INSIDE PINK FLOYD (1967-1974) (DVD – Ragnarock Ltd – 2004)

0 Participations

« Inside Pink Floyd » se compose de deux volets; le premier couvre la période 1967-1974. Les participants à l’analyse sont toujours des critiques musicaux, journalistes musicaux, ou musiciens (Heather Findlay, Bryan Josh et Iain Jennings de Mostly Autumn). Les musiciens de Pink Floyd eux-mêmes (Roger Waters, David Gilmour, Nick Mason et Richard Wright) interviennent aussi. Les critiques et descriptions des différents albums sortis durant cette période sont toutes illustrées par des extraits live, des extraits de clips, de films, ou même des extraits d’interviews radiophoniques datant de l’époque. Toutes ces illustrations sont trop nombreuses que pour être tous détaillées dans le texte ci-dessous.



Nous voilà donc plongés dans les années soixante, plus exactement en 1967. Pink Floyd passe en radio avec une chanson intitulée « Arnold Layne », qui est même accompagnée de ce qu’on pourrait appeler un clip. Déjà, cette musique ne ressemble à rien d’autre. Ce n’est pas comme de la simple pop de ce temps-là. Pink Floyd est alors composé de Roger Waters (basse, chant), Richard Wright (claviers), Nick Mason (batterie) et Syd Barrett (guitare, chant), ce dernier étant le principal compositeur du groupe. « The Piper at the Gates of Dawn », premier album de Pink Floyd et pur produit de l’époque psychédélique, est enregistré dans le studio n°3 d’Abbey Road, alors que dans le studio n°2, ce sont les Beatles qui enregistrent au même moment « Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band ». Les shows qui suivent donnent déjà une grande importance à l’aspect visuel, faisant appel à des jeux de lumière très recherchés. Après ce premier album, quelques singles sortent : « See Emily Play » (dont le clip figurant sur le DVD est tiré des archives de la RTBF !), « Apples and Oranges », et « Vegetable Man ». Cependant, « l’effet Barret » commence à s’estomper. De plus, Syd Barrett est en proie à de gros problèmes de drogue (LSD) se répercutant sur sa santé mentale, et tout cela se remarque sur scène. Ainsi, David Gilmour est appelé en renfort comme guitariste-chanteur et les Pink Floyd se retrouvent à cinq sur scène, mais ce ne sera que le temps de quelques concerts. Syd Barrett est tellement diminué mentalement que Gilmour va très vite prendre sa place. Barrett ne jouera donc que très peu pour l’enregistrement de « A Saucerful of Secrets » (1968). Sur ce deuxième album de Pink Floyd, l’influence psychédélique s’efface et on peut reconnaître ce qui sera le son de Pink Floyd dans les années futures. La plage portant le titre de l’album est arrangée comme un morceau symphonique. Le groupe sort de la structuration musicale de Syd Barrett et travaille plus sur les parties instrumentales. C’est aussi à ce moment que Pink Floyd et Storm Thorgerson (Hipgnosis) commencent à collaborer pour la création des pochettes.

En 1969, Pink Floyd commence à faire partie d’une nouvelle culture underground et compose la musique du film « More ». Le film est mauvais, mais la b.o. est de qualité, notamment avec le titre « Cymbaline », qui fut même joué en live en 1969-1970, et le titre « The Nile Song ». Un véritable album de Pink Floyd sort aussi en 1969, c’est « Ummagumma »; double LP comprenant un live + 4 titres composés par chacun des membres de groupe individuellement. Un extrait de « Granchester Meadows» figure certes sur le DVD mais aucun grand classique ne sera retiré des nouveaux titres studio de cet album. Roger Waters dit aujourd’hui d’« Ummagumma » : « What a disaster ! ». Par contre, la marque de Gilmour est maintenant bien ancrée dans la musique de Pink Floyd, tandis que toute trace de l’influence de Syd Barrett est effacée. La pochette de l’album est également bien décrite, commentée et… utilisée dans le DVD. On voit le groupe jouant « Granchester Meadows » apparaître dans la fenêtre se trouvant derrière David Gilmour. La partie live d’« Ummagumma » est illustrée sur le DVD par « Set the Controls for the Heart of the Sun ». Ce morceau semble d’ailleurs plus efficace en live que sur l’album « A Saucerful of Secrets ». En fait, à l’époque, Pink Floyd n’était pas toujours très confiant sur scène. En effet, ce qui pouvait plaire aux gens de Londres ne plaisait parfois pas du tout en Province.

Le premier disque des seventies est « Atom Heart Mother » (1970). Le groupe se lance alors dans une musique progressive d’avant-garde en reprenant des idées venues de « A Saucerful of Secrets » et de « More », mais aussi en incorporant l’idée d’un morceau continu sur toute une face de LP, à savoir une vingtaine de minutes. Cet album fut enregistré en studio avec un orchestre. Les morceaux ont ensuite été joués en live sans le bénéfice de cet orchestre. Un enregistrement rare témoigne de cela sur le DVD. Les Pink Floyd n’aiment plus « Atom Heart Mother » aujourd’hui. Cet album, surtout sa face A, était-il trop bizarre ou prétentieux ? Les vaches sur la pochette n’ont rien à voir avec la musique et font aussi qu’on se pose la question. Pourtant, l’excellence de la photo leur donne un côté familier mais néanmoins perturbant. La face B du LP, avec notamment « Fat Old Sun », a un côté plus habituel. Malgré tout cela, « Atom Heart Mother » convainct le public au point de propulser Pink Floyd n°1 dans toute l’Angleterre.

« Meddle » sort en 1971 et est décrit comme le premier album véritablement complet de Pink Floyd. Celui-ci est toujours d’avant-garde, mais il parvient à allier mélodie et expérimentation. L’enregistrement des deux basses de l’introduction de « One of these Days » est expliqué; Gilmour a commencé le premier et Waters a suivi, le tout avec un écho. En parlant d’écho, « Echoes » et ses ambiances si particulières est bien décrit : un bruit de sonar venu des profondeurs pour débuter, des voix douces pour suivre, puis un assombrissement du son, une ambiance de désolation, puis enfin un retour à la lumière et aux voix douces, comme si un nouveau jour se levait, dit Bryan Josh. En 1971, Pink Floyd débarque aussi à Pompéi pour y enregistrer un concert dans les ruines d’un amphithéâtre, et cela sans public. Des morceaux de « A Saucerful of Secrets» et de « Meddle » ont donc été joués dans ce qui fut plutôt un film faisant figurer le groupe qu’un véritable concert. Nick Mason et son jeu de batterie y sont particulièrement mis en exergue. Le directeur du tournage de l’époque, Adrian Maben, explique qu’il s’agit d’un « anti-Woodstock », où le silence et le vide des ruines devaient signifier autant si pas plus qu’une foule d’un million de personnes. En 1972, voilà une nouvelle b.o. de film écrite et jouée par Pink Floyd : « Obscured by Clouds ». L’album a, comme pour « More », beaucoup mieux marché que le film lui-même (« La Vallée »), et est plus facile à écouter que « Ummagumma », « More » ou « Atom Heart Mother ». Pour la petite histoire, il fut enregistré en 14 jours et contient de bons morceaux, comme « Obscured by Clouds », « Free Four » ou encore « Mudmen ».

Si le claviériste Richard Wright était peu mis en évidence dans le « Live at Pompeii », c’est son travail qui est montré lorsque la caméra d’Adrian Maben va filmer le groupe en studio. Nous sommes en 1973, et Pink Floyd est en train de travailler sur « Dark Side of the Moon », un album qui transformera leur monde. Certains critiques s’effacent presque et se demandent: que dire qui n’ait pas encore été dit sur cet album ? Cet album n’est qu’une seule chanson continue, il ne contient pas de temps mort, il est un parfait mélange des paroles de Roger Waters et des mélodies de David Gilmour. Pink Floyd change un peu de son à cette époque et devient plus proche de ce qui passe en radio. Cet album est, de plus, sorti au bon moment car l’écoute en stéréo commence à être permise par les équipements audio de Monsieur et Madame tout le monde. Pour essayer, les gens ont acheté « Tubular Bells » de Mike Oldfield et « The Dark Side of the Moon » de Pink Floyd. Un single en ressort même, ce qui est plutôt phénoménal pour Pink Floyd à ce moment; c’est « Money », avec cette intro à bruits de caisse enregistreuse montée en découpant des petits bouts de bande de manière à en faire des boucles (ce qui a du prendre énormément de temps en comparaison à ce qui est fait au moyen des techniques digitales). « Money » a aussi une mesure inhabituelle en 7/8, passant à un 4/4 bien carré pour le solo de David Gilmour. « The Great Gig in the Sky », ce morceau si particulier dans lequel on entend la voix de Clare Torry, est analysé au piano par Iain Jennings au niveau de l’enchaînement des accords. Iain Jennings n’était jusque là intervenu musicalement que pour décortiquer le clavier des tout premiers singles de la période Syd Barrett. Cependant, dans l’ensemble, chaque album est analysé de manière équilibrée et permet d’en apprendre énormément sur les premières années de Pink Floyd.

Cotations des albums de 1967 à 1974:

« The Piper at the Gates of Dawn »: 2 étoiles

« A Saucerful of Secrets »: 2 étoiles

« More » : 2 étoiles

« Ummagumma » : 2 étoiles

« Atom Heart Mother »: 4 étoiles

« Meddle »: 5 étoiles

« Live at Pompeii »: 5 étoiles

« Obscured by Clouds »: 3 étoiles

« The Dark Side of the Moon »: 5 étoiles


Classic Rock Productions
RAG 1576

A bientôt,

Bastien

4 pensées sur “INSIDE PINK FLOYD (1967-1974) (DVD – Ragnarock Ltd – 2004)

  • octobre 27, 2004 à 00:28
    Permalink

    Salut,

    a) Arnold Layne et pas Lane
    b) Syd Barrett et pas Barret (quelle horreur!)
    c) Rick Wright pas mis en évidence dans PF à Pompeï? T’as pas vu le film ou quoi?
    d) Si tu décris pratiquement tout ce qui se passe dans le dvd on n’a plus vraiment envie de l’acheter. Sois concis, la longueur endort!
    Ciao gamin!

  • octobre 27, 2004 à 09:04
    Permalink

    T’es un peu vache avec les jeunes… Malgré ma connaissance de ces années, je n’avais pas remarqué (pour a et b) en relisant. Il est vrai que j’ai tellement à relire… Mais voilà, c’est corrigé.

  • octobre 27, 2004 à 20:39
    Permalink

    d) Concision ne rime pas avec indigence. Perso, je trouve beaucoup d’infos dignes d’intérêt dans ce texte. Cela me permet de juger en connaissance de cause si je l’achète ou pas.
    Amicalement.

  • octobre 30, 2004 à 22:00
    Permalink

    Salut,
    Il s’agit pour moi de chroniquer un DVD dans lequel des gens chroniquent déjà les différents albums du groupe. Que faire à part retranscrire ce qu’ils disent?
    Je tiens aussi à signaler que ce DVD (comme la plupart de la série “Inside”) est en anglais non sous-titré.
    Pour le reste, merci pour vos remarques et merci d’avoir lu.
    Bastien

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
%d blogueurs aiment cette page :