Concert « Progressif » du groupe français TAAL au Spirit ce 25.06.2004

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C’est avec curiosité, bien qu’en dernière minute, que j’avais décidé d’aller voir ce groupe qu’on encense dans les milieux du « Progressif » depuis pas mal de temps. Personnellement, si j’en avais donc beaucoup entendu parler, je n’en avais jamais rien entendu. Les musiciens sont huit en scène, c’est-à-dire deux de moins que lors de leur dernier passage au Spirit. De plus, deux de ces huit musiciens viennent juste d’arriver dans le groupe. Le groupe semble donc en plein remaniement et il n’y a plus ni altiste, ni violoncelliste, ni de violoniste spécifique (le deuxième, Manu FOURNIER, est alternativement au violon et au saxophone). Il est clair que le son du groupe devait en être modifié.

Devant une salle un peu plus nombreuse, mais visiblement conquise d’avance, TAAL a livré une très bonne prestation malgré quelques petits problèmes de sono. Le panel des influences du groupe est vaste et le rend difficilement classable. Cela va du GONG époque Daevid ALLEN, à KING CRIMSON en passant par JETHRO TULL, la musique classique, la musique Tzigane, un peu de Jazz, du Rock, … et même Marlène DIETRICH (Est-ce bien clair ?).

J’ai été impressionné par le duo de batteurs particulièrement performants et en parfaite symbiose. Ils sont installés au milieu de la scène devant le public. Quelle classe ! Ils m’ont littéralement conquis, aussi bien Igor POLISSET que Loïc BERNARDEAU, également au chant sur la plupart du répertoire. Leur solo en duo (?) lors d’une des compositions du groupe fut magistral. Il est certain que leur expérience ensemble se respire dans leur prestation : il ne se marche jamais sur les pieds et se complète parfaitement. Loïc BERNARDEAU est également le porte-parole (leader ?) du groupe et ce rôle, il l’applique avec énormément d’humour. Sans être impressionnant, son chant est très agréable et jamais envahissant (à mon avis, qualité qui manque souvent chez toute une série de groupe « Progressif » dont je n’oserais pas citer les noms ici).

Anthony GABARD est aux guitares. C’est un guitariste souvent Hard, mais au registre malgré tout très varié, capable aussi bien de subtilités que d’audaces techniques. Personnellement, je l’ai moins apprécié dans certaines parties plus Hard et surtout trop démonstratives (dans la lignée d’un Yngwie MALMSTEEN ou d’un Tony MacALPINE). Heureusement, ce n’est pas majoritairement le cas. En fait, je suppose que l’absence des cordes lui donne un rôle plus important ce qui le pousse à alourdir et à compliquer inutilement le son.

Héléne SONNET est au chant et à la flûte. Parfois, un peu poire la belle Hélène ! Ecrasée qu’elle est par le déluge de notes débité par Anthony GABARD. Son jeu à la flûte est très joli et son chant l’est également sur les rares morceaux qu’elle interprète. Le morceau « Blind Child » qu’elle chante me donne une sensation feutrée merveilleuse. Ce morceau, plus encore sur l’album « Skymind », respire la musique que l’on pouvait entendre dans l’entre-deux guerre, au centre de l’Europe, dans l’ex-empire Austro-Hongrois, à Vienne, Budapest, Prague ou Bratislava. Sa voix et son rythme le respirent aussi.

Sébastien CONSTANT joue des claviers et participe à cette ambiance nostalgique. Contrairement au guitariste, son jeu reste toujours très mesuré.

Manu FOURNIER est au violon et au saxophone. Ses belles interventions au violon nourrissent également le côté « Centre-Europe », de TAAL. Ces interventions au saxophone ressortent moins nettement, bien qu’elles complètent parfaitement l’ensemble.

L’autre musicien au saxophone et dont je ne connais pas le nom était particulièrement discret ; il débutait dans le groupe et était donc en rodage, je suppose.

Le bassiste, également nouveau dans le groupe, m’a surpris. Durant la première partie, il était complètement anodin ; puis, dès le début de la seconde partie, il revint complètement transformé. On aurait cru voir par l’aspect et les attitudes C.F. TURNER du BACHMAN-TURNER OVERDRIVE, notre bûcheron canadien. Installé juste derrière les deux batteurs, il enrichissait encore merveilleusement leur jeu par son jeu audacieux et bien en avant. A revoir.

Ce beau concert se termina après minuit après deux rappels prestés devant un public insatiable.

Deux morceaux de l’album « Red » de KING CRIMSON furent interprétés. Hélène SONNET en chantait superbement le « Starless », interprété par John WETTON à l’origine. Par contre, le côté Hard speedé de Anthony GABARD m’a plus gêné.

J’en ai profité pour acquérir l’album du groupe « Skymind » de 2003. Merveilleux ! Superbe ! Sublime ! et avec une merveilleuse pochette. Je conseillerais simplement d’en lire la critique de Jean-Pierre LHOIR sur ce site et la critique de « Prog-Résiste » (le numéro 33).

Une bonne délégation de « Prog-Résiste » avait d’ailleurs fait le déplacement, dont Pierre ROMAINVILLE qui commentera également, je suppose, avec moult détails et photos ce concert sur son site.

A noter, qu’actuellement entre les parties et en fin de concert, on entend souvent de la musique du groupe PAATOS, qui me semble particulièrement intéressante, et des extraits du splendide dernier GONGZILLA, « East Village Sessions » dont j’espère que quelqu’un (?) va finir par chroniquer.

Une bonne soirée de plus au Spirit.

JPS1er

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