UGLY BUGGY BOYS : UN BAND TONIQUE !

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UGLY BUGGY BOYS one more time… Spirit of 66 / 12 juillet 2003. J’ai déjà dit tout le bien que je pensais des Ugly Buggy Boys après les avoir vus au Boogie Town et je le maintiens !

Ce « musical comic trip concept » ne pourrait fonctionner sans talent ni maîtrise instrumentale. Il y a donc bien plus que de la simple parodie là dedans. C’est de l’ « entertainment » à l’état pur. Pour faire le comique, il faut aussi en avoir le sens (… du comique, of course) et c’est bien le cas ici. Pouvoir condenser, comme dans un cartoon, un ensemble de faits et gestes, grimaces et mimiques, traits dominants et tics musicaux du old-time-farmer-cow-boogie-blue-billy-western-chicken- swing n’est pas nécessairement donné à tout le monde.

J’avoue ressentir un plaisir intense à l’écoute de cette musique qui ne se prend pas la tête et qui donne de la joie. Ce passage en revue impertinent voire iconoclaste de toutes les sonorités qui nous ont fait évoluer vers le rock-and-roll réveille en moi le souvenir des cow-boys et des indiens, des looney tunes et du sheriff maladroit. C’était sans doute la période de l’insouciance et de la magie des images lointaines, probablement le temps où l’on vivait ses rêves pour agrandir l’espace et courir après les étoiles, certainement l’époque des sons nouveaux, en tout cas c’était l’instant de la camaraderie par excellence, des gnons et parpaings vite pardonnés ; des bleus et bosses endurés pour grandir, c’était l’éternité !

Voilà à quoi je pense en écoutant cette musique pétillante et drôle, décapante et rigolote. Je me marre en imaginant les Ugly Buggy Boys courir après le poulet sans tête à travers la cour de la ferme et se lacérer l’arrière-train à coups de balles perdues. Je les vois s’étrangler à table en avalant le café salé ou en découvrant la souris dans le pain. Je pense aux œillades perverses du Cousin Wigelwagel dans le corsage de Ma Teaspoon. L’air ahuri de Poodle qui vient de retirer la chaise de Gran’pa Willy au moment où il s’asseyait… J’entends les ronflements d’Averell endormi dans la grange pendant que Maggie, la vache, lèche le beurre sur la table de la cuisine (juste retour des choses, non ?).

C’est tout cela Ugly Buggy Boys, un immense moment de bonheur, une franche pinte de gaieté et d’humour toniques et puis la musique, toujours la musique, entraînante, irrésistible et délicieuse comme le café Wag ou l’Apfelstruddel.

Quelques grosses secondes d’accordage pour la contrebasse de Holly (il est pas venu en Twingo, lui…) puis un petit instrumental « pické » pour commencer, nous voici immédiatement plongés dans le TSOUINGTAGADATSOUINGTSOUING du plus bel effet.

Quand c’est parti, c’est parti, dis donc, plus un temps mort ni un fifrelin de nonchalance dans la première demi-heure hilarante. Les classiques « Josephine » et « Chicken in the barn » entourant « Good Luck » que je ne connaissais pas, tout est fait pour bouger dans c’t’affaire…

Voici qu’arrive une de mes chansons préférées « Hot corn » (on passe de la Gibson à la Telecaster) dont le phrasé et l’assonance sont instantanément accrocheurs. Essayez de prononcer très vite Hot Corn Cold Corn et vous verrez… Le clapant « Honky Tonkin » qui suit me fait rouler par terre de rire (vu le joke entre « Hawaï » et « Aywaille »). J’vous raconte pas, faut les voir…. Retour à la Gibson pour un des grands moments du show : « La gosette aux pommes » qui, paraît-il se traduit par « Apfelstruddel » en anglais de chez les-z-américains.
L’enchaînement avec « Kafe Wag » nous empêche de respirer tellement on rigole. Fallait la faire aussi celle-là : « le café Wag à du goût », trop-too-much, énorme !!!

Et alors ! Et alors ? Eh ! Eh ! « SOTW » est arrivée hé hé, bien tassée hé hé !!! Je traduis pour les absents : Smoke on the water, l’irrésistible cover de l’irrésistible trio UBB ! C’est ce qui m’avait proprement scié au Boogie Town… Revisitation destroy, grande audace, folle idée mais superbe dérision. Etonnante alchimie ! On a beau intégrer le décalage « horreur » comme dirait l’autre, (surtout Richie d’ailleurs) il faut bien reconnaître que le résultat est sublime… Depuis que j’ai entendu cela, j’entrave plus l’air de l’originale… Faut le faire, non ?

Petite bière à la pause, on salue amicalement les « laids pleins de poux garçons » (traduction littérale) pourtant très gentils et propres sur eux et on reprend avec « Davy Crockett ». Souvenir, souvenir, c’est Walt Disney évidemment. Suit « Mean old man » un grand boogie-pické de derrière les fagots (« behind the fagots », en français dans le texte) qui nous remet en mouvement pour atteindre sur les rotules (déjà) « Mama don’t law » une vraie petite merveille du genre.

Puis le carnaval commence (en juillet faut le faire, hein !). C’est la samba du train postal, conduite de main de maître par un trio lâché, au sommet de son art… (Mail Train sur le disque, pour les anglophophones) enchaînée à « Tap that thing » (que du bonheur) et au grandissime « I hate the tekno », avec, à la guitare qui glisse : le prodigieux TC (prononcez Tiîîî Siîîî). Dément ce quart d’heure suivi par un petit air de Steel Guitar. Dément, vraiment !!!

« Rollin », je le dis sans hésiter, est un grand morceau de blues honky tonk. Très sincèrement, je trouve cette chanson magnifique. Bien au-delà de la caricature, elle a un sens propre et une esthétique parfaite. Pareil pour « No reason » et son contre-emploi de « Hound Dog ». Cette façon de triturer la ligne rythmique se place idéalement dans la veine bleue… J’adore.

Un petit mot des musicos ! Chacun d’entre eux, dans un genre respectif et avec des moyens personnels incontestables, apporte une coloration précise au groupe. L’assiduité et l’apparente facilité (faut jouer quand même, hein) de Nick à la batterie nous font littéralement caresser le rythme dans le sens du poil. Il ajoute aussi sa touche de fraîcheur dans les passages vocaux et un humour de bon aloi qui déride admirablement l’atmosphère. Adorable bonhomme, au demeurant, il se souvenait même de mon nom dis donc (nondidon) !

Le saint Bassiste de service, Holly le bien nommé, qu’on croirait tout droit sorti du crayon de Hanna et Barbera me fait crever de rire. Ce brave homme a un sens inné du comique. Tout dans le regard. Pas besoin de gigoter ni d’en remettre. Il « est » drôle. Et puis aussi, quand même, il sait y faire à la contrebasse. Il nous a servi quelques moments de bravoure et de grandeur à saluer avec chaleur et enthousiasme ! Son adroite connivence avec le public est une clef du spectacle, en fait…

Quant à notre Averell TC, je n’ai que des éloges à lui adresser. Ce qu’il nous balance (le terme est bien choisi) à la guitare, est merveilleux, chaud, spontané, pétillant et irrésistible. Impossible de résister à son sens du swing implacable et presque hypnotique. J’aime vraiment cette façon de donner le maximum avec une économie de moyens respectable et sans démagogie. C’est un catalogue à lui tout seul Averell. Une encyclopédie de l’histoire des rythmes, un véritable dico de la tablature, le Django du picking, le Nobel de la slide (et je pèse mes mots…)… Il mériterait une statue à cheval au Grand Ole Opry, j’ai dit !
Passé ce superbe « Rollin » et l’autodérision du batteur qui se fait applaudir lui-même (je me tords de rire), j’ai vécu un véritable sommet (rarement atteint à mon avis) : la chanson du Requinquin. Faut que je vous donne les paroles de cette pièce d’anthologie : « Les poissons, sont, dans la mer, mer, c’est un chanson, son, pour les petits lardons, donc, c’est l’histoire des requins, quins ». Admirable disais-je ! Ebouriffant même, que dis-je ? Fabuleux, leux !

Petites variations multiples à la guitare, pour suivre, sur l’air de Yaketi Yak, le grand TC nous aligne quelques descentes de manche gigantophénomegabuleuses qui montrent combien ce Monsieur maîtrise admirablement son sujet.

Après le décapant « Cincinati Lou » et l’énorme « Milka Blues » bien connu des fans, le rappel final sera d’apothéose ! Reprise (tiens donc) de Smoke et retour au café Wag ! Tout le monde chante en chœur. C’est l’instant psychologique que je choisis pour m’évacuer en douce vers les waters parce que notre délirant bassiste n’a rien trouvé de mieux que d’appeler le public à faire une farandole dis donc… (oldidon) ! Au Spirit, encore ! Non mais !!! J’ai failli me faire rattraper par le serpent à sonnettes mais heureusement j’ai pu m’abriter derrière la carcasse géante d’Olivier qui fait au moins deux mètres. Courageux mais pas téméraire Didi… une farandole, moi !? J’ te d’mande un peu, mais où va-t-on ? Je crois bien qu’il n’y a que les Bretons qui ont réussi cela ici avant. Si je ne m’abuse ça doit être les allumés d’E.V. et UBB qui remet cela maintenant ??? On aura tout vu !!!

Heureusement, on s’est payé un dernier petit coup de « Mail train » pour la route et tout est rentré dans l’ordre. Ouf… Je l’ai échappé belle ! Une farandole au Spirit ! Non mais !!!

DD

Les Ugly Buggy Boys seront à Verviers, en live open, le 27 septembre, Place du Martyr, pour les Fêtes de Wallonie !!!

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