Excellent concert du Pip PYLE’s BASH au Spirit ce 18.06.2004

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En fait, je n’avais plus rien entendu du batteur Pip PYLE depuis son passage dans GONG en 1971 pour deux albums que je n’écoute plus très fréquemment, « Camembert Electrique » et « Continental Circus ». Il avait donc 21 ans et venait de CHICKEN SHACK. Il ne restera donc qu’un an dans la folie du GONG de l’époque et le rejoindra encore ponctuellement dans les années 1990. Il jouera également, entre autres, avec HATFIELD AND THE NORTH, NATIONAL HEALTH, IN CAHOOTS, John GREAVES, Hugh HOPPER et Richard SINCLAIR ; tout cela en dehors de ses projets en tant que leader. Je me dois d’avouer que tout ce qui tourne et a tourné autour de ce qu’on appelle « la planète GONG » m’intéresse et justifie ma présence au concert. En plus, après avoir vu l’ex-SOFT MACHINE Hugh HOPPER avec son FRANGLO BAND le 30.05, je tenais à revoir le brillant guitariste Patrice MEYER qui l’accompagnait (voir ma chronique sur ce site).

Bien que ce concert soit programmé un vendredi, le public était aussi maigre que le dernier dimanche de mai pour Hugh HOPPER (une trentaine de personnes). L’avantage pour le public est de pouvoir être confortablement assis devant la scène et de pouvoir pleinement profiter de ce qui s’y passe ; le risque étant évidemment que Francis GERON ne programme plus ce genre de concert, tout cela n’étant certainement pas très rentable. En boutade, il se demandait d’ailleurs si le public ne repasserait pas une deuxième fois par la caisse à la fin du concert.

En tout cas, ce concert était excellent et le public était vraiment ravi.

La musique du groupe est une fusion Jazz-Rock, dans la veine des sonorités de Canterbury. Les côtés « Jazz anglais » sont très marqués, surtout chez le bassiste Fred T. BAKER. On se retrouve souvent également dans le renouveau du Jazz amené par Miles DAVIS aux Etats-Unis et le NUCLEUS de Ian CARR en Angleterre fin des années 60, début des années 70. La splendide composition de Pip PYLE, le compositeur des deux tiers du répertoire du groupe, « Biffo’s Belle Illusion », paraît d’ailleurs très influencée par les albums « In a Silent Way » et « Bitches Brew » de Miles DAVIS ou « Elastic Rock » et « We’ll Talk About It Later » de NUCLEUS.

Pip PYLE, le leader du groupe, présente chaque morceau en français. C’est un batteur qui ne s’étale pas beaucoup en solo mais remplit littéralement chaque composition par la variété et la richesse de son jeu, jamais brutal, toujours subtil. Il me rappelle fortement John MARSHALL (NUCLEUS, SOFT MACHINE et Jack BRUCE Band). Ses compositions sont d’un niveau élevé.

J’ai déjà parlé du massif bassiste Fred Thelemonious BAKER, très en phase avec son leader, dont le jeu est également varié et bien en avant comme j’aime entendre un bassiste. Très à l’aise en solo, sa composition « Beautiful Baguette » est merveilleuse autant par sa mélodie que par la délicatesse de son doigté. Sa palette d’influences est fort large et l’on peut y retrouver tout autant Dave HOLLAND, que Hugh HOPPER ou Jeff CLYNE (NUCLEUS) et même l’ex-MAHAVISHNU Jonas HELLBORG.

Le claviériste Alex MAGUIRE, au son particulièrement aérien, semble tellement pris par la musique qu’il se déhanche constamment derrière ses deux claviers qu’ils jouent parfois simultanément. Ses tortillements ne cachent pas son extraordinaire compétence et sa grande dextérité. Mike RATLEDGE, Chick COREA et Tom COSTER (époque « Caravanserai » et « Welcome ») sont de son monde. Sa composition « John’s Fragment » le met particulièrement en évidence et son autre composition « Sparky » fut l’occasion, par son thème, de mettre chaque musicien bien en valeur.

Le guitariste-virtuose Patrice MEYER m’impressionne vraiment. Cet alsacien de 47 ans m’était inconnu avant le concert du 30.05 : je m’auto-gifle rien que pour cela. Ecouter depuis si longtemps et passer à côté d’un musicien pareil est presque impardonnable. Outre, Pip PYLE et Hugh HOPPER, il a joué avec le saxophoniste, ex-GONG également, Didier MALHERBE et Richard SINCLAIR. Ces compositions sont notables et son jeu d’une diversité incroyable tant en rythmique qu’en solo. Il joue avec une sensation d’aisance et une limpidité stupéfiante. Son visage ne marque cependant, même pendant ses solos, aucune expression bien particulière, comme si tout cela n’avait rien de bien spécial. Etonnant ! Ses sonorités, son jeu et sa technique, en solo surtout, sont proches de celle d’un autre virtuose, maintenant décédé, Shawn LANE. En rythmique, son apport est tout aussi colossal et original. Inoubliable ! J’adorerais revoir ce musicien, en leader, et au plus vite.

Cette soirée se termina vers 0h10 après un rappel. Fantastique !

Seulement deux albums étaient mis en vente :

« Belle Illusion » du Pip PYLE’s BASH a été enregistré avec les mêmes musiciens en Live, à Paris, dans la salle Le Triton (voir leur très bon site), en 2003. Que dire ? Et bien que le groupe a encore progressé depuis, même si ce CD est passionnant et mérite une très bonne cote. En effet, de nouvelles compositions jouées par le groupe au Spirit ont été ajoutées au répertoire déjà bien fourni. A noter que, sur cet album, deux autres morceaux enregistrés en 2002 à Seattle complètent l’album et comprennent également le saxophoniste Elton DEAN (SOFT MACHINE) ;

« 7 Year Itch » de Pip PYLE reprend des enregistrements de 1991 à 1997 avec une pléiade de musiciens réputés différents dont les saxophonistes Elton DEAN et Didier MALHERBE, le bassiste Hugh HOPPER, le claviériste Dave STEWART, le guitariste Phil MILLER et, en tant que chanteur, Richard SINCLAIR, Jakko JAKSZYK (que l’on avait vu au Spirit avec les ex-KING CRIMSON de 21st CENTURY SCHIZOID BAND) et Barbara GASKIN. J’ai personnellement trouvé cet album peu convaincant si ce n’est par la beauté et la majesté du chant.

Excellente soirée.

Public du monde, rejoignez le Spirit ! A noter qu’il y avait, dans ce public, deux Equatoriens.

JPS1er

N.B. : Suite à une question qui m’a été posée, ci-dessous, et pour les amateurs, deux albums avec un Shawn LANE (et un Jonas HELLBORG d’ailleurs) éblouissant :

« Two Doors In the Palace of Dreams » de Michael SHRIEVE (l’ex-batteur du premier SANTANA) (1995)
« Time is the Enemy » de Jonas HELLBORG/Shawn LANE (1997)

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