ALLMAN TRIBUTE, SPIRIT OF 66, 30 août 2002

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ALLMAN COVERS BAND!!! SPIRIT OF 66 VERVIERS/BELGIUM AUGUST 30 2002 !!!

Mais qu’est-ce que je les aime ces rockers allemands pour le pont universel qu’ils établissent entre nous (oui quoi !!! : LUTTICH / KOLN, c’est cent cinquante bornes, à peine) et l’univers du blues parfait. Je les adore ces gaillards de Rhenanie du Nord mais southern à donf.

Le 29 décembre 2001, nous étions quelques privilégiés à découvrir à Verviers, avec une petite pointe d’anxiété un groupe qui osait reprendre le répertoire des maîtres du genre, quelle audace !!! Quel sans gêne ! On ne devient pas calife à la place du calife, mais qui se permet !?

Et pourtant, le sérieux de l’ACB et le respect pour l’œuvre de l’ABB ont ravi l’audience.

Voici ce que j’en disais déjà l’année passée :

SPIRIT OF 66 SAMEDI 29 décembre 2001 :

EVENEMENT UNIQUE : ALLMAN COVERS BAND !

Véritable cadeau de Noël et de fin d’année de la part de Francis, ce Tribute à l’ALLMAN BROTHERS BAND, clôture en feu d’artifices une année « Spirit » de toute beauté. …/…

Dans des conditions climatiques difficiles qui laissaient peu présager la grosse foule, quelques heureux dont je fus (mais aussi des Allemands et trois Français venus directement de Paris), purent apprécier ce concert racé et inhabituel empreint de subtilités guitaristiques trempées dans les bayous de Mobile burinées aux vents du marais d’Okefenokee ou frémissantes des brumes matinales de la Little River.

La musique d’Allman Brothers Band n’étant pas que bucolique, les longs entrelacs de soli déversés autour et alentour des percussions magistrales ne peuvent laisser l’amateur de pur rock and roll indifférent…

Grâce à la visite de l’ALLMAN COVERS BAND, il est enfin possible de rappeler l’existence du plus grand southern band au monde : ABB !

La référence de l’ACB à la mémoire de Duane Allman, Berry Oakley, Lamar Williams et Allen Woody (+26/08/2000) est à la fois touchante et révélatrice de l’importance des soubresauts douloureux, des drames humains et des aléas musicaux qui traversèrent la vie de ce groupe US légendaire quasi muet depuis 1994 ( dernier album studio : Sony Music 4768842 « Where it all begins ») mais toujours en état de marche et qui tourne encore live dans diverses configurations selon l’emploi du temps de ses membres. (voir Woodstock/Saugerties/Beacon Theater) …/…

Il faut rappeler aussi que l’ALLMAN Bros est et reste la référence suprême en matière de rock « sudiste ». Quand d’autres exacerbent leur nationalisme, ABB se contente d’exprimer une musique universelle pourtant elle aussi très enracinée dans le deep south. On les a vus, au début, tourner dans les boîtes black et, élément non négligeable pour leur région d’origine (Alabama), s’adjoindre les services d’un batteur et un bassiste de couleur. Ils survivront à la perte du plus talentueux guitariste de sa génération : Duane Allman, se sépareront au moins à trois reprises mais garderont le flambeau allumé en permanence autour de l’inoxydable quartet G. Allman/ D. Betts/J. Johanson et B. Trucks jusqu’en 1996. Le sommet de la carrière du band georgien a été atteint en juillet 1973, à Watkins Glen où ils ont attiré plus de six cent mille personnes, un record inégalé à ce jour.

Mai, en l’occurrence, aujourd’hui, on compte encore trois membres fondateurs en la personne de Gregg Allman, Jaimoe et Butch Trucks. Le groupe légendaire tourne toujours avec trois percussionnistes (Jaimoe, Trucks et Quinones) et l’appoint non négligeable de Warren Haynes, l’auteur du célébrissime « Soulshine », lui-même patron du Gv’t mule (superbe album 2001 : Deep End One !). C’est Oteil Burbridge qui a remplacé Allen Woody et c’est Derek Trucks (23 ans !) qui assume avec un culot énorme la terrible succession de Dickey Betts.

Précisions nécessaires pour recadrer le sujet du jour qui ne manque évidemment pas d’intérêt. Il faut dire que les Tribute consacrés à l’ABB sont si rares… et à défaut des vrais, ne boudons pas notre plaisir.

Avec l’ALLMAN COVERS BAND, nous nous trouvons en présence de garçons volontaires, instrumentistes confirmés, respectueux de l’esprit et même de la lettre de leurs célèbres « aînés », capables de sorties époustouflantes et surtout heureux de jouer cette musique et de nous la faire partager.

Pour l’heure, le band pouvait profiter d’une scène rénovée et rehaussée. En effet, la Geron Family a mis les vacances à profit pour surélever le plancher de 20 cm (plus important qu’on ne croit , vu de loin surtout) et le plafond d’un bon mètre (parfait pour le lightshow). Bref, comme dirait Francis, une vraie scène de centre culturel (hum…/…).

Assistance habituelle de ces grands soirs de blues (c’est à dire trop clairsemée), retrouvailles avec Polo, Jacky, Philippe et compagnie mais aussi Pierre-Jean, de passage pour Dusseldorf (G’n’R), et surtout Jacques et Hubert de plus en plus assidus et c’est très bien ainsi.

“ Can’t lose what you never had” qu’on retrouve sur l’Anthology de Gregg Allman sert de tour de chauffe et de mise en route des automatismes. Un son déjà prometteur et plus ample qu’en décembre laisse transparaître les envies de bien faire mais mérite des ajustements que « Jessica » (Brothers and sisters 73) va permettre et que le « One way out » ( Fillmore 71 et Eat a Peach 72) pourra parachever

Ca c’est un morceau hein les gars ! Du tout tout bon… Faut dire que les crédits de ce titre parlent d’eux-mêmes : Marshall Sehorn, Sonny Boy Williamson et Elmore James. No comments !!!

Je note en tout premier la frappe convaincante de Heiko Thurm (mais n’a-t-il pas une nouvelle batterie Gretsch dis donc !?) et la complémentarité immédiate, instinctive et irréprochable du bassiste Michael Wiegman. Ce petit-là, je l’ai à l’œil (enfin je veux dire : à l’oreille) parce que son jeu me plaît instantanément (je ne serai pas le seul à le dire au long de la soirée).

Ils ont ensemble une fraîcheur d’attaque et une irrésistible cohésion rythmique qui amènent les deux leads dans un fauteuil vers nos aspirations auditives ébahies (Goncourt pour moi, c’est sûr !).

On y reviendra.

C’est l’occasion aussi de souligner la grande fluidité de Berno Hauck aux claviers qui par sa solidité et son à-propos solidifiera et cimentera la prestation du groupe de bout en bout.

J’adore “Ramblin Man” (Brothers ansd Sisters 73), le quatrième morceau de la soirée. Il fait vraiment partie du gratin des titres southern et dispose d’une palette complète d’harmonies et d’inflexions country intelligentes.

Faut dire que l’ABB, à côté de Lyle Lovett, c’est du niveau universitaire.

Preuve en est ce « Whipping Post » (ABB 70) de légende que l’ACB nous sert sur un plateau d’orfèvre. C’est une des toutes grandes compositions de Gregg Allman, avec ce pré-beat jazzy ciselé comme les éclats-miroirs kaléïdoscopiques d’un diamant (mazette, je fais fort là non ?). Il y a dans ce titre de longues et sinueuses avancées de soli endiablés et entrenoués que Torsten Hindersin et Tom Simonek déroulent avec maestria et cohérence. On ne pourrait évidemment pas passer sous silence toute la partie de claviers qui habille ce morceau et que Berno Hauck distille savamment et délicieusement, c’est un super Keyman ce Berno !

Beau petit final de Torsten au doigté libéré montrant habilement combien la musique d’Allman Brothers a du sens. C’est la deuxième reprise du mythique Fillmore Concert (1971) immédiatement suivie par l’incendiaire « Done Somebody Wrong » qu’on attribue toujours à Elmore James en oubliant royalement Clarence Lewiss et Morris Levy. Eh oui, on ne prête qu’aux riches, c’est bien connu.

Petit répit avec « Please Call Home » (Idlewild South 1970) et grand grand final de première partie : le mythique « Memory of Elisabeth Reed » (même album) que Dickey Betts avait écrit pour la compagne de Boz Scaggs dont il était secrètement amoureux et dont le rendu au Fillmore fut grandiose. Un phrasé élégant, une ligne mélodique superbe et un habillage mid-tempo-quasi-latino-mais-pas-trop font de ce morceau un vrai chef-d’œuvre. Je veux bien parier que Carlos Santana écoutait cela quand il était petit… Je l’ai dit souvent à Francis, là se trouve vraiment la musique classique du Rock and Roll, on ne s’en lasse pas.

Retour on stage pour le deuxième set et démarrage en demi-teinte sur « Come and Go Blues » (Brothers and Sisters 73) que Gregg Allman avait repris en 1977 pour son propre album « Playin up a storm ». Titre un rien bondieusard que je n’aime pas trop personnellement.

Heureusement la transition sur « Statesboro Blues » (Will Mc Tell) met tout le monde d’accord. Sans doute un des titres les plus emblématiques de l’ABB qu’on retrouve déjà sur le « Live at Ludlow Garage » (1970) et qui sera donné dans sa version définitive pailletée de classe et de grandeur au Fillmore East (NY) comme entame au concert du 12 mars 1971. Le glissando de Duane Allman y confine tout « simplement » au génie. L’interprétation d’Allman Covers Band est irréprochable, on y trouve même cette légère et subtile naïveté qui purifie le morceau en scandant les lignes mélodiques avec fraîcheur, application et didactisme (mais qu’est ce que je suis grand moi ce swââârrrr !).

Petite parenthèse sur « Blues ain’t nothing (Ida Cox ? Georgia White ? ABB ? Help me Heiko !) pour amorcer le plus joyeux des titres d’Allman “Blue Sky” (Eat a Peach 72).

Blue Sky

by Forrest Richard Betts

(c) 1972 & 1974 by No Exit Music Co.

Guitar Chords

Walk along the river, sweet lullaby, it just keeps on flowing,

It don’t worry ’bout where it’s going, no, no.

Don’t fly, mister blue bird, I’m just walking down the road,

Early morning sunshine tell me all I need to know

CHORUS

You’re my blue sky, you’re my sunny day.

Lord, you know it makes me high when you turn your love my way,

Turn your love my way, yeah.

Good old sunday morning, bells are ringing everywhere.

Goin to Carolina, it won’t be long and I’ll be there

Nice isn’t it ?

“Hot Lanta” (composition collective ABB) souligne à quel point la frontière entre le rock et le jazz est ténue. Quand on sait, en plus, que le quatuor de base du groupe avait une moyenne d’âge de 25 ans à l’époque où ils ont fait cela, on peut vraiment parler d’extra-terrestres. Digérer aussi vite et aussi bien le mouvement musical ambiant en anticipant même sur l’évolution de la fusion, ça paraît surnaturel !!!

« End of the line » (Shade of Two Worlds 91) m’a littéralement scié. Certes, c’est un des titres les plus “récents” d’Allman, c’est sans doute cela qui autorise un configuration “au gros son” comme celle mise en place par l’ACB mais quand même c’est surprenant. Démarrage plutôt nonchalant (encore que les frappes chirurgicales de Heiko Thurm fassent déjà remonter l’œsophage dans les dents) avec un balancement des guitare en front stage et un martèlement de basse à l’arrière à tomber raide.

J’ai loupé « Melissa » (Eat a Peach 72), sorry Heiko, absorbé que j’étais par les discussions dans le fond de la salle mais je me suis rattrapé avec plaisir sur « Southbound » (Bros and Sis 73) qui est, pour moi (mais vous vous en foutez) le plus sensationnel morceau de musique sudiste que je connaisse. Ce titre est universel et rend hommage à l’intelligence. Malgré tout le mal qu’on peut penser du sud profond, l’ABB légitime, par là, l’humanisme du rock and roll !!! (Not obliged to applaud ! ).

Nous-z-en arrivâmes-z-alors au clou de la soirée : « You don’t love me » !

C’était déjà la cerise sur la gâteau au Fillmore mais ce qu’en a fait l’Allman Covers Band, ce soir, est tout bonnement fabuleux. Parfaite mise en place, accords de guitare maximaux, drums mitraillettes et… et… un bassiste qui se lâche. Je dois dire que l’ami Michael y est allé à fond et dans un style déterminé qui restera inoubliable. La structure du final, en elle-même, fut également une merveille du genre et ce ne sont pas les rappels pourtant fantastiques qui y changeront quelque chose. Le top du show est là, dans quatre cordes de basse –point- et une chanson immortelle –point d’exclamation-

Petit clin d’œil au show précédent, le gig s’est achevé sur les deux titres de départ de 2001 : « Don’t want you no more » et « Cross to bear » qui sont en fait les deux tout premiers titres de la carrière de l’ABB (album éponyme 1970).

Aurait-on perdu son temps avec « Ain’t waistin time » que ce show resterait néanmoins dans toutes les mémoires et pour longtemps.

En résumé, la performance de l’Allman Covers Band réside dans l’expression simple et respectueuse de classiques haut de gamme du rock and roll. L’application et l’humilité avec laquelle le band germanique reproduit l’esprit et le son du plus grand groupe de southern-rock du monde (et je pèse mes mots) forcent notre respect et notre admiration.

Thanks a lot guys for your performance so convincing and impressive, the whole audience tonight was delighted with your fabulous gig. We hope you’ll come back here one more time again and… good luck in Spain. DD

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