DATSUNS + Van Jets, Ancienne Belgique, 23.10.2006

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Les Datsuns de retour à l’Ancienne Belgique. Alors que ce qui convient d’appeler la première vague du renouveau du Rock (2001-2004 : White Stripes, Strokes, Libertines) laisse maintenant la place à une seconde vague beaucoup plus anglaise (Franz Ferdinand, Arctic Monkeys, Kaiser Chiefs…), il y a de par le monde un combo qui continue son petit bonhomme de chemin en faisant fi des modes et en progressant peu à peu vers la route de l’excellence. Les Datsuns, sans doute parce qu’ils sont néo-zélandais, sont éloignés des modes et des tergiversations musicales qui secouent le monde euro-américain. Et ils ont toujours la bonne idée de creuser inlassablement le sillon du Rock ‘n’ Roll, du vrai, avec cette formidable touche Seventies qui leur donne à la fois du charme et de l’énergie incontestable. Avec un troisième album en fonte et en velours, les faux frères Datsuns reviennent sur le devant de la scène et enfoncent le clou avec de salvatrices apparitions sur scène, leur milieu naturel. A l’occasion de leur nouvel album « Smoke and mirrors«  tout frais sorti des usines sidérurgiques, les Datsuns terrorisent l’Europe en ce mois d’octobre. La Belgique se les prend en plein milieu de tournée, juste avant le débarquement en Angleterre.

Je viens pour la piqure de rappel (j’ai été contaminé par les Datsuns il y a deux ans, déjà à l’Ancienne Belgique) et le fait de venir très tôt nous vaut, mon ami Michel et moi, de pouvoir attraper au vol Phil Datsun, le guitariste rythmique, qui sort du bus garé en face de la salle. Petite conversation, signature des billets, poignées de main, tout va bien. Le temps passe vite devant la porte, ce soir, tout comme il passe devant le bord de scène, sans barrière cette fois-ci. Un bon millier de personnes vont se déplacer pour voir les Datsuns, précédés comme il y a deux ans par les Van Jets, un combo flamand habitué des scènes locales, formé à Ostende en 2003 et qui promotionne un petit EP de rock tout à fait sympathique, oscillant entre les Who et les Flaming Groovies, si on ose les placer sur le terrain des Seventies. Le matos vintage rutile (ah, cette Fender Jaguar or du chanteur!) et le quatuor sait parfois partir dans des décharges hard-rock à la fois classieuses et excitées. Je reconnais le guitariste rythmique, qui officiait dans Waldorf, un autre groupe flamand du même acabit.

Comme d’habitude à l’Ancienne Belgique, les horaires sont chronométrés avec la précision des chemins de fers suisses et dès que les Van Jets ont fini leur set d’une demi-heure à 20h30, les roadies se précipitent pour apprêter la scène qui va accueillir les Datsuns. Au passage, je chope déjà la set-list des Van Jets, on ne sait jamais. Les Datsuns attaquent à 21 heures tapantes et vont flinguer à tout va pendant un peu plus de 90 minutes. Dolf De Datsun et ses sbires ne font pas de détails dès le début et assènent d’entrée deux morceaux de leur dernier album, « Who are you stamping your feet for » et « Such a pretty curse ». Il ne faut pas attendre longtemps avant de voir débarquer le désormais classique « MF from hell », que tout le monde se serait attendu à voir figurer dans le rappel mais qui massacre la chair fraîche dès le début du concert. Le groupe parie essentiellement sur son premier et son dernier album, le deuxième disque « Outta sight/outta mind«  étant légèrement en retrait. C’est bien dommage car c’est un formidable album produit, je le rappelle, par John Paul Jones (le sorcier de Led Zeppelin à la basse). Cela n’empêche pas « Blacken my thumb » de démanteler la salle qui commence tout doucement à s’y mettre en matière de bond et de po-gos. Je remarque en effet une certaine « tranquillité » de part et d’autre de la scène. D’un côté, le public s’agite gentiment et de l’autre le groupe exerce son droit de cuissage sonore mais sans abuser. Souvenons-nous, pour leur décharge, qu’ils ont déjà plus de quinze jours de concerts dans les pattes et qu’il y a de justes raisons qu’ils s’économisent. La sauce va commencer à prendre petit à petit vers la fin du concert, quand le groupe a largué ses munitions de gros calibre que sont « Sittin’ pretty », « System overload », « Emperor’s new clothes » (deux titres du nouvel album, tout simplement fabuleux), « In love », « Got no words », « Stuck here four days ». C’est avec l’énorme « Harmonic generator » que les Datsuns commencent à se faire plaisir, le public suivant immanquablement. Le chanteur Dolf et son guitariste Phil ne peuvent s’empêcher de piquer une tête dans le public, le second continuant à jouer de la guitare. Après une bonne heure de show, deux rappels viennent clôturer ce qui est encore une fois un triomphe des Datsuns, dans une salle qu’on aurait aimé un peu plus dense.

La fin du concert est homérique dans le public. Les slammers se multiplient et arrivent en grappes sur la scène. L’un d’entre eux se pavane trop longtemps sur scène avant de sauter, il sera projeté par un vigoureux coup de main du roadie, un Punk costaud avec qui il vaut mieux être pote. Ce sera le même roadie qui arrive à fond de train sur une fille qui cherche à récupérer la set list du milieu. Comme ça barde au centre, je me tourne vers la set list de droite que je cueille comme aux champignons grâce à une magnifique manœuvre de diversion. Michel, quant à lui, pique sous le nez d’un type un médiator tombé à terre. Notre équipe a régné sans partage sur ces petits amateurs de reliques. Eh oui, c’est un métier…

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