efficace et plutôt agréable, avec des compositions classées dans le métal gothique, mais agrémentées de sons électros. Six titres pour découvrir leur répertoire emprunté à «Fear Of Revenge» (2009) et au petit dernier : «Spiral Of Silence»,
«Disarmed»
,
«The Portal»
, «Let me Touch The Horizon», «Absence of Essence» et «Walk To The Line». Catia a une voix très agréable qui colle parfaitement aux compositions et Monica impressionne à la basse tandis que Roberto a un style sobre mais efficace. À la batterie, Mirko s’en donne à cœur joie. Et le public semble adhérer. Bref, une bien agréable entrée en matière.


Après une courte pause, c’est au tour du groupe italien Temperance de nous montrer de quoi il est capable. Nous avions déjà eu l’occasion de chroniquer un concert de ce groupe lors de son
précédent passage
en Belgique. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, on retrouve toujours aux commandes Marco Pastorino, le compositeur-guitariste-chanteur, entouré de la vocaliste Alessia Scolletti (Overtures et Sailing To Nowhere), du chanteur Michele Guaitoli (Kaledon, Overtures), du batteur Alfonso Mocerino et du bassiste Luca Negro.


Les Transalpins assurent toujours la promotion de leur dernier-né
«Of Jupiter And Moons»
. Leur musique est entraînante, sur des rythmes souvent véloces. Les mélodies se caractérisent par une très grande musicalité faisant la part belle aux voix. La setlist fait la part belle au nouvel album, avec en prime quelques reprises de la discographie antérieure :
«The Last Hope in a World of Hopes»
,
«Revolution»
,
«Broken Promises»
, «Deja Vu»,
«Me, Myself & I»
,
«Unspoken Words»
, «Oblivion»,
«Of Jupiter and Moons»
et «Way Back Home» et
«Empty Lines»
. Une prestation très dynamique qui semble plaire au public présent. La présence de trois vocaliste accentue le relief de cette musique très entraînante. L’entente au sein du groupe est parfaite et leur joie d’être sur scène est communicative. Du coup, le temps passe vite et les sympathiques Italiens doivent déjà prendre congé du public belge, non sans rappeler qu’ils seront en tournée avec Serenity aux Pays-Bas, en Allemagne et en France fin octobre.


Le groupe suivant est le régional de l’étape puisqu’il s’agit ni plus ni moins de l’incontournable Max Pie, bien connu des métalleux belges. Sur scène, on retrouve le sympathique et talentueux chanteur Tony Carlino, toujours très à l’aise devant son public, accompagné de Thibaut Basely à la guitare, de Sylvain Godenne à la batterie et de Lucas Boudina à la basse. Le groupe compte trois albums à son actif («Initial Process» de 2011, «Eight Pieces – One World» de 2013 et «Odd Memories» de 2015) et planche actuellement sur le prochain album.


Profitant pleinement de ce passage sur scène avant de se produire au Raismes Fest 2018, la bande à Tony propose des compositions power metal progressif avec les titres suivants (dont une nouveauté) : «Age of Slavery»,
«Promised Land»
, «Earth» et
«Unchain Me»
,
«Don’t Call My Name»
, «I’m Sealed»,
«Odd Future»
, «The Side Of A Dime» et
«Don’t Tell Me Lies»
. Une musique complexe dont la sophistication nécessite des musiciens virtuoses. Toute l’équipe assure vraiment et la voix de Tony se décline à merveille sur les différents titres. Mais le côté progressif n’est pas ce que certains sont venus chercher ce soir et je constate qu’une partie du public est partie se désaltérer en attendant la tête d’affiche, boudant – à tort – un groupe excellent et toujours très efficace en live.


Les lumières s’éteignent au son de «Deus Lo Vult», l’intro de l’album «Lionheart». Alors que les membres de Serenity s’emparent de la scène, le concert débute sur les chapeaux de roues avec
«United»
. Ambiance assurée dès le premier morceau, déjà un véritable hymne métal qui fait bouger le public comme un seul homme. Petit changement d’effectif pour cette tournée puisque Cris Hermsdörfer est absent (en train d’assurer la promotion du nouvel album de Beyond The Black) et remplacé pour l’occasion par le très jeune et talentueux Niklas Müller (Devilizer). Autre point important, Serenity voyage sans composante féminine sur cette tournée. On aura donc un set plus masculin avec deux inédits.


Le programme se poursuit avec un grand classique, «Far From Home» (extrait de l’album «Death & Legacy»), suivi du superbe
«Spirit In The Flesh»
qui met en valeur le talent vocal du bassiste Fabio D’Amore. On reste dans le power métal masculin avec un autre morceau bien énergique :
«Iniquity»
. Fabio, Georg et Nik s’éclatent ensemble sur scène tandis que Andreas Schipflinger reste très appliqué à la batterie et aux chœurs. Le public adhère et répond aux invitations de Georg à participer à la fête.


On embraie avec «Hero», extrait du dernier opus, avant que Georg annonce la première suprise de la soirée puisque les Autrichiens revisitent leur répertoire et proposent pour la toute première fois en live le morceau «Youngest Of Widows», extrait lui aussi de l’album «Death & Legacy». En entendant la beauté des harmonies vocales masculines, on se demande comment ce morceau a pu rester dans les tiroirs aussi longtemps. Un superbe moment musical… Le public ravi a droit ensuite à une autre surprise, un morceau acoustique inédit, qui figurera sur le prochain album et qui porte le titre provisoire de
«In The Name Of Scotland»
. Comment souvent avec Serenity, ce titre retrace un épisode historique qui opposa l’Angleterre à l’Écosse. Après cette belle découverte, retour au répertoire classique avec «New Horizons». Le concert s’achève sur 3 autres grands classiques :
«Velatum»
,
«Lionheart»
et «Legacy of Tudors».


Les lumières s’éteignent mais le public en redemande et les Autrichiens ne se font pas prier pour un dernier round d’honneur avec
«The Final Crusade»
qui raconte les derniers moments de Richard (Georg) qui voit défiler le film de sa vie avec intervention de la mort (Nik à la voix extrême) et d’un ange (Alessia Scolletti qui rendre ici les lignes de chant interprétées sur l’album par Federica Lanna de Sleeping Romance). Retour à un morceau de mecs avec l’inoxydable «Reduced To Nothingness» avant de terminer la soirée par le géantissime
« Follow Me»
. C’est sous des applaudissements nourris que Serenity quitte la scène en fixant rendez-vous au public pour sa tournée d’automne qui passera notamment par l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, l’Italie et l’Autriche. Encore une belle soirée à mettre sur le compte de ces artistes hors pair, sans oublier de remercier les organisateurs de Hell&M Prod asbl pour l’excellent moment passé grâce à leur travail.

Photos © 2018 Hugues Timmermans

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