The Breeders, Last Pod Nerve…

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Après avoir célébré en grande pompe le vingtième anniversaire de « Last Splash« , les Breeders sont revenus plus requinqués que jamais en publiant au printemps dernier « All Nerve », un consistant cinquième album qu’il sont venus présenter à La Madeleine. Un choix curieux vu l’apparente contradiction entre le raffinement de l’endroit et l’environnement crasseux distillé par les jumelles Deal & co que Disco Doom, le groupe qui les accompagne sur cette tournée, prendra (un peu trop) à la lettre. En effet, les Zurichois prônent une distorsion appuyée qui anéantit presque un aspect mélodieux pourtant perceptible derrière le mur du son et les larsens. Quelque part entre Dinosaur Jr et les Manic Street Preachers lors de leur première répète, ils vont finir par nous perdre au travers de parties presque progressives dont on cherche encore la pertinence.

Avec cinq albums en un peu moins de trente ans, on ne peut pas dire que les Breeders soient les meilleurs clients des studios d’enregistrement. Mais la différence avec « Title TK » et « Mountain Battles » (qui seront d’ailleurs à peine abordés ce soir), c’est que la bassiste Josephine Wiggs et le batteur Jim MacPherson ont réintégré leur fonction aux côtés de Kim et Kelley Deal. Avec à la clé « All Nerve », une nouvelle plaque qui respire la grande forme et qu’ils vont abondamment visiter ce soir via une set-list kilométrique.

Et ce, même si le début du set fera la part belle à « Last Splash », le classique que ce même line-up a enregistré voici un quart de siècle et qui a visiblement conservé une saveur particulière dans le cœur d’un public à la moyenne d’âge plus élevée qu’à l’accoutumée. Il suffira de voir (et d’entendre) les réactions qui accompagneront les premières notes de « Saints » ou de « Divine Hammer » alors que la bordélique seconde partie de « No Aloha » sera particulièrement acclamée.

Ceci dit, tant l’efficace single « Wait In The Car » que la sensuello-nerveuse plage titulaire du nouvel album ne dépareilleront aucunement au milieu de cette première salve grunge ponctuée par un « Invisible Man » musclé. Un peu plus tard, « Howl At The Summit » (boosté par Courtney Barnett en studio), « Nervous Mary » (tout est dans le titre) et surtout « Spacewoman » démontreront la pertinence des nouvelles compositions.

Sur scène, la bonne humeur semble de mise. Les frangines se taquinent et le sourire de Kim pardonne la justesse parfois hasardeuse de son chant et quelques approximations (notamment l’intro triplement loupée de « Off You »). De l’autre côté de la scène, Josephine Wiggs, pince-sans-rire à lunettes, mâchonne son chewing-gum et décoche quelques piques sans venin à leur encontre alors que le batteur à la main droite gantée matraque sans relâche. Un claviériste additionnel invisible jusqu’à ce que la chanteuse le présente sur « Fortunately Gone » participe également sporadiquement à la fête.

Un « Safari » quelque peu brouillon et un enlevé « New Year » introduiront l’imparable « Cannonball » et son micro saturé, morceau de bravoure qui ne générera toutefois pas les mouvements de foule escomptés (la salle, le public ?). Au contraire du… « Gigantic » des Pixies en guise de final du set principal. Bien que co-écrite par Kim, cette version laissera franchement à désirer. En revanche, celle du « Happiness Is A Warm Gun » des Beatles, exécutée d’admirable manière, célébrera au jour près le cinquantième anniversaire de la sortie du « White Album » duquel elle est extraite.

En fin de set, Kim et Josphine échangeront leurs instruments respectifs et se partageront les vocaux sur un très réussi « MetaGoth », ultime nouvelle composition de la soirée. Les rappels, quant à eux, permettront à Kelley de donner de la voix après quelques dispensables onomatopées sur « I Just Wanna Get Along ». Dans la foulée, les enlevés « Do You Love Me Now? » et « When I Was A Painter » achèveront le boulot sur une note revival mais pas nostalgique. Les Breeders ne semblent en effet pas encore avoir leur avenir derrière eux…

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