Peter GABRIEL, Forest National 26/5/04

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Ayant loupé le concert de l’an dernier (Growing Up Tour), dès que j’ai appris que Gabriel revenait à Bruxelles je me suis rué sur mon téléphone pour commander des places. Et combien ai-je eu raison. Et combien les accros qui ont été voir les deux concerts ont eu raison. En effet, Peter et ses musiciens, à l’instar de Steve Hackett, ont changé plus du tiers de leur set pour la tournée 2004 (Still Growing Up Tour), belle récompense pour les fidèles ! bien dans le style du gars…briel ! Autre délicate attention, la scène ronde dotée d’un anneau tournant permettant à chacun de bien voir, quelle que soit sa place.

Après le traditionnel set « de chauffe » destiné à lancer un nouvel artiste real world , ce soir : Daby Touré, Peter monte seul sur scène pour interpréter le superbe « Here comes the flood », version acoustique disponible sur le best of : « Shaking the tree », version acoustique transcendant la version du premier album. Après cette douce introduction, les musiciens entrent en scène et on entre dans le vif du sujet avec « Darkness » au début tonitruant alternant avec des passages mélodiques tout à fait splendides. Le concert sera une suite de friandises savamment arrangée avec quelques belles surprises distillées ça et là tout au long du show. Quel plaisir de réentendre quelques vieux classiques des années quatre-vingt, comme « Games without frontiers » ou l’extraordinaire « San Jacinto » (qui flanque toujours le frisson). Nous avons aussi droit à un tout nouveau titre : « Baby Boy ». Le rejet de la violence et la lutte pour le respect des droits de l’homme obsèdent Peter Gabriel, de « Games without frontiers » à « Biko » en passant par le terrible « Signal to noise » ou le prémonitoire « The tower that ate people » (écrit pour le concert du millénium : « Ovo » et donc plus d’un an avant le 11 septembre) le concert est une véritable ode à la déclaration universelle des droits de l’homme (Peter a d’ailleurs créé sa propre association : « Witness »).

Les rappels offrent leur part de surprise, puisque après l’habituel « In your eyes » où Peter fait monter sur scène l’artiste qui a ouvert le concert, nous avons le bonheur d’entendre le très beau « Come talk to me » et que la troupe renoue avec la tradition (excellente) du « Biko » final, après (seulement !) … trois heures de spectacle !

Et quel spectacle ! Le son c’est bien, son et lumière c’est mieux. Comme à chaque tournée, notre homme soigne son show, trouvant toujours de nouveaux trucs pour nous émerveiller. Un grand que l’on se régale à voir « jouer » devant nous. Tourner autour de la scène dans une énorme boule sauteuse pour illustrer « Growing up »… il n’y a que lui pour oser une chose pareille , belle prouesse technique également que de parvenir à ne pas se casser la figure ou balancer tout par terre, tout en continuant à chanter juste (les chansons du Gab’ n’étant pas spécialement faciles à interpréter, c’est le moins que l’on puisse dire), ou encore de chanter « Downside up » avec sa fille tout en marchant à trois mètres du sol… la tête en bas !!! Performances qui ne sont pas sans rappeler le traditionnel saut de l’ange que Gabriel exécutait en interprétant « Lay your hands on me » il y a (déjà !) vingt ans. Bref, on en prend plein la vue, mais sans excès. Le spectacle reste toujours de très bon goût. La tournée « Growing up » est immortalisée sur un magnifique DVD que je ne puis que vous conseiller d’acheter, un nouveau DVD « Still growing up » serait en chantier, avec des séquences du concert de Forest. Le CD du concert est disponible sur www.petergabriel.com.

J’ai évoqué le respect de Peter Gabriel pour son public, qu’il connaît au point de toujours accoller à ses petits mots français leur équivalent néerlandais et présentant ses chansons en anglais afin de ne vexer personne (alors qu’il s’exprime très bien en français !), je n’ai jamais vu d’artiste non belge faire cela chez nous. Le respect du staff également que Peter met un point d’honneur à nous présenter. Respect (voire amour) de ses musiciens (petite touche sentimentale pour Mélanie) qu’il présente comme il se doit entonnant un mérité « happy birthday to you » en l’honneur de Richard Evans excellent multi-instrumentiste qui fête ce soir ses quarante ans.

Si Peter connaît bien son public, son public le connaît bien également, en témoigne la formidable ovation réservée aux (excellents) musiciens bien sûr, mais tout particulièrement aux collaborateurs de longue date : le brillant David Rhodes, et au fidèle d’entre les fidèles : le maître bassiste Tony Levin !

Peter Gabriel sait vraiment tout mettre en valeur, il nous a tout simplement offert la beauté.
Pour citer notre (très) cher Marc Ysaye : un tout tout grand bonhomme !!!!

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