Cat Power, délestage et blackout

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Le lendemain du concert d’Anna Calvi au Bota, une autre représentante de la gent féminine du rock indie se produisait à Bruxelles en support de son nouvel album attendu de longue date. Mais contrairement à elle, Cat Power retombera dans ses travers devant un public de l’AB pourtant entièrement acquis à sa cause… Choisie pour assurer la première partie, Stephanie Goodman alternera elle aussi le chaud et le froid. La native de Brighton a beau avoir fondé The Blue Minkies, le secret punk le mieux gardé de Brighton, elle n’en a conservé que l’aspect DIY. Avec l’aide d’un guitariste et d’une occasionnelle boite à rythmes, elle confère un aspect minimaliste à des compositions qui vont de la mélancolie de Beach House à la rugosité de The Kills sans la moindre transition.

Six ans après l’excellent “Sun” et un passage remarqué dans cette même salle dans la foulée, Chan Marshall alias Cat Power a publié début octobre “Wanderer” sur lequel le piano occupe une place centrale. Un disque introspectif et rasséréné qui n’a pas plu à Matador. Mais plutôt que de se plier aux exigences de son désormais ex-label qui lui réclamait un copié-collé du précédent, elle a frappé à la porte de Domino (encore un lien avec Anna Calvi) qui, au contraire, l’a publié tel quel, y compris la pochette maison réalisée en deux clics sur son iPhone et sur laquelle on aperçoit son fils né entre-temps.

Entamée en douceur avec “He Turns Down”, un extrait de “Moon Pix” qui vient de fêter ses vingt ans, la prestation ne tardera malheureusement pas à battre de l’aile. Visiblement peu à l’aise sur le devant d’une scène à peine illuminée de lumières tamisées, la chanteuse vêtue d’une longue robe noire tient entre ses doigts un bâtonnet d’encens mais ce sont sans doute d’autres substances, moins licites, qu’elle a ingurgitées au préalable.

Derrière elle et désespérément abandonnés dans la pénombre, ses trois musiciens (une batteuse, une guitariste et un claviériste) font pourtant le boulot mais cela ne suffira pas à sauver une set-list peut-être un rien trop mollassonne et des problèmes techniques récurrents qui irriteront Miss Marshall au plus haut point. À ce propos, ce ne sont pas deux mais trois micros qu’elle utilisera, dont un destiné aux effets auto-tunés pas toujours très heureux (“Cross Bones Style”, par exemple, renverra vers Poliça).

Ceci dit, quelques bons moments émailleront la soirée et les nouveaux titres ne seront pas en reste (le consistant “Robbin Hood”, l’uptempo “Woman”, l’entêtant “In Your Face”) au même titre qu’un “Manhattan” soutenu. Pour le reste, elle tirera son épingle du jeu via des covers et on sait qu’à cet exercice, elle est imbattable (cfr ses albums “The Covers Record” et “Jukebox”). Ce soir, son impeccable version du “Great Waves” de Dirty Three et celle, méconnaissable du “White Mustang” de sa nouvelle amie Lana Del Rey (qui l’accompagne sur le précité “Woman” en studio) élèveront les débats. Sans oublier le “Into My Arms” de Nick Cave en tant que point de départ d’un medley en début de set.

En revanche, c’est dans un état second qu’elle intervient entre les morceaux, parvenant à peine à articuler. Elle se couvrira même de ridicule en demandant si l’AB n’était pas une banque, un cimetière ou une piscine avant de devenir une salle de spectacle. Par après, la vibe reggae de “Wanderer” et le dépouillé “The Moon” ponctueront sa prestation d’honorable manière mais on l’avait perdue depuis bien longtemps. Dommage…

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