COFFEE SHOP : Tribute to Red Hot Chili Peppers

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COFFEE SHOP/SPIRIT OF 66/3/10/2003 La vie de fan de rock est décidément toujours imprévisible.

Le 3 octobre 2003 devait être une date marquée à jamais par le retour au Spirit des enfants chéris d’American Dog et de leur musique heavy-can-diesel et puis voilà qu’une sombre histoire de billets d’avion vous plonge involontairement et aussi sec dans l’univers de la fusion façon Red Hot Chili Peppers.

Certains grands écarts musicaux ont un vibrato impressionnant…

Tout ceci pour dire qu’en lieu et place des baroudeurs de l’Ohio, nous nous sommes retrouvés en face de petits gars de Verviers énergiques, bien sympathiques, présentant un set vitaminé et parfaitement cadré sur le sujet, à savoir un cocktail funk-trash-metal-rap-pop du plus bel effet.

Et qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis venu de mon plein gré en sachant à quoi m’en tenir, personne ne m’a forcé.

Impossible, dès lors, de manquer l’occasion pour souligner la prestation intéressante d’un groupe qui a accepté, un peu au pied levé, ce remplacement inopiné.

« Coffee Shop », titre d’une chanson tirée de l’album 1995 des Red Hot Chili Peppers : « One Hot Minute » est un groupe de potes basé autour et alentour des méandres de la Vesdre, (tous occupés dans la vie par autre chose que la musique) animé par le fun, managé, boosté et drivé par les deux Thierry : Heselle (drums) et Delcour (basse) qui sont, en somme, les initiateurs et la colonne vertébrale du projet. La paire vocale composée de Jean-Philippe Lejeune et de Philippe Coibion est une heureuse surprise et, last but not least, Tony Deroanne, à la guitare, se démerde vachement bien (oui je sais mon style est reconnaissable entre tous…).

Le site web www.coffeeshopmusic.be vous en dira beaucoup plus encore à leur propos.

Ce n’est pas la première fois que nos gaillards investissent le Spirit of 66. Ils sont déjà passés ici pour une soirée privée et connaissent forcément bien les lieux.

D’une manière générale, le set couvre la période RHCP 1989-2003 et fait donc l’impasse sur les quatre premiers albums. Plus de la moitié de la set list est extraite de : « Blood Sugar Sex Magik » 1991 et de l’incontournable « Californication » 1999. C’est dire si ces albums font l’unanimité.

Le tour de chauffe sur « Emmit Remus » et « Suck My Kiss » permet quelques ajustements, en particulier en ce qui concerne les voix. J’ai noté plus haut l’intérêt de l’intervention simultanée de deux chanteurs parce qu’elle évite la saturation et donne, évidemment, du tonus aux chorus. Comme les timbres sont assez rapprochés (avec quelques petites différences toutefois), le ton d’ensemble est homogène et, finalement, très crédible.

La paire bass/drums « frappe » instantanément (c’est vraiment le cas de le dire) l’attention. C’est sûr que la basse est omniprésente chez RHCP mais je note la bonne tape instinctive entre les deux Thierry. Les accents « gibsonniens » de Tony Deroanne me séduisent également.

« Breaking The Girl » (BSSM 91) donne une bonne idée des possibilités du band. C’est une chanson au tempo plus lent qui n’autorise aucune faille. Elle passe admirablement et le crescendo final est remarquable.

Pendant « Aeroplane » (One Hot Minute 95) je m’amuse (ce qui est bon signe) en imaginant que le hasard fait parfois bien les choses. Retrouver la musique des Chilis à travers ce gig me rappelle une tonne de souvenirs. J’observe les kids en bord de scène et je repense à la petite conversation que j’ai eue avant le show avec Thierry Heselle, le batteur. Ce pont entre les générations a quelque chose d’éminemment sympathique. C’est un lien émouvant qui montre la grande universalité du rock et, en quelque sorte, son importance culturelle (oui, je sais ce sont des grands mots, mais on se comprend…).

En passant je dois souligner la belle tenue des soli de Tony Deroanne qui joue assez « délié » (comme j’aime bien quoi…) et certains chorus haut-perchés des frontmen qui assurent de mieux en mieux. Les sorties de basse me ravissent inconditionnellement. Thierry Delcour ne ménage pas ses efforts et sait jouer utile. Il évite, à mon avis, adroitement, le piège de la démesure ou du covering facile et révèle une certaine personnalité tout en restant parfaitement dans la ligne « Red Hot ».

« By The Way » tape sec. Le phrasé est bon, ça roule et ça a de la gueule. Le set devient chaud et les reprises au chant incandescentes. Pareil pour « I Could Have Lied » et son intro martelée adorable. Le mix des voix donne du bonheur et le son de la guitare est parfait. Ah ! la Gibson ! Cela dit, la Tama n’est pas en reste et le bûcheron de service, Mister T.H. (pronounce « Ti ètche »), irréprochable !

Petit solo d’entame craquant pour « Around The World », puis chant « rapé » et beat d’enfer qui correspondent totalement à l’esprit RHCP ! Y’a pas à rougir, les gars, c’est nickel !!!

Le gimmick d’entrée du magnifique « Otherside » me rappelle furtivement Lou Reed et le super gros beat de drums qui structure « Sex Magik » achève de me convaincre, ce gig tient la route.

Comme petit cadeau de fin de première partie, surgit l’énorme « Are You Gonna Go My Way » de Lenny Kravitz qui cartonne à mort, illuminé par les riffs de guitare sublimes du Sieur Tony !!! On ne s’ennuie décidément pas, ce soir…

Durant la mi-temps, Francis Géron fait la promo d’American Dog qui doit revenir le 17 octobre (sans faute), je ne vous dis pas le niveau de décibels employés pour la circonstance… hum ! Ah ! Que c’est beau un militant du rock and roll au sommet des tranchées !

Retour à nos « poivres d’un rouge ardent de piment » (traduction Altavista Babel Fish), torses nus (batteur excepté) et prêts à remettre le couvert pour notre plus grand bonheur dont le mien comme dirait l’autre …

Evidemment « Coffee Shop » frôle la perfection. On sent que le groupe maîtrise admirablement un titre devenu emblématique. Rien que ce moment vaut le déplacement. C’est une très bonne chanson, bien rendue ! Déjà, faire rimer Coffee Shop et Iggy Pop, c’est grand, non ? Puis le reste, of course. Conviction dans les basses, assurance aux vocals, pertinence de la guitare et détermination absolue des drums, que veut le peuple ? Hein ?

« Higher Ground », le seul titre de « Mother’s Milk » interprété ce soir, est, on a du mal à le croire, une reprise de Stevie Wonder avec laquelle les Reds originaux ont réalisé le titre le plus franchement et le plus agressivement rock qu’ils aient pu produire. La version des « Coffee Shop » est tout simplement magnifique. La partie rythmique que se livrent Thierry Delcour et Thierry Heselle me met sur le cul… (« On the bottom » pour les bilingues). Cela fait longtemps que je voulais le dire, je trouve Thierry Heselle constant et convaincant dans son jeu. Comme on dit, il domine son sujet sans spectaculariser ses interventions mais avec une qualité équivalente dans tous les registres : cadrage, percussion, mise en relief et assemblage. Il apporte, ce qui ne gâte rien, une certaine élégance visuelle dans sa façon de jouer très « haut ». Voilà, c’est dit, et tout cela au moment où retentit le décapant et sulfureux « Californication » bien cadré par le groupe, solidement mené au chant et manifestement apprécié par le public.

« Scar Tissue » issu du même album original très bien donné, précède immédiatement le superbe « Throw Away Your Television » (à rapprocher d’un certain « TV Disease » d’ « Am’ Dog », comme quoi les raccourcis sont parfois saisissants). Là on est dans le plus chaud du concert. Les chorus sont admirables et la mise en place parfaite. Le choix des morceaux y est sans doute aussi pour quelque chose. « Under The Bridge » pour ne pas le citer, malgré quelques incidents techniques, passe magnifiquement la rampe et « Can’t Stop » remet admirablement les voix en évidence. Jean-Philippe Lejeune, plus carré dans ses attaques, dispose d’une légère mise en avant mais aucune hiérarchie n’apparaît dans ce duo qui, au final, se complète harmonieusement. Philippe Coibion a vraiment la gueule de l’emploi pour ce genre de gig. Il séduit manifestement par une force de conviction très « soul ».

Dois-je vous dire que « Give It Away » a mis le feu aux rideaux ? Non bien sûr et qu’ « If I Have To Ask » s’est achevé dans le délire ? Oh que nenni !

C’est là-dessus qu’on s’est payé le magistral « Killing The Name » de Rage dans le déchaînement total de l’assitance… Grande partie de lead, dans ce morceau… Bravo Tony : you’re really the best !!! Et surtout bichonne ta Gibson noire, elle est bonne comme toi !!! Oh ! la montée finale vers l’extase… Enorme fin de concert vraiment…

Et que dire des deux rappels percutants : reprise de « Sex Magik » et « Suck My Kiss » dans un délire ambiant explosif (faut demander aux musiciens de Galahad qui étaient dans la salle…) où le band a tout donné. Bien, bien, tout bon job les gars !

Quelle terrible soirée, j’ai bien fait de venir, aucun regret vraiment, merci à Coffee Shop et bonne route à Spa, Vielsalm et ailleurs sur la terre… DD

PS : et ce soir là, en prime, me fut donné l’indicible plaisir de retrouver les piliers de Prog’ Resiste prêts pour la convention du lendemain (enfin, euh… on était déjà demain). Good luck, guys !!!

2 pensées sur “COFFEE SHOP : Tribute to Red Hot Chili Peppers

  • août 16, 2010 à 15:48
    Permalink

    J’ai vu Coffee Shop et recemment a Liege un nouveau “tribute band” aux Red Hot qui s’apl ARCADIUM… Ces derniers sont incomparables: 2 crans au dessus. Guitariste d’exception (un virtuose, vrmt), section rythmique + efficace (surtt la batterie bcp plus “carree”, sans ralentissements ni accelerations), un chant plus authentique et une energie spectaculaire..
    Un son general plus “rock” que les premiers a mon sens plus “pop”…
    Je te conseille franchement ce nouveau groupe dont tu entendras bientot parler donc: ARCADIUM.
    A bon entendeur…
    Lio

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