INSIDE PINK FLOYD (1975-1996) (DVD – Ragnarock Ltd – 2004)

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Voici le deuxième volet d’« Inside Pink Floyd », couvrant la période 1975-96. Comme pour 1967-74, on peut voir des extraits de concerts, de clips, mais aussi du film « The Wall ». Ce DVD contient aussi des extraits d’interviews radiophoniques et même des images récentes de Roger Waters, Richard Wright, David Gilmour et Nick Mason.



Nous sommes donc dans la période post-« Dark Side of the Moon », et la voix off pose d’amblée la question: comment faire un album pour succéder à « Dark Side of the Moon » ? Tout simplement avec une nouvelle pièce maîtresse… Voici donc « Whish You Were Here » (1975). Le morceau d’ouverture, «Shine On Your Crazy Diamond », est empreint d’une mélancolie inspirée par l’absence de Syd Barrett et par sa triste histoire. Ce morceau va tout en progression. Il commence à se bâtir sur des nappes de synthé agrémentées de quelques notes, fort bien décortiquées par Iain Jennings, le claviériste de Mostly Autumn. Ensuite viennent ces quelques notes de guitare dont David Gilmour, guitare acoustique en main, nous dit qu’elles sonnent comme un appel. Syd Barrett a fait une apparition aux studios d’Abbey Road pendant l’enregistrement de « Wish You Were Here », alors que cela faisait 7 ans que les autres membres du groupe étaient sans nouvelles de lui. Cette vision fut un choc pour Roger Waters et Richard Wright. David Gilmour se souvient que d’abord personne ne l’a reconnu. Nick Mason dit qu’à part ses yeux, plus rien n’était pareil chez Syd.

Pink Floyd a de nouveau la pression pour composer un successeur à « Whish You Were Here ». Roger Waters, principal compositeur du groupe, décide de reprendre deux morceaux déjà joués en live en 1974 pour bâtir le cœur du nouvel album, intitulé « Animals » (1977), inspiré par « La Ferme des Animaux » de George Orwell. Ces morceaux récupérés et adaptés sont « Got To Be Crazy » et « Raving and Rooling », renommés respectivement en « Dogs » et « Sheep ». L’album contient des idées mélodiques et lyriques très intéressantes. Les paroles sont offensives, mais c’est peut-être aussi ce qui a fait le succès de Pink Floyd. Le fait que leurs albums soient publiés partout ne les empêchait pas de dire ce qu’ils pensaient de leur époque, de la mode, du gouvernement ou de quoi que ce soit d’autre. La pochette d’« Animals » (le cochon volant au dessus de la centrale électrique de Battersea) est parfaitement adaptée à la tristesse du concept de l’album. Cette pochette sera pourtant la dernière faite en collaboration avec Hipgnosis durant la période Roger Waters.

Pour « The Wall » (1979), Roger Waters contrôle plus que jamais la créativité du groupe et désire même en écarter Richard Wright, disant que ce dernier n’est plus assez bon. Tout cela crée des tensions mais malgré tout, l’album marche très bien. C’est un album sombre, bâti sur les sentiments et les rancoeurs de Roger Waters; à propos de la perte de son père ou des décisions du gouvernement notamment. Il se sent de plus en plus concerné par l’aliénation de la société. Un inévitable extrait se fait entendre à ce moment, c’est « Another Brick In The Wall – part 2 », chanson simple, mais à l’âme révolutionnaire, chanson symbole de la musique contre le système gouvernemental.
On retrouve ensuite Mostly Autumn sur scène, jouant « Comfortably Numb », également tirée de « The Wall ». Tous les aspects de Pink Floyd sont représentés dans cette chanson, et Bryan Josh (guitariste-chanteur de Mostly Autumn) ne manque pas de nous en faire une démonstration, guitare en mains: aspect sombre, chanté par Roger Waters, puis aspect plus optimiste, plus majeur, chanté par David Gilmour, s’enchaînant avec le solo de guitare final.
Pour la première fois depuis 1968, Hipgnosis n’est pas appelé pour la conception de la pochette, le travail est confié à Gerald Scarfe.
La version live de « The Wall » sera enregistrée en 1980-81, mais ne sera publiée qu’en 2000.
« The Wall » donne aussi lieu à un film, réalisé par Alan Parker en 1982, avec Bob Geldof jouant le rôle de Pink, la rock-star « dérangée ». Le film et la musique mis ensemble permettent à l’œuvre d’atteindre un niveau élevé. L’harmonie des musiques de Pink Floyd avec les animations de Gerald Scarfe est superbe. Les animations sont parfois effrayantes et le film reflète la vision totalement désespérée que Roger Waters avait du genre humain. En fait, seule la présence de Bob Geldof dans le rôle principal est controversée. En effet, il avait plutôt des affinités punks et son succès musical n’était jusqu’alors que très limité.

En 1983 sort « The Final Cut ». Richard Wright ne fait plus partie du groupe. Roger Waters exerce un tel contrôle créatif sur la musique de Pink Floyd que cet album est presque un album solo de Waters. « The Final Cut » est une sorte de suite à « The Wall », mais qui n’a pas marché. Il aborde des sujets différents par rapport à « The Wall » (sa composition est notamment inspirée par la guerre des Malouines, qui a éclaté à cette époque), mais les paysages émotionnels sont similaires à ceux de « The Wall ». La raison à cela est que « The Final Cut » est bâti autour de 3 ou 4 chansons déjà écrites pour « The Wall », mais jugées de qualité insuffisante à ce moment-là. Roger Waters est parvenu à ressusciter ces quelques morceaux, mais « The Final Cut » n’a pas eu le succès artistique de ses prédécesseurs. Même la pochette (réalisée sans Hipgnosis ni Gerald Scarfe) n’a pas le tranchant habituel. Malgré tout cela, et malgré les tensions perceptibles dans le groupe, l’album se classe n°1 en Grande-Bretagne, alors que « The Wall » n’avait pas pu atteindre cette place.

En 1985, Roger Waters quitte officiellement Pink Floyd, mais David Gilmour désire continuer, en dépit des pièges légaux et artistiques que cela comporte. Roger Waters croyait que Pink Floyd serait dissout après son départ. Il veut empêcher Pink Floyd d’enregistrer sans lui, ou préfèrerait au moins qu’ils le fassent sous un autre nom, mais David Gilmour fera tout pour aller à son encontre, et le groupe sort « A Momentary Lapse of Reason » en 1987. Pour cet album, Nick Mason est toujours là et Richard Wright revient comme salarié, mais leur participation est limitée. En fait, ils sont encore meurtris par le régime précédent. David Gilmour a donc assuré un rôle majeur dans l’écriture de cet album, tout en s’entourant de beaucoup d’autres personnes. « A Momentary Lapse of Reason » remet bien les pendules à l’heure après « The Final Cut ». C’est Hipgnosis qui élabore la pochette, avec cette image sur laquelle des lits (800 !) s’étalent à perte de vue sur une plage.

En 1988, c’est un album live et une vidéo de la tournée « A Momentary Lapse of Reason », intitulés « The Delicate Sound of Thunder » qui sortent. Ces enregistrements sont non seulement d’une qualité de production phénoménale, mais montrent aussi qu’en plus d’être toujours créatif en studio sans Roger Waters, Pink Floyd possède encore une certaine vitalité sur scène. La tournée est grandiose. Prévue pour 11 semaines, elle dure 22 mois. Les concerts mêlent les aspects musicaux et visuels d’une manière qu’aucun groupe n’a pu atteindre.

Le dernier album studio de Pink Floyd, « The Division Bell », sort en 1994. Ce sera pourtant le premier à être numéro 1 de part et d’autre de l’Atlantique. Les Pink Floyd travaillent ensemble pendant 2 semaines, enregistrent le tout, et réécoutent le résultat au studio Astoria: 65 idées de morceaux. 27 sont sélectionnées et le groupe les travaille, en tentant d’en associer certaines ou d’en éliminer d’autres. Nick Mason et Richard Wright sont totalement fonctionnels et réintègrent l’équipe pour l’enregistrement de cet album. Pour les paroles, David Gilmour est aidé par Polly Samson (son épouse), et Nick Laird-Clowes de la Dream Academy, ce qui fait que les textes sont un peu diluées par rapport à avant. « The Division Bell » sonne comme un album classique de Pink Floyd, surtout grâce au jeu de guitare de David Gilmour mais aussi grâce au travail de producteur et de co-compositeur de Bob Ezrin.

Pink Floyd part en beauté avec « Pulse » (1995). Dans ces enregistrements live (CD et vidéo) de la tournée de « The Division Bell ». Le groupe est vu sur scène sous tous ses angles. Le son et les effets lumineux sont encore mieux captés que pour « The Delicate Sound of Thunder ». Pour Bryan Josh, ce show était plus une expérience à vivre qu’un simple concert.

Tous les fans espèrent un nouvel album. S’il n’y en a pas, « The Division Bell » et « Pulse » sont d’excellents derniers témoignages en studio et en live de la dextérité et du génie de Pink Floyd.

Cotations:

« Whish You Were Here »: 5 étoiles
« Animals »: 5étoiles
« The Wall »: 5 étoiles
« The Wall (live 1980-81) »: 5 étoiles
« The Wall (le film) »: 5 étoiles
« The Final Cut »: 3 étoiles
« A Momentary Lapse of Reason »: 5 étoiles
« The Delicate Sound of Thunder »: 5 étoiles
« The Division Bell »: 5 étoiles
« Pulse »: 5 étoiles


Classic Rock Productions
RAG 1576X

A bientôt,

Bastien

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