VENUS + DIONYSOS avec le Mons Orchestra, Cirque Royal, le 02 mai 2006

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Je me suis retrouvé là par hasard, en remplacement d’un autre chroniqueur qui avait un empêchement. Je ne connaissais Venus et Dionysos ni d’Eve ni d’Adam pour ainsi dire, et à cette occasion, j’ai préféré ne rien lire à leur sujet afin d’assister à ce concert de manière tout à fait neutre et sans à priori. Les deux groupes étaient annoncés avec le Mons Orchestra et l’affiche semblait prometteuse. Un orchestre étant composé d’environ une soixantaine de musiciens (variable), de deux choses l’une,

– soit il doit y en avoir les trois quarts qui ont raté le train;
– soit Elio a imposé de sérieuses coupes budgétaires.

Le fait est qu’il n’y en avait qu’une dizaine pour accompagner les groupes sur scène. Parler d’orchestre me paraît dès lors un peu exagéré.
J’avais été légèrement briéfé quant aux deux groupes de la soirée, des styles tout à fait à l’opposé, le côté mélancolique de Venus et l’aspect complètement festif de Dionysos.

Le début du concert était un peu en demi teinte, la balance était assez mauvaise, et par moments, surtout lors des interventions des cuivres, on frisait la cacophonie. Après environ trois chansons, le son est devenu plus équilibré et l’on pouvait mieux apprécier la performance de Venus ainsi que les arrangements orchestraux. Malgré tout, on avait un peu le sentiment que la sauce ne prenait pas vraiment, comme si chaque formation jouait de son côté, sans vraie osmose. Venus a ensuite joué quelques titres de leur premier album sans orchestre et on a tout de suite senti qu’ils étaient plus à l’aise, c’était plus communicatif et ça sonnait mieux. Les musiciens sont de nouveau intervenus l’espace de deux ou trois titres supplémentaires et ont quitté la scène. Venus a alors joué tout seul deux morceaux en guise de rappel.

Mon impression première, est que tout le potentiel possible n’a pas été tiré de cette collaboration. il est rare de pouvoir avoir l’occasion de prester accompagné d’une formation classique, pourquoi alors ne pas lui donner plus de place, pourquoi ne pas la faire intervenir plus souvent? D’où une autre question, est-ce que cet événement a été suffisamment préparé ou était-ce plutôt une manière de faire jouer tout le monde dans un cadre particulier (Les Nuits Botaniques)?

Par rapport à Venus, je suis content d’avoir pu découvrir ce groupe qui dégage quelquechose, qui a de bonnes idées, une identité certaine, mais il est dommage de ne pas avoir mieux exploité cette opportunité.

Place à tout autre chose avec Dionysos!! Je n’étais pas préparé à “ça”, je ne savais pas à quoi m’attendre, mais quelle pêche!! Ca déménage dans tous les sens, le show est extrême, le chanteur est très charismatique, un survolté, la choriste-violoniste aussi, une présence scénique épatante, vraiment. Musicalement c’est le rouleau-compresseur, Motörhead à côté aurait la légèreté et la prestance d’un trio de ballerines. Bien que Dionysos soit à des années lumières de mon background musical, j’étais impressioné. Ah oui, paraît qu’y avait un “orchestre” dans le coup? Ben en fait j’ai vu des gens assis avec des violons et des trompettes qui avaient l’air de jouer très très vite et avaient du mal à tourner les pages de leurs partitions. On ne les entendait pas beaucoup mais c’était joli.

C’est la première fois de ma vie que j’ai vu un orchestre jouer des chansons punk avec un public en train de faire des pogos et un chanteur en train de se rouler par terre. Par contre, et paradoxalement, il y avait une vraie complicité entre le directeur d’orchestre et Matias, le chanteur de Dionysos. Beaucoup d’échanges, de sourires, le groupe suivait les mouvements du directeur de la formation classique. Dans les titres ou passages plus acoustiques, les arrangements orchestraux collaient bien avec l’esprit des chansons. Je relèverai aussi l’expérience tentée avec succès par Matias du “pogo silencieux”, pour lequel il demande au public de faire un pogo dans un silence de cathédrale avant que le groupe ne mette le paquet dessus.

Je ne peux pas me permettre de juger un des deux groupes par rapport à l’autre, ils sont trop différents, chacun à son univers. Je maintiens qu’il y aurait eu moyen de tirer un bien meilleur parti de cette collaboration, peut-être surtout pour Venus, puisque leur musique paraît mieux convenir pour une telle expérience. Il est clair que Dionysos a vraiment enflammé le Cirque Royal qui n’était peut-être pas sold out mais bien rempli en tout cas. C’était une soirée intéressante et la découverte de deux groupes qui valent le détour.

Xavier Rossey

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